Burkina Faso: la charte de la transition ratifiée ce dimanche

Ambiance paisible à Ouagadougou en cette journée capitale pour la Transition politique comme en témoigne cette scène, avenue Kwame Nkrumah, ce dimanche 16 novembre 2014.
© RFI/Guillaume Thibaut

Après un report d’une journée en raison de problèmes techniques et logistiques, la charte de la transition doit être officiellement signée dimanche à Ouagadougou, au Burkina Faso, par les forces de défense et de sécurité, les partis politiques, les autorités religieuses et la société civile. Un président de la transition pourrait être nommé dès dimanche soir.

article réactualisé avec notre envoyé spécial,

Ce dimanche est une journée capitale pour le Burkina Faso mais l'ambiance est très paisible dans la capitale. « Le grand jour est venu » déclare Ousmane, l'oreille collée à son petit poste de radio pour ne rien perdre des moments clé de ce jour. « C'est une journée importante ! On a besoin d'une nouveau président, de changement aujourd'hui. Voilà le nouveau Burkina » assure Ousmane, né en 1952. La signature de la charte est un grand pas en avant pour le Burkina. « Monsieur Zida va signer son départ et on va embrasser le nouveau président de la Transition, témoigne Célestin, chauffeur. On attend tous la signature de monsieur Zida ! » D’autres à l’image de Mamou sont moins au fait de l’actualité mais les parents sont là pour expliquer les choses. « C'est un vent nouveau qui souffle sur le Burkina Faso ! » lance confiant Salif.

Le chronogramme de l'après-midi

►Le premier rendez-vous est à 16 h (locales et TU) dans un lieu symbolique : la maison du peuple, lieu chargé d’histoire construit au milieu des années 1960, au cœur de la capitale burkinabè. Le site a été bouclé par les forces de l'ordre et la télévision nationale installait ce matin ses micros et caméras pour assurer la retransmission en direct de la cérémonie.

C'est là que sera signée officiellement la charte de transition. La cérémonie, qui se tiendra en présence de personnalités venues de tout le Burkina et du corps diplomatique basé dans le pays, sera véritablement le point de départ de la transition politique.

Le texte (disponible ici au téléchargement) sera paraphé par les quatre organes qui ont participé à sa finalisation : les forces de défense et de sécurité, les partis politiques – de l’opposition et de l’ancien pouvoir –, les autorités religieuses et la société civile.

►Autre rendez-vous de cette journée, au Centre de conférences de Ouaga 2000 cette fois. Il concerne le dépôt des listes des candidats au poste de chef de la Transition, qui doit être effectué avant midi. La société civile, l'armée et l'opposition doivent proposer chacun

«C'est une journée importante, on a besoin d'avoir un nouveau président»
16-11-2014 - Par Guillaume Thibault

trois noms. Neuf personnalités donc, parmi lesquels les membres du Collège de désignation composé de 23 membres en majorité des civils - qui se réuniront dès 18h (locales)-, sélectionneront trois candidats qui à leur tour seront soumises à un grand oral qui permettra de retenir un seul nom.

Plusieurs noms circulent parmi lesquels : l'ancienne ministre Joséphine Ouédraogo, le diplomate Michel Kafando et les deux journalistes Cherif Sy et Newton Ahmed Barry, mais aucune liste officielle n'a été rendue publique. L'archevêque de Bobo Dioulasso, Paul Ouédraogo, était également pressenti mais le candidat doit émaner de la société civile ce qui le met hors jeu.

►Le nom du futur chef de la Transition devrait être connu avant minuit heure locale.

L’officialisation de la charte va permettre de lancer réellement les travaux de la transition politique. Et tous les acteurs sont très optimistes.  Si le président de la transition est nommé comme prévu avant dimanche à minuit, toutes les autres nominations s’enchaîneraient dans la semaine : Premier ministre, ministres et membres de l’Assemblée. Un programme extrêmement ambitieux, qui fait dire à certains observateurs de la vie politique burkinabè que le plus dur reste à venir.

Prenez un maquis bien rempli, des maillots rouge-jaune-vert des Etalons, une télévision de qualité, de la bière fraîche et des supporters ambiancés : un cocktail habituel et pourtant non, ce match est particulier...
Quand le football et la politique se rejoignent dans « une nouvelle ère » : écoutez ce reportage de notre envoyé spécial réalisé hier à Ouagadougou
16-11-2014 - Par Guillaume Thibault

Des représentants de la société civile, de l’opposition politique, des leaders religieux et de l’armée en pleines tractations, à Ouagadougou le 13 novembre. © AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO