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Sénégal

Sénégal: le sort du militant Guy Marius Sagna interpelle les députés

L'activiste sénégalais Guy Marius Sagna réagit à une précédente arrestation durant une manifestation devant l'Assemblée nationale, à Dakar, le 4 mai 2019 (photo d'illustration).
© Seyllou / AFP

Au Sénégal, la garde à vue de Guy Marius Sagna a été prolongée au-delà des 48 heures. Le chef de file du mouvement « France Dégage » a passé une troisième nuit au commissariat central avec huit autres militants. Tous avaient manifesté contre la hausse du prix de l’électricité devant les grilles du palais présidentiel vendredi 29 novembre.

« Attroupement », « troubles à l’ordre public », « participation à une manifestation non autorisée », c’est ce qui est reproché par les autorités aux neuf militants d’après un des avocats de Guy Marius Sagna, qui lui est en garde à vue pour « rébellion ». Une situation qui préoccupe certains dans l’opposition.

Son cas a d’ailleurs agité l’Assemblée nationale, ce dimanche, en plein vote du budget. L’opposant Ousmane Sonko est même sorti de l’hémicycle. Pour lui, la réponse de l’État est disproportionnée.

« Manifester devant les grilles d’un palais de la République, au XXIe siècle, ne doit pas être un motif pour retenir les gens aussi longtemps. C’est un pouvoir complètement affolé, qui perd son sang-froid pour un oui ou pour un non. Je crois que nous avons un pouvoir en délitement, complètement perdu et qui s’acharne sur un groupuscule de cinq jeunes qui, de manière désarmée, sont allés manifester devant les grilles du palais. C’est symptomatique, en tout cas, du manque de sérénité de ce pouvoir. »

Division à l’Assemblée

Mamadou Diop Decroix est le représentant de l’opposition au dialogue national. D’après lui, les gardes à vue n’ont pas lieu d’être : « Il aurait fallu déjà ne pas les arrêter. Il faut les laisser rentrer chez eux. Il faut qu’on ramène une situation politique apaisée au Sénégal. »

D’autres députés dans la majorité ont pris la parole sur les bancs de l’Assemblée. Pour certains, dans le parti présidentiel, l’arsenal sécuritaire a présenté des failles ce vendredi. Failles qui ont permis aux manifestants de marcher jusqu’au palais. Certains réclament des « sanctions exemplaires » contre les militants.

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