Centrafrique: un responsable de Caritas accusé d'abus sexuels sur mineurs

Caritas se dit «attristée et outrée» suite à la plainte qui vise un prêtre et ancien responsable de l'ONG catholique en Centrafrique (image d'illustration)
© Alessandra Benedetti/Corbis via Getty Images

Caritas Internationalis se dit « attristée et outrée » après une plainte pour abus sexuel sur mineurs déposée à Bangui contre son ancien secrétaire national en Centrafrique. Le père Luk Delft avait déjà été condamné à 18 mois de prison avec sursis en 2012, pour des faits similaires en Belgique.

Malgré une interdiction d'exercer auprès d'enfants et une obligation de suivi psychologique en Belgique, le père Luk Delft a tout de même pu travailler pour Caritas Centrafrique pendant six ans - de 2013 à 2019 - sans jamais être inquiété.

« Luk Delft n'aurait jamais du travailler avec Caritas et surtout pas à un tel poste », confient des responsables de l'ONG catholique à Rome, qui expriment aujourd'hui « leur compassion et leur solidarité » pour les enfants et leurs familles en Centrafrique.

« Notre devoir, en tant qu’humanitaires et en tant que services de l’Église, est de protéger les personnes que nous servons sur le terrain », assure Aloysius John, secrétaire général de Caritas International.

Reste à savoir comment un homme déjà condamné, interdit d'exercer avec des mineurs, a pu être recruté par Caritas en Centrafrique ? « Chaque antenne nationale de Caritas a son propre système de recrutement et ici au secrétariat général, nous n'intervenons pas dans le processus de recrutement sur le terrain », explique Andrew Azzopardi, chargé de la protection et de l'intégrité pour Caritas Internationalis.

Les responsables de l'ONG disent avoir découvert le passé du père Luk Delft en juin 2019 seulement, quand des journalistes de CNN commencent à enquêter sur l'affaire. Pourtant, un « lanceur d'alerte » belge avait tenté de les prévenir dès 2017.

« Le secrétaire général de Caritas International a transmis cette lettre à notre antenne en Centrafrique, précise Andrew Azzopardi. Je pense qu'ils ont été rassurés par l'idée que les autorités belges avaient autorisé le père Luk à se rendre en Centrafrique. Mais cela n'excuse en rien qu'il ait pu y rester deux ans de plus. »

Des enquêtes en Belgique et en Centrafrique devraient permettre d'en savoir plus bientôt.

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