Burundi: revivez la tentative de coup d'Etat du 13 mai

Le général Godefroid Niyombaré arrive à la RPA, le 13 mai au soir.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimana

Au Burundi, l’ex-chef d’état-major, Godefroid Niyombaré, a annoncé mercredi 13 mai dans la matinée sur une radio privée la destitution du président Pierre Nkurunziza. Après une journée de heurts dans les rues de Bujumbura, un calme précaire semblait revenu dans la soirée. Le président Nkurunziza qui se trouvait en Tanzanie au sommet consacré à la crise burundaise, aurait quitté Dar es Salaam en début d'après-midi et selon certaines sources y serait rentré dans la soirée. La capitale burundaise est le théâtre depuis plusieurs semaines de manifestations contre le président et sa candidature à un troisième mandat.

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1h : déclaration du chef d'état-major CNDD-FDD à la radio Bonesha. Il affirme que « le coup d'Etat a été déjoué. La situation est maîtrisée. Tous les points stratégiques sont sous le contrôle des forces loyalistes. » Il appelle également les mutins à se rendre immédiatement.

22h35 : le président Nkurunziza qui avait quitté Dar es Salaam en début d'après-midi serait selon la BBC retourné en Tanzanie faute de pouvoir atterrir au Burundi.

22h30 : Pas de déclaration commune ce soir, les tractations n’ont pas abouti. Le porte-parole du général Niyombaré joint par téléphone par notre envoyée spéciale à Bujumbura à affirmer qu’« ils ne peuvent pas tout contrôler » et a lancé un appel confraternel pour que les soutiens de Nkurunziza se rangent à leurs côtés.

20h55 : dans plusieurs quartiers de la capitale, des tirs ont été entendus alors que les négociations sont toujours en cours entre officiers de l'armée burundais, négociations tendues entre pro et anti-troisième mandat.

19h40 : selon les informations recueillies par notre correspondant à Bujumbura, il y a encore une heure, les deux camps en discussion paraissaient d’accord pour écarter Pierre Nkurunziza. Il semblerait néanmoins qu’en ce moment un groupe d’officiers de l’ancienne rébellion CNDD-FDD, le parti actuellement au pouvoir ne veulent pas voir écarter leur chef de file. La tension serait donc montée d’un cran dans ces pourparlers, mais les deux parties rappellent leur volonté de trouver une solution pacifique à cette crise. Ils affirment vouloir trouver un accord avant demain matin pour éviter de nouvelles violences.

18h00: dans un message à la radio, le général putschiste affirme avoir « beaucoup » de soutiens au sein de l'armée et la police.

17h45 : la Maison Blanche appelle toutes les parties à déposer les armes au Burundi après la tentative de coup d'Etat contre le président Pierre Nkurunziza.

17h30 : la nuit est tombée à Bujumbura. La situation est calme et tout le monde est rentré chez soi. Les rues sont désormais vides. Les médias continuent à émettre et à évoquer la situation. Les discussions entre les militaires se poursuivent alors que la société civile et l’opposition ne se sont pas prononcées quant à leur positionnement dans cette crise.

17h05 : retrouvez le portrait du général Godefroid Niyombaré sur le site rfi.fr

16h50 : pas de nouvelle de l’arrivée du président Nkurunziza au Burundi. En Tanzanie, selon notre envoyé spécial permanent, Bruno Minas, des rumeurs circulent pour évoquer un possible départ en direction de Kampala en Ouganda, n’ayant pu atterrir à Bujumbura où l’aéroport est fermé.

16h30 : le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon appelle au « calme et à la retenue ».

16h25 : à retrouver sur rfi.fr, l’analyse de la situation par Thierry Vircoulon, chercheur à l'International crisis group.

16h20 : près de l’aéroport, les manifestants ont quitté la route à la demande des militaires.

16h00 : Daniel Finnan, l’envoyé spécial du service anglais de RFI, signale que l’aéroport semble fermé. Personne ne peut y entrer. Des équipes de l’aéroport ont été vues quittant les lieux en bus alors que des colonnes de militaires entraient dans l’enceinte.

15h54 : premier bilan de cette journée de contestation, la Croix-Rouge annonce trois morts, dont un policier, et 66 blessés.

15h40 : l’envoyée spéciale de RFI à Bujumbura, Sonia Rolley, évoque des pneus brûlés devant le principal commissariat de police et des petits groupes de jeunes continuent de crier victoire.

15h38 : le président Nkurunziza s’adressera à la nation après son retour de Tanzanie, a déclaré à la BBC son porte-parole, Willy Nyamitwe.

15h11 : le général Godefroid Niyombaré ordonne, sur la RPA, la fermeture de l'aéroport et des frontières alors que le retour de Pierre Nkurunziza est annoncé. Il lance un appel à tout citoyen et aux forces de l’ordre pour sécuriser l’aéroport.

15h00 : selon les militaires, il y aurait un millier de personnes sur la route de l'aéroport. Le président est toujours en Tanzanie.

14h50 : en Tanzanie, les chefs d’Etat présents pour le sommet sur la crise au Burundi condamnent le coup d’Etat. Le sommet n'a duré que quelques minutes et Pierre Nkurunziza n'a pas été vu sur les lieux de la rencontre.

14h30 : selon la BBC, plusieurs contestataires arrêtés ces dernières semaines auraient été libérés de prison par des manifestants.

14h15 : la présidence du Burundi publie un communiqué dont voici le message : « C’est avec regret que nous avons appris qu’un groupe de militaires s’est mutiné ce matin et a fait une déclaration fantaisiste de coup d’Etat. La présidence de la République annonce à l’opinion tant nationale qu’internationale que cette tentative de coup d’Etat a été déjouée et que ces gens, qui ont lu ce communiqué de coup d’Etat via des radios locales privées, sont recherchés par les forces de défense et de sécurité afin qu’ils soient traduits en justice. La présidence de la République demande à la population burundaise et aux étrangers vivant au Burundi de garder le calme et la sérénité. Tout est mis en oeuvre afin que la sécurité sur tout le territoire national soit maintenue ».

14h00 : le correspondant de RFI explique que des manifestants ont tenté de prendre d’assaut la radio nationale, mais ils en ont été empêchés par l’armée, qui a tiré en l’air.

13h52 : La situation s’est un peu calmée à Bujumbura, selon Sonia Rolley, notre envoyée spéciale. Des tractations entre les militaires loyalistes et putschistes ont lieu « pour éviter que du sang soit versé ».

13h50 : selon la présidence tanzanienne, le chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza, se trouverait toujours à Dar es-Salaam où devait se tenir ce jour un sommet sur la crise au Burundi.

13h43 : tirs entendus autour de la radio nationale.

13h40 : « C'est un jour inoubliable, c'est la première fois que la volonté du peuple est respectée ici au Burundi », déclare un manifestant.

13h28 : les réseaux sociaux fonctionnent de nouveau à Bujumbura, selon l’envoyée spéciale de RFI sur place.

13h20 : selon l’agence de presse AP, il n’y a pas de policiers visibles dans rues de Bujumbura ce mercredi.

13h15 : jusqu’à la mi-journée, la RPA était coupée sur l’ensemble du territoire. Deux autres radios privées, radio Bonesha et radio Isanganiro, n’émettaient plus ces dernières semaines que dans la capitale. Les signaux de ces trois radios ont été rétablis, ce mercredi, dans tout le pays.

13h05 : selon l’envoyé spécial du Monde au Burundi, Jean-Philippe Rémy, ce sont des militaires qui seraient allés ouvrir la RPA.

13h00 : la Radio Publique Africaine (RPA), très populaire au Burundi, vient de réémettre après 15 jours d’interruption. Elle couvre désormais les événements qui se déroulent à Bujumbura, ce mercredi.

12h45 : sur RFI, Thierry Vircoulon, chercheur à l’International Crisis Group revient les événements de ce mercredi au Burundi : « Après les accords d’Arusha, le général Niyombaré est devenu chef d’état-major des armées, et dans ce cadre il a joué un rôle très important dans l’intégration des différents mouvements de guérilla au sein de l’armée. Il est encore aujourd’hui très apprécié du fait de ce rôle de l’intégration des guérillas au sein de l’institution militaire, il est apprécié aussi bien des officiers hutus que des officiers tutsis. L’armée burundaise est le résultat de l’intégration d’une multitude de groupes, elle est donc composée de diverses factions qui ont des affinités politiques différentes et qui appartiennent à des ethnies différentes. La police a accueilli de nombreux membres du parti au pouvoir, le pouvoir a un contrôle plus serré sur la police que sur l’armée, où les équilibres sont plus respectés ».

12h40 : les manifestants chantent l’hymne national, selon notre envoyée spéciale à Bujumbura, Sonia Rolley.

Scène de joie dans les rues de Bujumbura, Burundi, le 13 mai 2015, après l’annonce de la « destitution » du président Nkurunziza par l’ex-chef d’état-major, Godefroid Niyombaré. © REUTERS/Goran Tomasevic

12h37 : sur RFI, le correspondant à Dar es-Salaam, fait part d’une forte agitation en Tanzanie où doit avoir lieu un sommet sur la crise au Burundi. La cérémonie d’ouverture n’a pas eu lieu comme prévu et personne n’a encore vu Pierre Nkurunziza qui devait participer à cette rencontre. Les différents membres des délégations sont tous au téléphone et tentent d’avoir des informations sur la situation sur le terrain.

12h35 : les connexions Internet sont difficiles à Bujumbura.

12h33 : sur son compte Twitter, la présidence burundaise annonce que la situation est maîtrisée et que le coup d’Etat a échoué.

12h30 : des milliers de manifestants tentent de converger vers le centre-ville.

12h20 : des tirs sont toujours entendus vers la radio nationale. Des centaines de manifestants sont bloqués à proximité par des militaires.

12h00 : des militaires sont déployés autour de la radiotélévision publique à Bujumbura. Des militaires qui se disent fidèles au régime de Nkurunziza, selon notre envoyée spéciale sur place.

11h30: la déclaration du général Godefroid Niyombaré a immédiatement déclenché des tirs nourris dans le centre de la capitale.

Déclaration du général Godefroid Niyombaré
13-05-2015 - Par RFI

La nouvelle a fait l'effet d'un coup de tonnerre ce mercredi au Burundi lorsque l’ancien chef d’état-major a annoncé sur la radio privée Isanganiro, la destitution du président Pierre Nkurunziza. Il déclare observer « avec désolation les violences, le cynisme qui ont caractérisé Pierre Nkurunziza ». « Les forces de sécurité décident de prendre la destinée du pays en main, Nkurunziza est destitué », a-t-il ajouté.

Godefroid Niyombaré dit s’exprimer au nom du Comité pour le rétablissement de la concorde nationale. Impossible de savoir pour l’instant s’il est suivi par l’armée.

Le général Godefroid Niyombaré est un ancien chef d'état-major, ex-chef également des services secrets burundais. Ces derniers mois, il était encore conseiller à la présidence. Mais en février, le général Godefroid Niyombaré a été limogé en raison, selon certaines sources, de son opposition à un troisième mandat de Pierre Nkurunziza. Le président burundais se trouve actuellement à Dar es-Salaam en Tanzanie pour un sommet sur la crise qui secoue justement le Burundi.