Algérie: peines de prison ferme pour avoir entravé un rassemblement électoral

Des policiers algériens face à des manifestants, à Alger, le 14 mai 2019 (photo d'illustration).
© RYAD KRAMDI / AFP

Le pouvoir algérien montre de plus en plus de fébrilité face aux manifestants qui refusent toujours l'élection présidentielle du 12 décembre. Ce mercredi, le chef d'état-major de l'armée a évoqué les « circonstances particulières » que traverse le pays incitant ainsi tous les Algériens à aller voter. Mais les protestataires ont continué à entraver les rassemblements électoraux des candidats.

Ce mercredi, après sa comparution immédiate, un protestataire a été condamné à une peine de deux années de prison ferme par le tribunal d'al Wadi, dans le sud-est de l'Algérie. C’est la peine la plus dure prononcée depuis le début du mouvement. L'homme avait été arrêté alors qu’il protestait contre un rassemblement du candidat à la présidentielle Ali Benflis. Il a été condamné pour avoir « perturbé le meeting ». Une autre personne, qui a accusé le candidat d'avoir volé l'argent de l'État, a écopé de six mois avec sursis.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, selon le comité de libération des détenus du Hirak, plus de 150 personnes ont été arrêtées à Alger et dans plusieurs autres villes dans lesquelles se sont déroulées des manifestations nocturnes. Une trentaine d'entre elles sont toujours en détention et devraient comparaitre devant un procureur.

Dans la journée, ce sont 37 autres personnes qui avaient déjà été arrêtées à Tlemcen pour avoir perturbé d’autres réunions électorales. Dix-huit d’entre elles ont été condamnées à dix-huit mois de prison ferme.

Depuis le début du mouvement Hirak en février dernier, cette semaine a vu les plus lourdes condamnations tomber pour des manifestants. Un durcissement du pouvoir qui utilise désormais tous les moyens pour inciter les citoyens à voter et qui considère que l'élection présidentielle est la seule possibilité de sortir le pays de la crise. « Le pouvoir cherche à intimider les Algériens », affirme Kaci Tansaout, le coordinateur du comité de libération des détenus.

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