Gabon: interpellation d’Ike Ngouoni, conseiller du président Bongo Ali

Le président gabonais, Ali Bongo (illustration).
© MIKE HUTCHINGS / POOL / AFP

Au Gabon, le porte-parole de la présidence, Ike Ngouoni, était toujours entendu jeudi soir par la police. Ces derniers temps, ce sont plus d'une dizaine de personnalités qui ont été interpellées dans le cadre d'une opération anticorruption.

Toutes ces personnalités arrêtées ont un point commun : leur proximité avec Brice Laccruche Alihanga. L'ancien directeur de cabinet du chef de l'État a occupé le premier plan durant l'absence d'Ali Bongo suite à son AVC, et a été récemment réaffecté à un ministère.

Les avocats des personnes interpellées dénoncent des « enquêtes prenant l’allure de règlements de comptes ». Parmi eux, Maître Jean-Paul Moumbembé défend Lionel Erwin Diambou, conseiller du directeur général de la Gabon Oil Compagny. Et pour lui, les motifs sont évidents : « Le Code de procédure pénale ne permet pas de telles arrestations, qu’on aille (chercher) à des heures tardives nos clients, qu'on les emmène et immédiatement, toute la nuit, on les interroge sans la présence de l’avocat. Règlement de compte parce que ce ne sont que des dénonciations. Ce n’est sur la base d’aucune preuve... J’aurais bien voulu que ce soient les officiers de police judiciaire qui fassent le travail. Ce sont des services spéciaux, vous appelez cela des services secrets, qui débarquent et vous embarquent ? Tout se passe dans l’illégalité totale ! »

« Il n’y a aucun règlement de compte. »

Des accusations que démentent les autorités. Jessye Ella Ekogha, conseiller du président gabonais, explique que des auditions sont simplement conduites sur différentes personnes, en ce moment, pour le besoin des enquêtes.

« Il n’y a, je pense, aucun règlement de compte. Il y a quelques jours, le procureur de la République a fait une déclaration publique et télévisée où il expliquait justement que suite à des informations précises et graves, le parquet avait ouvert des enquêtes pour des soupçons de corruption et de blanchiment. (En raison du) secret de l’instruction, je ne sais pas si l’audition de monsieur Ngouoni rentre dans ce cadre-là, mais dans tous les cas on ne peut pas parler de règlement de compte. »

Interrogé sur l'implication éventuelle de membres des services spéciaux, Jessye Ella Ekogha précise que l'enquête a été ouverte par le parquet, diligentée par le procureur de la République. Celui-ci travaille avec la Direction générale de la recherche, dont les éléments sont des officiers de police judiciaire, selon lui. Ils ont donc compétence, explique-t-il, à intervenir sur ce type d'affaires.

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