Procès de Teodorin Obiang: la première journée donne le ton

Teodorin Obiang, en janvier 2012.
© AFP/Abdelhak Senna

Le procès en appel du fils du président de la Guinée équatoriale s'est ouvert ce 9 décembre en France. Il y a deux ans, Teodorin Obiang avait été condamné à de la prison avec sursis et à 30 millions d'euros d'amende, également avec sursis, dans le cadre de l'affaire dite des « biens mal acquis ». La justice française l'avait reconnu coupable de blanchiment notamment de corruption.

Ce 9 décembre, la première journée du procès de Teodorin Obiang à Paris dans l'affaire dite des « biens mal acquis » a été consacrée aux questions de procédure. La première question portait sur la tenue même du procès. La défense demandait qu'il soit reporté en attendant une décision de la Cour internationale de justice, saisie par la Guinée équatoriale qui s'oppose à la France sur le statut d'un bien central dans ce dossier : un immeuble de 4 000 mètres carrés du XVIe arrondissement de Paris estimé à 107 millions d'euros et actuellement saisi.

Joute oratoire entre avocats

Cet immeuble a été acheté par Teodorin Obiang mais a été cédé à la Guinée équatoriale juste avant une perquisition des enquêteurs. Pour la défense, il s'agit d'une représentation diplomatique donc un immeuble inviolable et non confiscable au titre la convention de Vienne de 1969, tandis que la France ne lui reconnaît pas ce statut et que la partie civile dénonce une manoeuvre grossière pour faire bénéficier l'appartement de Teodorin Obiang d'une couverture diplomatique. La cour a finalement rejeté la demande de report et le procès a commencé avec d'autres questions de procédure.

Ces premiers débats ont en tout cas donné le ton du bras de fer entre défense et partie civile. Très en verve, maître William Bourdon, pour l'ONG Transparency International, a pourfendu « les manœuvres dilatoires des kleptocrates qui méprisent l'État de droit mais braconnent dans ses subtilités pour suffoquer la procédure ».

« Si la cour suffoque, je peux lui faire du bouche-à-bouche », a répliqué Maître Emmanuel Marsigny, opposant remarques pince-sans-rire à l'emphase de la partie adverse. Sur le fond, les avocats de Teodorin Obiang s'offusent qu'on dénie à leur client de faire tout simplement valoir ses droits. En tant que vice-président de son pays, le client de Maître Marsigny devrait bénéficier de l'immunité, estime l'avocat.

On cherche à refuser à la république de Guinée équatoriale ce que l’ensemble des pays du monde entier obtiennent parce que c’est le droit international : c’est l’immunité.

Me Marsigny, avocat de la défense dans le procès de Téodorin Obiang
10-12-2019 - Par Laura Martel

Un avis que ne partage pas Maître Bourdon, qui considère que la fonction du vice-président équato-guinéen ne le soustrait pas à la justice.

Il n’y a plus d’immunité aujourd’hui quand la fonction qu’on occupe est utilisée comme écran pour commettre des infractions très graves. L’immunité ne doit pas être manipulée pour organiser son impunité.

Me Bourdon
10-12-2019 - Par Laura Martel

Le fond du dossier sera traité ce mardi 10 décembre.

► À lire aussi : «Biens mal acquis»: le procès en appel de Teodorin Obiang s'ouvre à Paris

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.