Nigeria: le camp Buhari à la fête, sans attendre les résultats

Des supporters de Muhammadu Buhari laisse éclater leur joie à Kano, le 31 mars 2015.
© REUTERS/Goran Tomasevic

La commission électorale nigériane (Inec) n'avait pas encore confirmé, mardi 31 mars au soir, les résultats de la présidentielle, que le camp de Muhammadu Buhari avait commencé à fêter le triomphe. Dans les bastions et les Etats acquis à l'APC, comme l'Etat de Kano, des milliers de sympathisants de Buhari sont descendus dans les rues.

Avec les envoyées spéciales de RFI à Abuja et Lagos

Au siège de l'All Progressives Congress, le parti de Muhammadu Buhari qui revendiquait déjà la victoire, c'est dans une ambiance de fête que l'on attend l'heureux élu. Les gens chantent, dansent, se photographient pour exprimer leur joie. Il y a notamment énormément de jeunes qui espèrent que Buhari va changer le pays. Ils ont voté pour lui parce qu'il a promis de créer des emplois et a axé sa campagne sur la lutte contre la corruption. Ces promesses semblent avoir séduit beaucoup de Nigérians.

Au Nord, dans l'Etat musulman de Kano, des milliers de personnes sont descendues, avec la main une balayette, logo symbole de l'APC, qui s'est engagé à lutter contre la corruption.

Satisfaits de la transparence électorale

A Lagos, les habitants sont progressivement rentrés chez eux, mais ils sont bien moins nombreux que d'habitude à attendre les bus qui les ramèneront dans leurs quartiers. Beaucoup de Lagossiens ont fait une demi-journée de travail. Certains n'y sont même pas allés du tout, incapables de se concentrer sur autre chose que les résultats égrenés depuis hier par la commission électorale, à la télévision ou à la radio. Certains ont même tenu scrupuleusement le décompte, Etat par Etat pour tenter de savoir qui était le vainqueur de l'élection avant l'annonce officielle qui tarde à venir.

Pour l'heure, l'APC n'a pas encore annoncé de rassemblement de ses sympathisants à Lagos. Dans la maison du chef de la coalition qui soutient Buhari, l'ancien gouverneur de Lagos, on a déjà commencé à célébrer la victoire et on s'apprête à sabrer le champagne dès l'annonce officielle de sa victoire.

Dans le Mainland de Lagos, la plupart des habitants rencontrés se disent contents que les élections se soient bien passées, dans la transparence. Le fait que le président sortant accepte sa défaite - une information communiquée par l'opposition et non démentie par le camp Jonathan - est pour eux la preuve que le Nigeria est ancré dans la démocratie. Ils sont désormais convaincus que si Muhammadu Buhari ne tient pas ses promesses, ils pourront le punir par les urnes dans quatre ans.

Les attentes suscitées par un « homme à poigne »

Et les attentes sont nombreuses : l'électricité partout et tout le temps, un meilleur système de santé, des routes en bon état, une éducation de qualité, des emplois, notamment pour tous les diplômés, une meilleure répartition des richesses... Bref, ils veulent enfin se rendre compte dans leur vie quotidienne que le Nigeria est bien la première économie du continent africain. Certains se réjouissent d'ailleurs qu'un homme à poigne prenne le pays en main, soit plus sévère en matière de lutte contre la corruption, mais aussi pour améliorer la sécurité. Les Lagossiens espèrent qu'il mettra fin aux atrocités de Boko Haram dans le Nord du pays, mais aussi qu'il règlera le pays de ceux qu'on appelle les militants, ces anciens rebelles du delta du Niger.

Pour la première fois au Nigeria, l'opposition chasse donc un gouvernement par la voix des urnes pour ce qui s'annonce comme une alternance démocratique historique.

Pendant ce temps, sur le terrain militaire, au Nord, l'armée tchadienne a annoncé dans la soirée la prise, au Nigeria, de Malam Fatori, dans l'Etat de Borno, qui était tombée aux mains de Boko Haram en novembre dernier, ainsi que les villages d'Abalam et d'Abadam. Un peu plus tôt, l'armée tchadienne avait annoncé qu'elle avait hier, avec l'armée nigérienne, une incursion des islamistes dans le sud-est du Niger.

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