Abiy Ahmed prix Nobel de la paix: «l'amère déception» de la diaspora érythréenne

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed (d.) récompensé par le président du comité Nobel Berit Reiss-Andersen à l'hôtel de ville d'Oslo en Norvège, le 10 décembre 2019.
© NTB Scanpix/Hakon Mosvold Larsen via REUTERS

Le discours du prix Nobel de la paix Abiy Ahmed a été accueilli avec enthousiasme par ses partisans, mais aussi par les soutiens du gouvernement érythréen, après qu'Abiy Ahmed a tenu à partager son prix avec son homologue Issayas Afeworki. Mais au sein de la diaspora érythréenne, l'hommage du Premier ministre éthiopien au chef de l'État érythréen ne passe pas.

« Une omission incompréhensible » : voilà tout ce que la militante érythréenne des droits de l'homme Selam Kidane a retenu du discours d'Abiy Ahmed.

« Les appels du peuple érythréen n'ont même pas été mentionnés. Il a évoqué le président Issayas comme d'un partenaire pour la paix, alors qu'en réalité ce dernier est revenu sur quasiment tous les bénéfices que les Erythréens auraient dû tirer de la paix. Mais il n'y a pas eu un mot sur la longue souffrance du peuple érythréen ni sur ses demandes. »

Vanessa Tsehaye, elle, milite depuis des années pour la libération de son oncle Seyoum, arrêté en Érythrée en septembre 2001 et disparu depuis. Pour elle, que la paix soit revenue avec l'Éthiopie n'a rien changé. C'est pourquoi elle s'insurge contre l'illusion d'un retour à la normale...

« Ça rentre parfaitement dans le cadre de ce que l'Union européenne aimerait faire croire depuis deux ans. Ils disent que tout va mieux en Érythrée donc qu'ils ne sont plus obligés d'accepter autant de migrants qu'avant. Mais la guerre avec l'Éthiopie n'a jamais été la racine de la souffrance des Érythréens. La racine, c'est le dictateur qui utilise la guerre avec l'Éthiopie comme prétexte pour ses exactions. Et le simple fait de refuser de reconnaître qu'il s'agit là d'un prétexte révèle soit un manque d'information criant, soit un mépris pour le peuple érythréen. »

Toutes les deux se disent « amèrement déçues » par l'indifférence du prix Nobel de la paix.

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