Burkina Faso: des éléments loyalistes sont entrés dans Ouagadougou

Les forces armées loyalistes sur la route entre Dédougou et Koudougou, le 21 septembre.
© RFI/Frédéric Garat

La situation ce lundi soir à Ouagadougou était à son paroxysme. Plusieurs détachements venus de Dédougou, Bobo Dioulasso, Kaya et Fada N’Gourma ont encerclé la ville dans la soirée. Plus tard, des militaires sont entrés dans la capitale. Les chefs de corps des Forces armées nationales ont demandé aux membres du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) de « déposer les armes ». Les deux parties se seraient rencontré pour discuter vers minuit.

- 00h00 TU : Les soldats loyalistes et putschistes auraient discuté entre eux vers minuit. Le général Zagré, le chef d'état-major veut éviter les affrontements armés dans la capitale, même si quelques tirs ont été entendus. Il travaille à la préservation de la cohésion de l'armée. Les gendarmes patrouillent en ville cette nuit et ont remplacé le RSP qui semble positionné dans ses casernes et vers les axes de pénétration dans la ville. Le général Diendéré lui est toujours à Ouagadougou et ne souhaite pas partir selon une source diplomatique. Il n’est d’ailleurs pas question pour la France de l’exfiltrer.

- 22h30 TU : Chérif Sy le président du Parlement de transition, fer de lance des anti-putschistes affirme que des soldats loyalistes, qui répondent à l'appel d'officiers supérieurs, qui étaient jusqu’alors positionnés dans les faubourgs de Ouagadougou sont entrés en ville avec pour mission de neutraliser le RSP. Mais le chef d’état-major démentait à l’instant auprès d’un confrère de Jeune Afrique qu’il y ait eu le moindre accrochage avec les hommes du RSP.

- 21h40 TU : l'ambassadeur de France à Ouagadougou Gilles Thibault affirme dans un tweet : « Je confirme, avec l'autorisation du Président Kafando, qu'il est bien à la résidence de France. » Il se sentait menacé a précisé une source diplomatique et a demandé son exfiltration.

- 20h TU : des gendarmes patrouillent dans les les rues de Ouagadougou rapporte notre envoyé spécial. Un fait qui n’est pas anodin puisqu’ils n'avaient pas été vus depuis le déclenchement du putsch mercredi dernier. Signe sans doute que le Régiment de sécurité présidentiel n’a plus le contrôle total des évènements.

- 19h30 TU : Selon nos informations, les hommes du général Diendéré sont positionnés aux entrées de la ville, à quelques kilomètres des positions des loyalistes.

- 17h30 TU : le général Gilbert Dienderé est allé rendre visite au Moro Naba, chef coutumier des Mossis, où des centaines de personnes s'étaient rassemblées, pour crier leur hostilité à la junte. Finalement, le général Diendéré a pu quitter discrètement les lieux, pour rentrer au camp.

- 18h00 TU : dans un communiqué, le général Gilbert Diendéré annonce qu'il accepte de libérer le Premier ministre du gouvernement de transition, Isaac Zida, « en signe d'apaisement ». Le général dit aussi vouloir respecter l'accord de sortie de crise controversé de la médiation régionale qui prévoit le retour à la tête du pays du régime renversé le 17 septembre. Nous « confirmons notre engagement à remettre le pouvoir aux autorités civiles de la transition à l'issue de l'accord définitif de sortie de crise sous l'égide de la Cédéao », affirme-t-il dans une déclaration diffusée par la télévision nationale, sans faire aucune référence à l'avancée des unités militaires sur la capitale et qui exigent son départ. Nous « nous engageons à oeuvrer pour la cohésion de l'armée et nous présentons toutes nos excuses à la Nation, à la communauté internationale », a ajouté le général Diendéré.

Général Gilbert Diendéré
21-09-2015 - Par RFI

- 16h00 TU : selon nos informations, la colonne de l'armée en provenance de Koudougou s'est arrêtée à quelques kilomètres de Ouagadougou. Dans la capitale burkinabè, aucun militaire du RSP n'est visible, ni dans les faubourgs nord, à l'exception des abords du palais présidentiel.

- 13h00 TU : les forces sont arrivées à Koudougou, à environ une centaine de kilomètres de Ouagadougou. Elles ont été accueillies par une foule en liesse, hystérique. Une quinzaine, environ, de véhicules, de blindés et de jeeps sont entrés sous les acclamations de la population de Koudougou. Le cortège est arrivé en centre-ville devant le QG de la société civile qui s’est réunie contre les putschistes du RSP. Les troupes se dirigent dorénavant vers la capitale, Ouagadougou. L’ambiance, à Koudougou, est phénoménale.

- 11h15 TU : un communiqué signé des chefs de corps des Forces armées nationales a déclaré que « toutes les forces armées du pays dans leur ensemble sont en train de converger vers Ouagadougou dans le seul but de désarmer le RSP sans effusion de sang. Nous leur demandons de déposer les armes, leur sécurité sera garantie », dit le communiqué. Le porte-parole du RSP n’a pas confirmé ni infirmé nos informations. Joint par RFI, Chérif Sy, président du parlement de la transition (CNT), considère que ce mouvement de troupes est une bonne nouvelle. Il est persuadé que les armes seront déposées sans effusion de sang et appelle les populations à la prudence.

« Actuellement, toutes les forces convergent sur Ouagadougou. Nous en appelons à toutes les garnisons de Ouagadougou à se rallier à leurs camarades qui sont en train d’arriver, afin d’amener leurs camarades du RSP à déposer les armes pour éviter tous combats inutiles et à se rendre, comme l’ont souhaité leurs différents chefs de corps au camp de Lamizana. Je voudrais inviter les populations de Ouagadougou à ne pas rester dans les rues pour éviter éventuellement des dégâts collatéraux si cela devait arriver, ce que nous ne souhaitons pas », a déclaré Chérif Sy.

Reportage à écouter : la marche des loyalistes vers Ouagadougou
22-09-2015 - Par Frédéric Garat

- 09h30 TU : ce lundi, plusieurs sources disent que des soldats se sont mis en route depuis les villes de Ouahigouya et Fada N’Gourma notamment. Des témoins disent avoir vu passer des colonnes. L’infanterie de Bobo-Dioulasso s’est mise en route par le Sud. Ainsi, des blindés sont partis de Fada N’gourma. Par ailleurs, le régiment des commandos parachutistes, l’une des unités d’élite de l’armée récemment équipée par les Etats-Unis pour la lutte anti-terroriste, est parti de Dédougou à l’ouest. Et enfin, la garnison de Kaya, où sont stationnés des blindés, est en route depuis le Nord.