Bras de fer entre policiers et manifestants anti-Charlie Hebdo à Niamey

Des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants ont eu lieu ce samedi 17 janvier près de la grande mosquée de Niamey, au Niger.
© AFP PHOTO / BOUREIMA HAMA

A Niamey, au moins un millier de jeunes s'étaient réunis, ce samedi matin, pour un rassemblement de protestation contre la nouvelle caricature du prophète Mahomet, publiée dans le dernier numéro du journal satirique Charlie Hebdo. Un rassemblement interdit par les autorités. Très vite, des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont éclaté, obligeant la police à utiliser des gaz lacrymogènes. L'ambassade de France à Niamey appelle ses ressortissants à « éviter toute sortie ».

Article mis à jour en fonction des évènements,

A 15h45 (TU), RFI dressait un bilan d'une vingtaine d'églises et de lieux de cultes chrétiens brûlés. En revanche, la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel Secours, protégée par les forces de l'ordre, n'a pas été touchée.

Les évènements de Niamey ont vite dégénéré. Les manifestants réunis à la grande mosquée de Niamey, ce samedi, ont rapidement engagé un bras de fer avec la police anti-émeute. Aux cris de « Allahou Akhbar » et « A bas Charlie Hebdo », ils ont attaqué un groupe de policiers lourdement armés.

La police ayant eu le dessus dans un premier temps, des jeunes gens des quartiers alentours ont déferlé dans le grand marché de Niamey au centre-ville. Un peu partout, des pneus sont enflammés sur des carrefours.

A la hauteur du rond-point Eglise, toujours dans le centre-ville, se trouve la plus grande église protestante de Niamey. Très vite, l’abri de protection a été arraché et la paroisse mise à sac et brûlée. A midi, l’église était toujours en feu. Une seconde église, située au rond-point Baré, vers le quartier de la Francophonie, a aussi été incendiée, tout comme le véhicule du pasteur. Au total, trois églises ont été brûlées.

Appel à la prudence

Les violences se sont étendues à plusieurs quartiers de la ville. Des jeunes munis de gourdins, de barres de fer ou de pioches ont défilé à travers la capitale. Une centaine de policiers anti-émeute, munis de casques et de boucliers, ont été déployés autour de la cathédrale de Niamey. Ils ont essuyé plusieurs jets de pierres de la part des manifestants.

L'ambassade de France à Niamey a recommandé à ses ressortissants « d'éviter toute sortie ». Sur son site internet, elle appelle à une « grande prudence ». Par ailleurs, plusieurs agences d'une entreprise française (PMU, Pari mutuel urbain) et des kiosques de l'opérateur français Orange ont été saccagés.

Un peu partout dans le centre-ville et dans la périphérie, ce sont en majorité des jeunes des quartiers qui manifestent. Très peu de marabouts et de fidèles radicaux sont visibles. Certains s’interrogent même : où sont passés ceux qui ont appelé à la manifestation ?

Déjà vendredi, une autre manifestation contre le journal satirique Charlie Hebdo avait dégénéré à Zinder, la deuxième ville du pays. Trois manifestants et un gendarme avaient été tués, et 45 autres personnes blessées. Le Centre culturel français avait également été incendié.

 → A (RE)LIRE : Manifestations contre Charlie Hebdo: quatre morts à Zinder, au Niger