Burundi: ONU et CEEAC tentent des médiations dans un contexte tendu

L'opposant Agathon Rwasa est salué par ses partisans à Bujumbura, le 6 mai, à son retour dans la capitale après 3 ans d'exil.
© AFP PHOTO/Esdras Ndikumana

Dix jours après le début de la contestation au Burundi, et après des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre qui ont fait plusieurs morts, les Nations unies et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Est tentent une médiation de la dernière chance. L’objectif est de tenter remettre le processus électoral sur les rails.

La communauté internationale fait monter la pression pour tenter d’éviter au Burundi de tomber dans le chaos. Dix jours après le début de la contestation, et alors que le gouvernement a proposé une « trêve » sous conditions aux opposants à une candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, plusieurs tentatives de médiations ont été lancées.

La première est venue de l’envoyé spécial des Nations unies pour les Grands Lacs, Saïd Djinnit, soutenu par les ambassades occidentales. Mardi soir, une rencontre informelle s’est tenue dans les locaux de l’ONU entre le ministre burundais de l’Intérieur, des représentants de la société civile et des représentants de l’ONU. Le commissaire aux réfugiés, Antonio Guterres, s'est notamment dit « extrêmement inquiet » de la situation.

Une seconde réunion, en petit comité, doit se tenir ce mercredi pour mettre fin aux effusions de sang et remettre le processus électoral sur les rails.

La candidature de Nkurunziza au cœur des discussions

Autre initiative, celle des Etats d’Afrique de l’Est : quatre ministres des Affaires étrangères, ceux du Rwanda, d’Ouganda, du Kenya et de Tanzanie sont à Bujumbura actuellement. Ils doivent rencontrer Pierre Nkurunziza, ainsi que les principaux opposants, qui les attendent déjà dans un hôtel de la capitale.

La communauté internationale met tout son poids dans la balance, en menaçant de se retirer du processus électoral. Mais les discussions bloquent toujours sur la candidature du président Pierre Nkrurunziza.

L’un des principaux opposants burundais, Agathon Rwasa, le dit déjà : ce processus n’est « pas crédible ». Il demande lui aussi le retrait de la candidature de Pierre Nkurunziza, mais appelle aussi à ce que les élections législatives et communales – prévues dans trois semaines - soient repoussées. Pour le chef ex-rébellion FNL, la situation sécuritaire actuelle ne permet pas la tenue d’élections. « On ne peut pas avoir confiance en cette police pour protéger les élections », explique-t-il, dénonçant une police « qui travaille avec les Imbonerakure et qui tue les opposants. » Un avis que partagent beaucoup de manifestants.