Burundi: les médias, enjeu pour les deux camps

Les médias ont été la cible d'attaques dans la nuit. Ici Radio Renaissance (privée) dont les locaux ont été la cible de tirs de roquettes. Une femme a été grièvement blessée selon son directeur.
© RFI/Sonia Rolley

Avec l’attaque contre la radio nationale au Burundi, la deuxième de la journée de ce 14 mai, on sent que la communication est devenue un enjeu essentiel pour les deux camps qui s’opposent depuis mercredi 13 mai et la tentative de coup d’Etat contre le président Pierre Nkurunziza.

Pour les putschistes, il est impératif de faire passer un message sur cette radio qui est la seule à émettre sur l’ensemble du pays, raconte notre envoyée spéciale à Bujumbura. Ces attaques systématiques contre les radios privées en sont un autre exemple. La Radio Publique Africaine avait repris ses programmes juste après l’annonce du général Niyombaré.

Depuis trois semaines, elle avait été fermée par le pouvoir, accusé d’inciter à l’insurrection. Bonesha et Renaissance sont deux autres radios privées qui étaient très suivies par la population. Pour les témoins, comme pour les personnels, cela ne fait aucun doute que c’est bien la police qui les a attaquées, la police loyale au président Nkurunziza, à l’arme lourde, cela explique l’essentiel des tirs de la nuit et de la matinée. La RPA était encore en flamme ce jeudi matin et certaines parties du bâtiment menaçaient même de s’effondrer.

Des tirs de roquettes se sont également produits contre la radio télévision Renaissance, les vitres cassées, une partie des bâtiments brûlée. Et l’un des personnels aurait même été blessé, selon des témoins. Ce jeudi matin, des journalistes sont revenus sur les lieux pour sauver le matériel des pilleurs.

Depuis hier, cinq radios sur les six les plus importantes que compte le pays ont été victimes de ses attaques. La première, la Rema, la radio progouvernementale, a été incendiée par les manifestants, puis RPA, Bonesha, et Renaissance, cette nuit, par la police, et donc la RTNB par les putschistes ce jeudi après-midi.

C'est une condamnation totale, ce qui est arrivé aux médias indépendants burundais qui se sont vus attaqués à l'arme lourde...

Alexandre Niyungeko
14-05-2015 - Par RFI

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