Burundi: chronologie de la journée du 15 mai

Les mutins ont reconnu l'échec de la tentative de coup d'Etat et plusieurs de leurs chefs ont été arrêtés. Les forces de sécurité loyalistes reprennent le contrôle de la capitale le 15 mai 2015.
© REUTERS/Goran Tomasevic

Les militaires qui se sont mutinés contre le président Nkurunziza ont reconnu l'échec de leur tentative de coup d'Etat. Plusieurs responsables de la rébellion ont été arrêtés ce vendredi matin et le général Niyombaré a déclaré sa reddition. La situation au Burundi est à nouveau ce vendredi très volatile d'autant que la société civile a été invitée à manifester. Le président Nkurunziza, en route pour Bujumbura, doit s'adresser à la nation dans la journée.

Avec nos correspondants et envoyés spéciaux

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16h50 : Sur le site de la présidence burundaise, circulent (en langue kirundi, la langue du pays) des extraits du discours que le président Nkurunziza doit adresser à la nation aujourd'hui. Il remercie notamment les forces de sécurité et défense pour leur « efficacité » à « stopper » le putsch.

16h00 : La candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat a été jugée « anticonstitutionnelle » par quatre anciens chefs d'Etat burundais, qui estiment qu'elle « risque de compromettre les acquis de la paix » depuis la fin de la guerre civile en 2006.

13h00 : Le président Nkurunziza est de retour à Bujumbura, dans son palais présidentiel. A l'entrée de la ville, il a été accueuilli par près de 2 000 manifestants, qui selon des témoins, auraient été acheminés par bus, par des partisans du chef de l'Etat.

11h00 : Le président Nkurunziza est en route pour Bujumbura. Sur les bords de la route, se sont massés des partisans du président.  Selon la radio nationale, il a quitté il y a quelques minutes son village natal de Ngozi à 140 kilomètres de la capitale. Il devrait s'adresser à la nation via la RTNB, la Radiotélévision nationale. Un discours très attendu et qui devrait donner le ton après l'échec du putsch mené par le général Niyombaré.

10h30 : Des manifestants ont commencé à ériger de nouvelles barricades que les policiers en patrouille tentent de démonter, et font des tirs de sommation quand ils voient les jeunes y remettre des pierres. Les policiers menacent de traiter les manifestants comme des putschistes. Il n'y a pas de gros rassemblement, mais des petits groupes.

09h45 : Le président Nkurunziza a quitté son fief, et ne serait pas encore dans la capitale, mais dans son village natal, à Ngozi, a-t-on appris de sources concordantes.

09h30 : Environ 105 000 Burundais ont fui le pays depuis le début des troubles fin avril, selon le Haut commissariat aux réfugiés. 70 000 se trouveraient en Tanzanie, 26 300 au Rwanda et 9 000 dans le Sud-Kivu, en RDC.

07h36 : Vital Nshimirimana, porte-parole du collectif anti-troisième mandat, appelle la population à la reprise des manifestations contre la décision du président Nkurunziza de se représenter aux élections. « Par principe, la société civile est contre les coups d'Etat, mais nous notons que les Burundais ont accueilli en grande liesse la tentative de coup d'Etat, ce qui montre que le peuple burundais a aujourd'hui besoin de changement.» Le mouvement de protestation, qui durait depuis le 26 avril, avait été interrompu par la tentative de coup d'Etat.

06h50 : La présidence burundaise annonce que le président Nkurunziza devrait s'exprimer dans le courant de la journée.

Des manifestants ont commencé à ériger de nouvelles barricades à Bujumbura. Les policiers menacent de les considerer comme des putschistes. © Sonia Rolley/RFI

06h47 : Le général Niyombaré n'a pas été pris par les forces pro-Nkurunziza, selon une source policière.

05h30 : Selon nos informations, les principaux responsables de la mutinerie ont été arrêtés. Au moins trois officiers ont été arrêtés : le numéro deux de la rébellion, le général Cyrille Ndayirukiye et deux commissaires de police.

05h15 : Le général Godefroid Niyombaré annonce la reddition des mutins. « Nous avons décidé de nous rendre. J'espère qu'ils ne vont pas nous tuer », déclare le général. Il n'a plus donné de nouvelles depuis l'annonce de sa reddition.

Le coup d’Etat en cours a donc échoué. Le numéro 2 des officiers mutins, le général Cyrille Ndayirukiye, a reconnu son échec jeudi. Des tirs ont été entendus tout au long de la soirée dans le quartier de Kibenga et encore ce vendredi matin. C’est là que ce groupe d’officiers mutins et leurs soldats sont retranchés, rapporte notre envoyée spéciale. Ils ont essayé de se rapprocher du lac Tanganyika pour probablement tenter de fuir vers le Congo.

Les mutins se sont heurtés « à une trop grande détermination militaire pour soutenir le système au pouvoir », a confié le général Ndayirukiye à RFI hier soir, échec confirmé dans la foulée par d’autres hauts gradés putschistes, au terme d’une journée d’affrontements autour de la Radio-télévision nationale burundaise (RTNB). Malgré deux approches menées par une centaine d’hommes appuyés de blindés, les putschistes ne sont jamais parvenus à prendre la RTNB, véritable enjeu du pouvoir.

Selon le porte-parole de la présidence, Willy Nyamitwe, les mutins arrêtés n'ont rien à craindre pour leur sécurité, mais « devront répondre pour leur comportement d'un autre temps ». Avant d'ajouter : « Le droit sera dit. »

Le général Godefroid Niyombaré, qui avait annoncé sur une radio privée la destitution du président Pierre Nkurunziza mercredi, ne s’est pas encore exprimé, mais sur notre antenne en début de soirée hier il parlait d’une tentative de coup au passé. Il serait retranché dans le sud de la capitale.

Quant au président Pierre Nkurunziza, il a annoncé sur Twitter son retour au pays depuis la Tanzanie, mais les informations qui nous parviennent sont contradictoires. Les regards se tournent aujourd’hui vers la communauté internationale qui avait condamné le coup, mais elle devrait réclamer de nouveau le report des élections. On attend surtout la réaction de la population et celle des opposants à un troisième mandat, qui, depuis plus de deux semaines, manifestent et érigent au quotidien des barricades dans plusieurs quartiers de la capitale, malgré une répression sanglante.

Soldats loyalistes patrouillant dans Bujumbura le 14 mai. © REUTERS/Goran Tomasevic

Réécoutez notre 1ère édition spéciale Burundi (04h30-05h TU)
15-05-2015 - Par RFI
Réécoutez notre 2ème édition spéciale Burundi (06h30 - 07h TU)
15-05-2015 - Par RFI