Pierre Nkurunziza, un hôte encombrant pour la Tanzanie

Le président Pierre Nkurunziza lors du dépôt de son dossier à la Commission nationale électorale indépendante (Céni) pour la présidentielle, le 8 mai 2015.
© RFI/SR

Pierre Nkurunziza est toujours en Tanzanie où il était parti pour participer à un sommet des chefs d'Etat d'Afrique centrale au sujet de la crise au Burundi. Mais le flou demeure pour savoir exactement où se trouve le chef de l'Etat sortant.

Après sa tentative ratée de rentrer au Burundi mercredi 13 mai, le président Nkurunziza a passé la nuit dans le complexe présidentiel de Dar es Salaam. Son avion, lui, est reparti. Ce n’était pas un appareil de l’Etat burundais mais un vol privé loué en Afrique du Sud.

Selon des sources recueillies par le correspondant de RFI en Tanzanie, il a été conduit ce jeudi matin vers un camp militaire, à Kunduchi, dans un quartier assez éloigné du centre, au nord de Dar es Salaam. Les autorités n’ont pas voulu qu’il reste à son hôtel au centre-ville pour des raisons de sécurité, mais aussi sans doute pour éviter les curieux.

Maintenant, Pierre Nkurunziza est un hôte encombrant pour la Tanzanie parce que s’il repart au Burundi c’est un problème, s’il reste en Tanzanie c’est un problème aussi. Si les autorités le laissent retourner dans son pays cela va encourager ses troupes dans l’offensive contre les auteurs du putsch, mais s’il reste cela va favoriser le camp putschiste, et cela, la Tanzanie n’a aucune raison de le faire non plus.

Reste l’option des négociations, c’était l’objectif du sommet de ce 13 mai. La Tanzanie, qui est un pôle de stabilité dans la région, peut reprendre l’initiative de tenter de remettre Nkurunziza et ses opposants autour d’une table. Mais on en est encore loin.

Les chefs d’Etat de la région ont pris une décision très claire : au vu du coup d’Etat, ils estiment que le climat au Burundi n’est pas propice à l’organisation d’un scrutin.
Cyril Ramaphosa
14-05-2015 - Par RFI