Burkina: le jour où Diendéré a choisi de «remettre en selle» Kafando

Le président de la transition burkinabè Michel Kafando après sa prestation de serment, en novembre 2014.
© REUTERS/Joe Penney

Le sommet consacré à la situation de crise au Burkina Faso s'est terminé à Abuja ce mardi dans la soirée. Les chefs d'Etat de la sous-région ont demandé au RSP de déposer les armes et souhaitent que le président de la transition, Michel Kafando, soit reconduit dans ses fonctions. Un principe accepté par le chef des putschistes, Gilbert Diendéré. Une délégation de chefs d'Etat va être envoyée à Ouagadougou dès ce mercredi pour poursuivre les discussions. Retour sur cette journée charnière.

21h57 : Le général putschiste Gilbert Diendéré a affirmé ce mardi dans la soirée que le président de la transition Michel Kafando sera « remis en selle » ce mercredi. « Kafando, c'est déjà acté, a-t-il déclaré. Les chefs d'Etat [de la Cédéao] arrivent demain pour le remettre en selle. Théoriquement c'est moi qui vais les accueillir demain, et Kafando les raccompagnera après. »

Le chef du RSP a par ailleurs ajouté qu'il se conformerait à la décision de la Cédéao. « La Cédéao a décidé qu'on soit cantonné. Ca veut dire le retour de tous nos hommes qui sont dehors en caserne et de remettre l'armement dans les magasins. C'est une décision de la Cédéao, on n'y peut rien. » Il a par ailleurs précisé que « les autres [l'armée loyaliste] qui sont venus de l'intérieur du pays doivent reculer de 50 km. »

Cette position confirme donc l'accord que viennent de conclure les forces loyalistes et putschistes pour éviter un affrontement. Cet accord est intervenu aux alentours de 22 heures ce mardi soir à Ouagadougou entre les forces loyalistes et les hommes du RSP. Cet accord d'apaisement prévoit que le RSP restera cantonné dans sa caserne tandis que les forces loyalistes reculeront d'une cinquantaine de kilomètres de la capitale. L'accord a été signé solennellement devant le Mogho Naba, le roi des Mossis et autorité morale au Burkina Faso. Il a été signé par le commandant Abdoulaziz Korogho, chef de corps par intérim du RSP et quatre officiers envoyé par l'état-major. Les forces loyalistes qui souhaitaient désarmer le RSP devront donc se contenter d'un cantonnement du régiment de Gilbert Diendéré.

Les chefs d'état de la Cédéao sont attendus ce mercredi matin dans la capitale burkinabè pour une deuxième mission de médiation.

19h10 : Dans sa déclaration de clôture, Macky Sall a annoncé que la Cédéao avait décidé de dépêcher dès ce mercredi 23 septembre « un haut comité de chefs d'Etat placé sous [sa] présidence, pour procéder à la réinstallation du président de la transition [...] Michel Kafando dans ses fonctions de président de la transition et de président du Faso.» De même, a-t-il ajouté, « nous enverrons une équipe de formateurs militaires et humanitaires pour faciliter le dialogue entre frères d'armes burkinabè.» Il a enfin appelé à « un dialogue politique inclusif pour parvenir à des solutions consensuelles autour des points de l'accord de sortie de crise proposé par la médiation. »

19h05 : Premières conclusions du sommet d'Abuja: la transition burkinabè est remise en route. Michel Kafando doit retrouver son poste de président. Rien n'a été dit sur Isaac Zida. Le sommet a décidé de dépêcher, ce mercredi 23 septembre, un haut comité des chefs d'Etat (Ghana, Togo, Nigeria, Bénin) pour aller à Ouagadougou et porter le message de la Cédéao et poursuivre les discussions. Le sommet demande au RSP de déposer les armes, et à l'armée régulière de s'abstenir de toute action qui compromettrait la paix.

Concernant les points qui fâchent, et notamment le retour des hommes politiques exclus, ceux de l'ancienne majorité de Compaoré, la Cédéao appelle tous les partis politiques à dialoguer. La Cédéao reste donc sur sa volonté d'avoir une élection présidentielle avec tous les partis politiques. Sur l'amnistie des putschistes, on entend dans l'appel à éviter tout conflit armé, que cette possibilité est toujours d'actualité. La Cédéao appelle enfin l'Union africaine à lever toutes les sanctions contre le Burkina Faso.

19h00 : Selon le directeur de cabinet du lieutenant-colonel Zida, ce dernier se porte bien, même s'il est échaudé moralement. Il appelle tous les burkinabè à revenir à « une vie constitutionnelle normale » et « à privilégier la nation plutôt que les individus ». « Son vœu le plus cher est que le sang d’aucun burkinabè ne soit versé. » Dans une déclaration,  tout en s’inclinant sur la mémoire des personnes décédées au cours des récentes manifestations, Isaac Zida félicite le peuple pour sa « lutte farouche pour la liberté, la paix et la démocratie, à laquelle les Burkinabè ont été contraints » Isaac Zida lance un appel à ses « frères d’armes » du RSP à « revenir dans les rangs du peuple », car « le chemin que vous avez emprunté est mauvais. »

18h32 : Les forces loyalistes font savoir qu'elles ont les moyens d'attaquer les putschistes du RSP (communiqué)

Edition spéciale Burkina Faso 20h-21h 2eme partie
22-09-2015 - Par Nathalie Amar

18h25 : Guy Hervé Kam membre du Balai citoyen: « Je pense que c'est dans un sursaut d'honneur que les militaires se sont décidés à intervenir. [...] Le général Diendéré a beaucoup de passif dans sa vie depuis trente ans. Il est au coeur de plusieurs crimes qui se sont passés dans ce pays. Mais les éléments qui le soutiennent aujourd'hui ont souvent moins de trente ans. Certains n'ont rien à voir avec ces événements là. Et nous tentons de leur expliquer qu'ils n'ont aucun intérêt à lier leur sort à celui du général. »

18h20 : Edition spéciale sur RFI. Selon nos envoyés spéciaux, « une partie de la hiérarchie militaire a décidé de créer ce mouvement, ce sont les chefs de corps des provinces. C'est une génération particulière de l'armée. Ce sont des gens qui appartiennent manifestement à la même promotion. Ils n'ont pas demandé l'aval du chef d'état-major, le général Zagré. Il n'a pas été informé de cette affaire, et le général a semblé par la suite vouloir se raccrocher au mouvement, et surtout, jouer les intermédiaires, pour éviter que le sang ne coule. »

« Le porte-parole de ces chefs de corps de l'armée nationale vient de publier un nouveau communiqué dans lequel il hausse un peu le ton, et affirme que les populations burkinabè ne seront pas déçues par le comportement de leur armée, qu'ils répondront à toutes leurs attentes. Il y a une sorte d'escalade verbale. »

18h10 : Edition spéciale sur RFI. Selon nos envoyés spéciaux à Ouagadougou, les militaires se sont décidés à bouger « en raison de la forte pression de la population.» Il y avait « un siège civil de l'armée » devant le camp Coulibaly, expliquent-ils. « Devant cette impasse et la prise de pouvoir du RSP, les citoyens burkinabè ont bien conscience qu'ils ont besoin de cette armée régulière pour renverser la vapeur. » « Les Ouagalais attendent de cette armée qu'elle désarme le RSP comme elle l'a annoncé. Les chefs de corps, c'est à dire les commnandants d'unités de région qui sont venus [...] avaient pour objectif de désarmer le RSP "de façon pacifique". »
 

Edition spéciale Burkina Faso 20h-21h 1ere partie
22-09-2015 - Par Nathalie Amar

18h00 : Le sommet de la Cédéao à Abuja vient de se terminer. Les conclusions ne sont pas encore connues.

16h45 : Par la voix de son commissaire Paix et sécurité, Smaïl Chergui, l'Union africaine fait savoir qu'elle conserve sa position ferme à l'égard des auteurs du coup d'Etat, quelle que soit l'issue du sommet d'Abuja. À savoir qu'il n'y a pas d'autres voies pour les putschistes que de se rendre sans conditions. « Nous espérons que ceux qui sont derrière ce coup, y compris le général Gilbert Diendéré, puissent se ressaisir et se soumettre.» Ils doivent selon lui « organiser leur reddition  dans des conditions dignes et indiscutables ». Smaïl Chergui rappelle également que le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA a demandé d'établir une liste de tous les putschistes, et que « s'ils ne répondent pas à l'appel du CPS, ils seront considérés comme des terroristes ». Enfin, le commissaire a tenu à saluer l'action du chef d'état-major burkinabè, le général Zagré, dans cette crise, après ses différents messages d'apaisement et sa volonté de tout faire pour éviter l'affrontement.

Je note avec grande satisfaction que le chef d'état-major veut également faire respecter la dignité des membres de la RSP, ainsi que de celle de leurs familles.
Entretien
22-09-2015 - Par Sonia Rolley

16h15 : Lors de son discours, Macky Sall est revenu sur le projet d'accord et a expliqué dans quel esprit la proposition d'amnistie des putschistes avait été élaborée, amnistie très critiquée et vue par beaucoup comme une prime au coup d'Etat. « On peut humainement comprendre et accepter les frustrations et les rancoeurs, a-t-il déclaré. Mais quand on est condamné à bâtir un destin commun, arrive un moment de l'histoire où il est tout aussi humainement nécessaire de pardonner et de se réconcilier. » Avant d'ajouter: « Il ne s'agit guère d'encourager l'impunité, mais de contribuer à l'apaisement des coeurs, de favoriser la concorde nationale et d'ouvrir la voie à une dynamique de paix durable. »

16h00 : Dans un discours prononcé en ouverture du sommet d'Abuja consacré à la crise burkinabè, le président de la Cédéao Macky Sall a appelé l'ensemble des intervenants à prendre leurs responsabilités. « J'alerte solennellement notre sommet sur la gravité de la situation au Burkina Faso. Il y a urgence à agir pendant qu'il est encore temps pour éviter l'impasse et le chaos. Je lance à nouveau un appel solennel à toute la classe politique, à toutes les forces vives du Burkina Faso, et au peuple burkinabè tout entier. Aux autorités civiles et militaires, aux forces armées de tous bords, d'être à l'écoute du sommet des chefs d'Etat de la Cédéao, avant toute action. Et d'attendre les décisions qui seront issues de notre sommet. Alors, que tous ceux qui attisent le feu et poussent au chaos arrêtent! Et que chacun fasse sont examen de conscience devant l'histoire. »

15h00 : La télévision burkinabè a cessé d'émettre depuis 13h33, heure locale. Après vérification auprès de la rédaction, les émissions ont été interrompues faute de techniciens pour relancer la programmation. Après des menaces proférées à l'encontre des employés, accusés d'être à la solde du général Diendéré, la direction générale a invité le personnel à ne pas venir travailler, pour éviter de prendre des risques. L'émetteur est en marche, mais seul le logo de la RTB s'affiche. La conférence de presse du général Diendéré donnée ce matin n'a d'ailleurs pas pu être diffusée.

14h10 : Interviewé par France 24, le chef de l’état-major, Pingrenoma Zagré, assure qu'il est en contact avec le général Diendéré et que son objectif est d'éviter tout affrontement.

14h00 : Le vice-président du CDP, le parti de Blaise Compaoré, Achille Tapsoba, a été brièvement arrêté ce matin avant d’être remis en liberté, selon un des responsables de son parti.

13h45 : Le chef des putschistes au Burkina Faso, le général Gilbert Diendéré, a déclaré mardi qu'il s'en remettrait aux conclusions de la médiation régionale qui doit se réunir à Abuja, au Nigeria, ce mardi. C'est là que se tient le sommet de la Cédéao, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest, qui discute du projet de sortie de crise trouvé ce week-end. Dans un entretien accordé à RFI, le général Diendéré réaffirme par ailleurs être « prêt à se défendre » en cas d'attaque de la part de l'armée loyaliste.

13h30 : Le département d’Etat américain alerte sur le risque que représente un voyage au Burkina Faso et recommande à ses ressortissants sur place de quitter le pays.

13h15 : Selon l'un de nos envoyés spéciaux au Burkina Faso pour RFI, le Premier ministre Zida ne va pas parler aujourd'hui contrairement à ce qu'il laissait entendre ce matin.

13h00 : Sur RFI, le général Diendéré évoque une possible amnistie pour les putschistes. Selon lui, elle lui aurait été proposée par les médiateurs de la Cédéao.

12h45 : Smockey du Balai citoyen sur l’antenne de RFI annonce la reddition d’éléments du RSP : « Le RSP est pris à la gorge et il ne peut pas gagner. Le peuple est avec l’armée régulière ».

12h40 : A Ouagadougou, plusieurs colonnes de militaires sont entrées dans la ville. Une colonne venue de Bobo-Dioulasso a pris position dans le camp Guillaume, un camp de l’armée de terre près de la place de l’Indépendance. La colonne venue de Fada N’Gourma est elle entré dans le camp Lamizana. Une stratégie de confinement qui peut surprendre, mais qui est le signe que les tractations se poursuivent en coulisse. Des tractations entre des officiers qui se connaissent bien puisqu’ils font souvent partie des mêmes promotions.

12h35 : Sur l’antenne de RFI, l’envoyé spécial au Burkina Faso, Frédéric Garat revient sur la conférence de presse donnée un peu plus tôt par le général Diendéré. Il explique qu’une demi-douzaine de journalistes ont été reçus dans une annexe du palais de Kossyam par le chef du RSP, qu’il se disait serein et prêt à faire le point.

12h30 : Edition spéciale Burkina Faso sur l'antenne de RFI.

Edition spéciale
22-09-2015 - Par Xavier Besson

12h20 : Chérif Sy, le président de l’Assemblée de transition, a pris un décret afin de dissoudre le RSP, le Régiment de sécurité présidentiel. Le texte indique que les officiers, les sous-officiers et les soldats du RSP sont mis à la disposition du chef d'état-major général des armées. Difficile de savoir quelle légalité et quel poids peut avoir un tel document.

12h10 : A Abuja, Guillaume Thibault, l’envoyé spécial de RFI lors de cette réunion de la Cédéao, évoque des visages graves, fermés. Avant la séance de travail à huis clos Macky Sall, le président sénégalais et président en exercice de l’organisation régionale, a évoqué le projet d’accord qui doit être discuté. Un projet issu de plusieurs journées de négociations avec les putschistes, mais qui est décrié au Burkina Faso.

12h05 : La situation est toujours plutôt calme à Ouagadougou où les activités n’ont pas repris. Il y a peu de gens dans les rues, peu de clients dans les quelques magasins qui ont levé leur rideau. Selon Yaya Boudani, notre correspondant sur place, les gens ont peur et redoutent des affrontements entre membres du RSP et militaire de l’armée régulière.

12h00 : Le correspondant de RFI à Ouagadougou revient sur la conférence de presse tenue par le général Diendéré, ce mardi. Le général évoque des discussions avec l’armée et un point d’achoppement : le désarmement. « En quoi va consister ce désarmement ? », se questionne le RSP.

11h55 : « Nous n'avons pas envie de nous battre mais nous nous défendrons éventuellement », a assuré le général Diendéré lors de sa conférence de presse.

11h50 : Près de deux heures après l’expiration de l’ultimatum des loyalistes, c’est toujours le statu quo à Ouagadougou.

11h30 : Selon Olivier Rogez de RFI, les militaires de Bobo-Dioulasso et de Fada N’gourma entrent à Ouagadougou.

11h25 : L’ambassade de France conseille toujours à ses ressortissants de ne pas sortir de chez eux. « Le confinement est maintenu », selon un message consulaire.

11h20 : En raison de la grève générale qui paralyse le pays, il n’y aucun vol ce mardi à l’arrivée ou au départ de l’aéroport de Ouagadougou.

11h10 : Le chef du RSP, le général Diendéré, évoque l’attaque d’une position du RSP, ce lundi. Il y aurait 1 mort et 1 blessé.

11h00 : Sur RFI, le général Diendéré dit vouloir éviter le bain de sang et attendre les résultats de la rencontre de la Cédéao à Abuja. Le chef des putschistes confirme que les discussions se poursuivent dans une caserne militaire pour trouver un accord avec les forces loyalistes, mais il prévient : « si nous sommes attaqués, il n’y a pas d’autre solution que de se défendre ».

10h45 : Selon La lettre du continent, près de 150 éléments du RSP arrivent dans des cars escortés par des blindés au camp Lamizana de Ouagadougou.

10h40 : Le général Diendéré s’est confié au Monde Afrique : « Nous allons trouver une solution entre frères d’armes ».

10h35 : Plusieurs témoignages venus de Ouagadougou parlent d’une ville désertée par la population restée majoritairement chez elle.

10h20: La société civile appelle les populations à rentrer chez elles.

10h05 : Selon Olivier Rogez, l’envoyé spécial de RFI sur place, plusieurs sources confient que des soldats loyalistes seraient entrés dans le camp Guillaume, un camp de l’armée dans la capitale. Plusieurs casernes de Ouagadougou auraient rejoint le camp des loyalistes. Une information qui n’est pas encore confirmée.

10h00 : Fin de l’ultimatum posé par les forces loyalistes aux membres du RSP.

09h50 : Alors que l’ultimatum des loyalistes arrive à expiration dans 10 minutes, sur les réseaux sociaux les appels à évacuer les rues de la capitale se multiplient.

09h45 : Dans une interview publiée sur le site Vice News, le général Diendéré se dit prêt à aller à l’affrontement.

09h30 : L’Union européenne demande aux putschistes de « déposer inconditionnellement leurs armes ».

09h10 : Sur RFI, Eddy Komboïgo, le président du CDP, le parti de l'ex-président Blaise Compaoré, dément catégoriquement avoir financé les putschistes comme cela se dit à Ouagadougou. Il se dit surtout ce matin très inquiet à la lumière des derniers événements et appelle tous les militaires à garder la raison : « Je demande à toute la population de rester calme et d’éviter la violence. Je demande à la communauté internationale et à la Cédéao de s’impliquer davantage pour que le Burkina Faso ne sombre pas dans le chaos ».

09h00 : C'est un face à face à distance pour le moment. Depuis hier soir, des unités loyales à la transition, venues de province, sont aux portes de Ouagadougou. Elles comptent désarmer les putschistes du RSP, majoritairement regroupés en centre-ville. Des tractations sont conduites par le chef d'état-major des armées pour éviter toute effusion de sang, mais le RSP ne semble pas disposé à se rendre.

08h45 : Pour l’instant, on ne sait donc pas qui dirige le Burkina Faso ce matin. La situation est extrêmement confuse. Il y a quelques heures de cela, le général Diendéré était toujours présent à Ouagadougou.

08h30 : Le sommet de la Cédéao prévu à Abuja, Nigeria, sur la crise burkinabè doit s’ouvrir dans une demi-heure.

08h10 : L’émission de Juan Gomez Appel sur l’actualité en direct sur RFI est consacrée en partie aux derniers évènements au Burkina Faso.

08h00 : Déclaration de Guy Hervé Kam, représentant de la société civile, sur la page Facebook du mouvement Balai citoyen suite à la libération du Premier ministre Zida et a l’ultimatum fixé aux putschistes par les forces loyalistes : « Ce matin nous disons merci à l'armée burkinabé et à tous qui se battent depuis hier pour désarmer sans une seule goûte de sang supplémentaire. Trop de gens sont déjà morts. Au moment où tous les otages y compris le premier ministre sont libres, nous devons rester mobiliser. C'est maintenant que nous devons parachever l'insurrection d'octobre. Pour l'inscrire en lettre d'or dans l'histoire de la lutte des peuples, veillons à ce que ça se termine dans le calme. Nous sommes tous gendarmes, protégeons les personnes et les biens privés ».

07h55 : L’intégralité de notre revue de presse quotidienne africaine est consacrée à l’évolution de la crise en cours au Faso. « Sur quels lendemains vont se réveiller les Burkinabè ? Plaise à Dieu que la sagesse puisse habiter ces militaires pour que les fusils restent en bandoulière afin de préserver le Faso d’une guerre civile dont on sait quand elle commence mais pas lorsqu’elle se termine », écrit notamment le quotidien ouagalais Aujourd’hui. Lire la revue de presse.

07h45 : Le chef du RSP, le général Diendéré, a déclaré à l’AFP être actuellement en discussion pour faire « partir l’armée » de Ouagadougou.

07h40 : Placées depuis mercredi en résidence surveillée, les deux têtes de la transition burkinabè sont désormais libres. Michel Kafando, le président, est depuis lundi à la résidence de France. Isaac Zidac, le Premier ministre, a pu regagner son domicile ce matin. Quant au président de l’Assemblée nationale de la transition Chérif Sy, il est depuis mercredi caché, mais il appelle régulièrement à la mobilisation.

07h35 : Les forces loyalistes encerclent la ville de Ouagadougou. Pour l’instant, les officiers loyalistes et les membres du RSP sont en pourparlers avec le chef d’état-major qui joue les intermédiaires.

07h30 : La vie est au ralenti à Ouagadougou où un appel à la grève générale a été lancé par les syndicats. La représentation française dans le pays annonce que les écoles françaises de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso seront fermées ce mardi.

07h25 : Plusieurs chefs d’Etat réagissent aux derniers évènements en cours à Ouagadougou. Les présidents nigérien et tchadien appellent les putschistes à baisser les armes. Et le président français leur lance un avertissement. En savoir plus.

07h09 : Selon radio Oméga, le général Diendéré serait retranché dans le palais de Kossyam avec plusieurs de ses hommes.

07h00 : En fin de matinée ce mardi, le président sénégalais Macky Sall présentera à ses pairs ouest-africains de la Cédéao, réunis en sommet extraordinaire à Abuja au Nigeria, sa proposition de sortie de crise en 13 points pour le Burkina Faso. Un texte controversé pour lequel Michel Kafando, le président de la transition au Burkina Faso, a dit ne pas avoir été consulté et n'avoir été mis au courant que lundi matin. Faux, rétorque aujourd'hui le ministre sénégalais des Affaires étrangères Mankeur Ndiaye. Il répond à Pierre Pinto. Ecouter l’entretien ici.

06h45 : Au Burkina Faso, les officiers loyalistes lancent un ultimatum aux putschistes leur demandant de déposer les armes avant 10h locales.

06h15 : Le Premier ministre de la transition burkinabè, Isaac Zida, a été libéré et a pu quitter le palais présidentiel de Ouagadougou pour rejoindre son domicile officiel. Le président du Conseil national de transition Chérif Sy l'a rencontré. Il assure à RFI que le Premier ministre va bien, et interprète cette libération comme un signe de détente de la part des putschistes du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) : « Nous avons échangé sur la situation et la suite à y donner. Il se porte bien et nous espérons que si les éléments du RSP ont pu le libérer, ils resteront dans la même disponibilité pour déposer leurs armes, afin qu’on évite une quelconque casse. Je pense que c’est un signe de détente qui devrait se poursuivre par le dépôt des armes. C’est déjà un grand pas ».

05h30 : Le chef d'état-major des armées conduit des négociations, au nom de l'armée régulière, avec les putschistes du Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Aucun affrontement n'a été signalé dans la nuit. Au contraire, pour la première fois depuis le coup d'Etat, la gendarmerie a pu patrouiller à Ouagadougou, signe que l'emprise du RSP sur la capitale est peut-être en train de se relâcher. Toutefois, les putschistes n'ont pas déposé les armes. C'est pourtant ce qu'avaient demandé, à la mi-journée, plusieurs chefs de corps d'armée alors que l'ensemble des forces armées convergeaient vers Ouagadougou pour « désarmer le RSP sans effusion de sang ».

01h00 : Des membres de l'armée du Burkina Faso sont entrés lundi soir dans la capitale, Ouagadougou, sans rencontrer de résistance de la part du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), auteur du coup d'Etat de mercredi dernier. En savoir plus.

00h15 : Le président burkinabè, Michel Kafando, est désormais à la résidence de l'ambassade de France car il se sentait menacé et a demandé son exfiltration précise une source diplomatique. Il a livré ses premiers mots publics à Christophe Boisbouvier sur RFI. Lire l'entretien.

23h45 : Les syndicats jouent un rôle important dans la mobilisation contre le coup d'Etat. Le Burkina Faso est actuellement paralysé par la grève générale. Bassolma Bazié, porte-parole du mouvement syndical du Burkina Faso, assure que le mot d'ordre de grève sera maintenu tant que le RSP n'aura pas lâché le pouvoir. « L’Union africaine a qualifié ceux qui ont perpétré ce coup d’Etat de " terroristes ". Nous, nous ne négocions pas avec des terroristes (...) Nous avons revendiqué la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle », a-t-il déclaré.