Ebola: des personnes en isolement livrées à elles-mêmes à Bamako

La clinique Pasteur à Bamako où deux personnes sont décédées des suites d'Ebola, le 12 novembre.
© REUTERS/Joe Penney

Alors que l'OMS a annoncé que le cap des 5 000 morts dus au virus Ebola venait d'être franchi, au Mali, l’infirmier qui a soigné un patient guinéen a lui aussi succombé au virus, mardi. Des tests ont été pratiqués et confirment qu'il s'agit bien d’Ebola. Du coup, le médecin de cet infirmier a été placé en quarantaine, tout comme une trentaine d'autres personnes. Mais celles-ci sont peu prises en charge.

Un médecin de la clinique Pasteur, un établissement huppé de Bamako, a été placé à l’isolement. Il a notamment été en contact avec le jeune infirmier décédé mardi d’Ebola. Dans cette clinique, une trentaine de personnes sont en observation. Parmi elles, des médecins, mais également des patients qui séjournaient sur place. C’est le cas d’une dizaine de militaires de la mission de l’ONU au Mali, la plupart blessés au cours d’opérations menées dans le nord du pays.

Mais, gros problème, les patients sont abandonnés à eux-mêmes. « Malheureusement, vu la psychose et la peur de nos employés et des infirmiers, beaucoup […] sont partis, se désole le docteur Ben Baba, responsable de la clinique. Personne ne veut les soigner, les gens ont peur. Il y a une psychose généralisée. »

Pas de médecins donc pour soigner des malades qui n’ont pourtant pas la fièvre Ebola. Il n’y a pas non plus de nourriture pour tout ce monde. « On a un gros problème d’alimentation, poursuit ainsi le docteur Ben Baba. J’étais personnellement aujourd’hui [chargé] de chercher à manger. J’assure même la restauration. [Mais] je n’ai pas accès à la clinique. Je fais passer les aliments par les fenêtres pour que ça puisse arriver aux malades. »

En plus des personnes en quarantaine clairement identifiées, il y a ceux qui sont recherchés. Ils sont nombreux à avoir été en contact avec les deux personnes décédées. Le ministère malien de la Santé appelle au calme et explique que tout est mis en œuvre pour éviter la propagation du virus.

L'infirmier décédé ce mardi avait été en contact avec un Guinéen arrivé à Bamako il y a deux semaines. Agé de 66 ans, et hospitalisé dans cette même clinique Pasteur, il était décédé peu de temps après.

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