Muhammadu Buhari nouveau président du Nigeria

Mardi 31 mars, à Lagos. Des partisans de Muhammadu Buhari laissent éclater leur joie lorsque les résultats, tombés au compte-gouttes lundi et mardi, ont donné leur candidat vainqueur de l'élection présidentielle.
© REUTERS/Joe Penney

Après deux jours d'une longue attente, les ultimes résultats des élections au Nigeria ont fini par tomber dans la nuit. Muhammadu Buhari sera le nouveau président du pays le plus peuplé d'Afrique. De son côté, Goodluck Jonathan a reconnu la victoire de son adversaire.

Immense pays de 173 millions d'habitants, le Nigeria a longuement attendu les résultats de l'élection présidentielle. Pourtant, à mesure que la journée de ce mardi avançait, la victoire de Buhari ne faisait plus guère de doute, tant et si bien que le camp de l'APC était déjà à la fête.

Communiqués par la commission électorale, les résultats de l'Etat de Borno (Nord), largement acquis à Muhammadu Buhari, sont venus officialiser la victoire du candidat de l'opposition. Muhammadu Buhari, 72 ans, remporte donc 21 Etats sur 36. Son avance s'est peu à peu creusée pour atteindre une marge finale de près de 2,57 millions de voix d'écart sur le chef de l'Etat sortant Jonathan. Le président sortant Goodluck Jonathan a reconnu la victoire de son adversaire lequel signe làune alternance démocratique démocratique historique.

Lagos acquise à Buhari

Muhammadu Buhari, leader du All Progressives Congress (APC) a largement devancé Goodluck Jonathan (PDP) dans ses fiefs, de 1,7 million de voix dans l'Etat de Kano, le plus peuplé du Nord, et de 650 000 voix dans celui de Kaduna. Quant à Jonathan, il a été plébiscité dans la région pétrolifère du delta du Niger, au sud, remportant plus de 98% des suffrages dans son fief de Bayelsa et près de 95% dans l'Etat voisin de Rivers.

Au total, Buhari recueille près de 14 millions de voix dans les 36 Etats, plus le territoire d'Abuja. Vient ensuite le PDP de Goodluck Jonathan qui recueille entre 11 et 12 millions de voix. Ces tendances ont confirmé en tout cas l'assise de Buhari dans le Nord du pays, d'où il est originaire. En plus de ses chasses-gardées, Buhari a gagné du terrain dans le sud-ouest du pays avec notamment l'Etat de Lagos, la capitale économique.

De son côté, le PDP reste majoritaire dans plusieurs Etats du sud et du centre du pays. A noter que la semaine dernière, les deux adversaires avaient signé un accord dans lequel ils s'engagent à respecter le verdict des urnes. Surtout, à la veille du scrutin, Jonathan avait appelé les Nigérians au calme tout en menaçant de traduire en justice toute personne qui commettrait des actes de violences.

Muhammadu Buhari, le principal rival du sortant Goodluck Jonathan, s'est déclaré mardi « très confiant » dans sa victoire à la présidentielle la plus serrée de l'histoire du Nigeria, suivie avec passion et ferveur par les électeurs, alors que tombaient les derniers résultats officiels définitifs.

La passivité de G. Jonathan dans le Nord a pesé

Elections au Nigeria : édition spéciale
31-03-2015 - Par Nathalie Amar

C’est la première fois depuis 1999 que l’opposition ne se présentait pas en rangs dispersés. Les quatre partis d’opposition, qui ont fusionné pour former l’APC l’an dernier, ont choisi leurs candidats communs lors d’une primaire qui a donné au général Muhammadu Buhari une certaine légitimité.

Le président sortant lui s’est rendu au scrutin avec une machine électorale PDP affaiblie. De nombreux sénateurs et gouverneurs ont fait défection l’an passé pour grossir

Elections au Nigeria : édition spéciale 2
31-03-2015

les rangs de l’opposition, et Olusegun Obasanjo, ancien chef d’Etat et poids lourd du PDP, a lâché Jonathan, dans une lettre publique qui a sans doute causé du tort au président sortant dans les bureaux de vote du sud du pays.

En outre, les Nigérians se rendaient aux urnes dans un contexte économique dégradé, lié en partie au cours du pétrole qui a chuté. Le Nigeria, est le premier producteur d’or noir du continent.

Enfin, sur le plan sécuritaire, de nombreux Nigérians ont été incrédules face à la passivité de l’administration Goodluck Jonathan devant la progression sanglante des insurgés de Boko Haram. Buhari a su profiter de la grogne, dans son Nord natal, mais aussi dans le Sud, lors d’un scrutin à biométrie intégrale qui selon les experts, malgré quelques couacs, a permis d’éviter une fraude massive.

Muhammadu Buhari, candidat du All Progressives Congresses, le 28 mars 2015 à Daura. © REUTERS/Akintunde Akinleye

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