Le président Abdelaziz Bouteflika de retour à Alger

Le président Bouteflika quitte la clinique de Grenoble où il était hospitalisé depuis jeudi selon la police.
© AFP/Jean-PIerre Clatot

Les autorités algériennes n'ont toujours pas communiqué sur une éventuelle hospitalisation en France du président Bouteflika mais le président algérien a regagné l'Algérie samedi. La police française a confirmé que le président algérien était dans le convoi qui a quitté la clinique grenobloise en direction de l'aéroport. 

Article réactualisé le dimanche 16 novembre, à 03h00

►L'avion de la présidence algérienne a donc décollé vers 14h45, mettant fin à un séjour de 48 heures très mystérieux. De son entrée à sa sortie de la clinique Alembert, la santé d'Abdelaziz Bouteflika est restée un mystère. Journalistes et curieux ont été maintenus éloignés par des dizaines de CRS et des barrières. Seuls les rideaux tirés au 6e étage du bâtiment laissaient penser que le président algérien était bien là. La clinique Alembert s'est refusée à tout commentaire. Quant au pouvoir algérien, il a maintenu un silence total. Les autorités avaient un temps promis un communiqué ; il n'est jamais venu. Adnan Mehdi, rédacteur en chef au quotidien El Watan, n'est pas surpris par cette omerta. Pour lui, la question de la santé présidentielle est d'autant plus sensible que plusieurs partis d'opposition jugent le président incapable de gérer le pays. Ils exigent l'application de l'article 88 de la Constitution, afin que l'on destitue Abdelaziz Bouteflika.

►Des proches du président Abdelaziz Bouteflika ont également quitté l’établissement par une porte de service quelques minutes plus tard et ont pris, à leur tour, la direction de l’aéroport, accompagné par un fourgon de CRS. Un avion de la présidence algérienne a décollé de cet aéroport peu de temps après.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a quitté samedi la clinique de Grenoble, dans l'est de la France, où il était hospitalisé depuis jeudi. Des motards, une ambulance, un van médicalisé et des voitures de police ont pris la direction de l’aéroport de Saint-Etienne-de-Saint-Geoires à une quarantaine de kilomètres. La police a confirmé que M. Bouteflika était dans le cortège qui devait prendre la direction de l'aéroport de Grenoble où le président algérien était arrivé jeudi.

Un véhicule médicalisé, stationné depuis plusieurs heures à l'arrière de la clinique, a quitté les lieux à 13h30. Selon des sources concordantes, le président algérien devait rentrer à Alger dans la journée ce qui suppose qu'il quitte la France dans l'après-midi, mais les officiels algériens, la presse officielle et l'hôpital de Grenoble refusent toujours de confirmer son hospitalisation en France.

► Ce samedi à la mi-journée, des motards de la police effectuaient des rondes autour du bâtiment et dans le quartier comme s'il se préparait du mouvement autour de la clinique rapporte notre envoyée spéciale Leïla Berrato. Un véhicule médicalisé est stationné à l'arrière de la clinique ce qui pourrait présager d'une sortie du président algérien. D'ailleurs selon l'agence Reuters, Abdelaziz Bouteflika, âgé de 77 ans, pourrait regagner Alger dès aujourd'hui.

Cardiologie et maladies vasculaires

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a été admis à la clinique d'Alembert, dans le centre-ville de Grenoble, jeudi 13 novembre. Le bâtiment a été sécurisé par des forces de sécurité CRS et des barrières ont été disposées le long des trottoirs.

Des sources policières confirment cette hospitalisation. Le président se trouve au sixième étage du bâtiment. Les rideaux de cet étage sont baissés et un service de sécurité empêche l'accès aux chambres de cet étage. D'autres sources à Alger affirment cependant que le chef de l’Etat n’a pas quitté le pays. La présidence algérienne n'a pas communiqué sur une éventuelle absence du chef de l'Etat.

Cette clinique privée mutualiste est spécialisée dans la prise en charge de patients présentant plusieurs pathologies graves. Le quotidien local Le Dauphiné Libéré affirme qu'il est hospitalisé dans un service de cardiologie et de maladie vasculaire. Toujours selon ce journal, « le responsable du service de cardiologie et maladies vasculaires dans lequel Abdelaziz Bouteflika est hospitalisé exerçait au Val-de-Grâce avant d’arriver à Grenoble il y a quelques mois. »

Autre raison qui pourrait expliquer l'hospitalisation du président algérien à Grenoble : derrière la clinique se trouve un institut de recherche spécialisé dans la dégénérescence neurologique, qui permet de faire de la simulation grâce aux nanotechnologies. On sait qu’Abdelaziz Bouteflika a subi un accent ischémique transitoire il y a un mois et demi, qui a pu affecter ses capacités neurologiques.

La santé de Bouteflika objet de nombreuses rumeurs

Depuis presque dix ans, toutes les rumeurs ont circulé autour de la santé d'Abdelaziz Bouteflika. On l'a dit affaibli, grabataire, parfois même mort. Et l'omerta qui entoure toujours son état ne fait qu'alimenter les spéculations. En une décennie, le président algérien a multiplié les séjours à l'hôpital, la plupart du temps en France, au Val-de-Grâce, à Paris. Il est opéré en 2005, officiellement pour un ulcère d'estomac. Certains disent qu'il aurait frôlé la mort. Retour à l'hôpital en 2006, en 2011, puis en 2013 où il est cette fois victime d'une petite attaque cérébrale. Plusieurs journaux algériens le disent alors dans le coma et sont saisis par les autorités.

Il faut plus d'un mois pour voir de premières images d'un président très diminué. Affaibli, le chef de l'État a été réélu pour un quatrième mandat, après une campagne où il est resté invisible. En avril, sa prestation de serment était quasiment inaudible.

Abdelaziz Bouteflika vit aujourd'hui à Zéralda, près d'Alger. Selon le magazine Jeune Afrique, cette vaste résidence ultra sécurisée serait équipée d'une clinique et d'une équipe de médecins. Le pouvoir assure qu'il gère le pays et suit les dossiers. L'opposition, elle, parle d'une illusion et demande qu'on déclare officiellement l'incapacité du président algérien.

Agé de 77 ans, Abdelaziz Bouteflika détient le record de longévité à la tête de la République algérienne. Il est en fonction depuis le 27 avril 1999.

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