Vol d'Air Algérie: des proches des victimes pris en charge à Marseille

avion swiftair espagnol loué par la compagnie algérienne
© ©REUTERS/Xavier Larrosa

54 Français étaient à bord du vol d'Air Algérie au départ de Ouagadougou. Parmi eux, sept devaient transiter à Alger pour se rendre à Marseille. Ces sept personnes sont issues de trois familles différentes. Il n'y aurait pas d'enfants, d'après la Police aux frontières (PAF) sur place. Tous les proches venus les chercher à l'aéroport ont été pris en charge dans une cellule de soutien psychologique et tenus à l'abri des sollicitations extérieures.

Un numéro d'urgence a été mis en place par le ministère français des Affaires étrangères pour l'avion d'Air Algérie : +33 1 43 17 56 46

Avec notre correspondant à Marseille, Stéphane Burgatt

Ils devaient atterrir en fin de matinée après avoir transité par Alger. Sept passagers manquaient à l'appel, ici. Tous seraient des adultes, dont cinq issus d'une même famille. Venus de deux départements voisins, du Gard et du Var, les proches venus les chercher ont alors alerté les autorités aéroportuaires. Lesquelles ont mis en place une cellule d'accompagnement psychologique, installée dans le salon d'honneur, et supervisée entre autres par Thierry Assanelli, le directeur de la PAF.

Cocon protecteur

« Je ne peux pas dire exactement d’où viennent ces personnes, précise-t-il, mais en tout cas, elles étaient attendues à Marseille par leurs familles. Il y avait sept personnes qui étaient à bord en correspondance, et elles auraient dû arriver à 10h40 ce matin. A priori, ce sont des adultes. Ces proches se sont rendues au bureau d’information pour voir si le vol était bien arrivé et c’est comme cela que l’on a pu les identifier pour s’occuper d’eux. »

Thierry Assanelli insiste sur le fait que le dispositif mis en place n'est pas « une cellule de crise, mais une cellule d’accueil des "attendants". C'est très important, je pense, afin de pouvoir les isoler, les rassurer, de leur donner les informatiosn dont nous disposons. Et surtout, de leur apporter le soutien, qui est indispensable dans cette situation très difficile. »

Il y a bien sûr la présence de médecins, pour affronter ces moments douloureux. L'équipe en place se charge du soutien, c'est une chose. Mais il faut mettre en place et préserver ce cocon protecteur. Ça passe par un certain isolement, et surtout par un contrôle des informations. Les bonnes informations communiquées au meilleur moment possible. Puisque les incertitudes sont nombreuses, la prudence est de mise, et il faut donc éviter à tout prix, par exemple, que des révélations contradictoires ne leur parviennent.

Ces familles et amis des passagers sont « extrêmement perturbés [par] une situation extrêmement cruelle », reprend Thierry Assanelli. Nous allons essayer de leur apporter le meilleur réconfort, et faire en sorte qu'ils regagnent leurs domiciles. Passé le choc de l'annonce et des premières prises en charge, tous vont se voir proposer par la suite un suivi psychologique.

Les familles et proches sous le choc

Parmi les 118 victimes de la catastrophe, il y avait donc 54 Français. Jean-Marie Rozier était l'un d'entre eux. Ce retraité donnait beaucoup de son temps pour l'association Camélia Burkina qui tente, depuis près de 20 ans, d'apporter l'aide nécessaire au développement des enfants dans les régions les plus démunies du Burkina Faso. Jean-Marie Rozier était souvent sur le terrain, il passait de longs mois sur place et son action était très appréciée.

Ce jeudi, la présidente de l'association, Monique Braquet devait venir le chercher à l'aéroport de Marseille :

Sur le moment, on est assommés. On l’avait eu au téléphone de l’aéroport pour nous demander si on venait bien le chercher à Marseille.
Monique Braquet
25-07-2014 - Par RFI