Crash du vol d’Air Algérie: retour sur la journée de jeudi

Un A330 de la compagnie Air Algérie.
© Wikimedia

La compagnie Air Algérie a annoncé, ce jeudi 24 juillet, avoir perdu le contact avec un de ses appareils qui s'est probablement écrasé. L’avion a décollé dans la nuit de Ouagadougou, au Burkina Faso, en direction d’Alger. Le contact a été perdu peu de temps après le décollage, alors que l'avion se trouvait dans l'espace aérien malien. « On ne peut exclure aucune hypothèse », a déclaré Laurent Fabius. Le vol AH 5017 transportait 116 passagers dont six membres d'équipage. Le ministre français des Affaires étrangères indique la présence de 51 passagers français à bord. Un numéro d'urgence a été mis en place : +33 1 43 17 56 46. L'épave de l'avion a été retrouvée dans le nord du Mali, près de la frontière avec le Burkina Faso, a annoncé dans la soirée le chef d'état-major particulier de la présidence burkinabè.


Disparition d'un avion d'Air Algérie - Edition spéciale 20h30-21h00
24-07-2014

« Nous venons de retrouver l'avion algérien. L'épave a été localisée [...] à 50 kilomètres au nord de la frontière du Burkina Faso », dans la zone malienne de Gossi, a déclaré ce jeudi soir à la presse le général burkinabè Gilbert Diendiéré, chef d'état-major particulier de la présidence burkinabè, à l'issue d'une réunion de crise à Ouagadougou.

Plus tôt, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, avait déclaré qu'aucune hypothèse n'était à exclure pour expliquer la disparition de l'avion d'Air Algérie. « La seule chose que nous sachions de manière certaine, c'est l'alerte météo [...] Cela peut être à l'origine bien sûr de la catastrophe mais il y a aussi d'autres hypothèses », a ajouté le ministre.

Laurent Fabius a également donné plus de précisions sur les 51 Français passagers du vol AH 5017. « Cela concerne 20 familles, parce que ce sont des fratries, ce sont en général des amis de l'Afrique qui étaient là-bas, soit des touristes, soit des humanitaires ».

Une réunion de crise a été organisée ce jeudi soir à l'Elysée. La France mobilise « tous ses moyens militaires au Mali dans les recherches de l'appareil », a assuré le président français. Par ailleurs, François Hollande a annoncé le report de sa tournée dans l'océan Indien.

En France, une enquête judiciaire a été ouverte pour « homicides involontaires ». La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a assuré que l'appareil avait été déclaré en « bon état » lors d'un contrôle cette semaine en France.

Les ministres français de la Défense Jean-Yves Le Drian (c) et des Transports Frédéric Cuvillier (d), ce jeudi, à la sortie d'une réunion d'urgence, à l'Elysée. © REUTERS/Benoit Tessier

Cinquante et un Français à bord

L'avion comptait 116 passagers à bord, dont les six membres d'équipage espagnols. « D'après les dernières informations communiquées par le gouvernement burkinabè, 51 Français se trouvaient à bord, soit près de la moitié des passagers qui se trouvaient à bord, ainsi que 14 autres nationalités », a déclaré Laurent Fabius.

Selon la dernière liste fournie par Air Algérie, l'avion transportait également 24 Burkinabè, huit Libanais, six Algériens, six Espagnols, cinq Canadiens, quatre Allemands, deux Luxembourgeois, un Belge, un Camerounais, un Egyptien, un Malien, un
Nigérien, un Roumain, un Suisse, un Ukrainien et des personnes de « 3 nationalités en cours de recherche ».

Des recherches toujours en cours

Les recherches sont en cours pour essayer de retrouver l’avion. Deux Mirage 2000 ont été envoyés sur la zone de disparition de l’appareil. Le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l'armée française, a expliqué à RFI que ces deux avions étaient déjà en vol et qu'il y avait eu une réaffectation de mission en fonction de la trajectoire et du dernier point connu du vol d'Air Algérie.

Selon les autorités burkinabè, l'avion aurait été localisé sur le territoire malien à 80 kilomètres au sud-est de Gossi, à la frontière avec le Burkina Faso, dans une zone de plaines et de marécages.

Les autorités burkinabè ne se sont pas encore rendues sur place mais toutes les forces militaires sont mobilisées, notamment celles de la Minusma qui sont présentes dans le secteur.

De son côté, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a déclaré : « L'épave a été aperçue entre Aguelhoc et Kidal ». Il n'a donné aucun détail supplémentaire. 

Selon nos informations, tôt ce matin, des habitants de la zone ont dit avoir entendu de fortes explosions au nord de la localité d'Aguelhoc. Ils ont alors alerté des forces militaires présentes dans cette région du nord du Mali.

Des conditions météorologiques difficiles

« Le pilote de l'avion avait informé qu'il allait devoir dévier de trajectoire en raison des risques de forts orages. C'est à la suite de ce message que les contacts ont été interrompus avec les autorités aériennes de la zone », a déclaré le chef d'état-major particulier de la présidence du Burkina Faso, le général Gilbert Dendiéré.

« Aujourd'hui même, nous ne pouvons pas établir les causes de ce qui s'est produit », a déclaré François Hollande. « Ce que nous savons, a-t-il cependant ajouté aussitôt, c'est que l'équipage a signalé - il était 1H48 du matin - qu'il changeait de direction en raison de conditions météo particulièrement difficiles ».

En cette saison des pluies, les orages violents sont courants dans ces régions sahéliennes et la météo était très fortement perturbée ces dernières heures. Mais les raisons du crash ne sont pas encore connues et aucune hypothèse n'est exclue par les autorités françaises.

Cellules de crise

La France a mis en place deux cellules de crise à la direction générale de l'Aviation civile et au ministère des Affaires étrangères, ainsi que deux autres cellules de crise  dans les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et Marseille. Une cellule de réponse téléphonique est active au +33 1 43 17 56 46.

La secrétaire d'Etat chargée des Français de l'étranger, Fleur Pellerin, doit se rendre dans la région dans les heures qui viennent, selon le ministère des Affaires étrangères.

En Algérie, une réunion de crise se tient en ce moment à l’aéroport d’Alger.

Avion appartenant à Swiftair

Il s'agit du vol AH 5017 d'Air Algérie, une ligne régulière qui assure la liaison Ouagadougou-Alger quatre fois par semaine. La compagnie a annoncé la mise en place d'un plan d'urgence. L'avion, affrété par Air Algérie, est loué par la compagnie à une autre compagnie espagnole Swiftair.

Dans une note (PDF, en espagnol) diffusée sur son site internet, Swiftair confirme la disparition d'un de ses appareils assurant la liaison Ouagadougou-Alger, et affirme qu'il s'agit d'un avion MD83. Mercredi avant son départ du Burkina Faso, l'appareil aurait fait un voyage aller-retour depuis Paris vers Batna, dans le sud-est de l’Algérie.

Selon une source officielle burkinabè contactée par RFI, l'avion aurait décollé à 01h17 TU de Ouagadougou au Burkina Faso, au lieu de 01h05 initialement prévu. Le vol devait arriver vers 5h40, heure locale, (4h40 TU) à Alger. Toujours selon cette source, le contact a été perdu très peu de temps après ce décollage, à 1h38 TU. Il y avait à ce moment de forts orages au-dessus du Burkina Faso.

Du côté de la compagnie aérienne, autre son de cloche : on déclare que l'avion, un McDonnell Douglas, a perdu le contact avec la navigation aérienne algérienne 50 minutes après son décollage en direction d'Alger, c'est-à-dire à 1h55 TU. Laurent Fabius a déclaré que le contact avait été perdu à 1h47 TU.

Trajectoire prévue du vol d'Air Algérie AH5017.

Signal perdu au-dessus du Mali

L'avion devait passer au-dessus du nord du Mali, notamment Gao et Tessalit. C'est au-dessus de cet espace aérien malien, près de la frontière algérienne, que le contact aurait été perdu avec l'équipage. Une information reprise par le secrétaire d'Etat français aux Transports, Frédéric Cuvillier.

Ce que nous savons : c’est la disparition de cet avion au nord du Mali.
Frédéric Cuvillier
24-07-2014 - Par RFI

Selon une source d'Air Algérie : « L'avion n'était pas loin de la frontière algérienne quand on a demandé à l'équipage de se dérouter à cause d'une mauvaise visibilité et pour éviter un risque de collision avec un autre avion assurant la liaison Alger-Bamako. Le signal a été perdu après le changement de cap ». Alors que du côté burkinabè, le ministre des Transports a déclaré que le pilote avait lui-même demandé une modification de sa route en raison d'une tempête à 1h38 TU.

Un avion est censé donné sa position radio à peu près tout les quart d’heure.
Gerard Feldzer
24-07-2014 - Par RFI