Un accord d’apaisement signé entre le RSP et les loyalistes au Burkina

Au palais du Mogho Naba (au centre en tenue civile), les loyalistes et un officier du RSP signent un accord d'apaisement dans mardi 22 septembre.
© RFI/Olivier Rogez

Au palais du Mogho Naba, roi des Mossis, les loyalistes et un officier du RSP ont signé un accord d’apaisement dans la nuit de mardi à mercredi. Le RSP accepte d'être cantonné dans sa caserne et les loyalistes de reculer de 50 km autour de la capitale. Les loyalistes n'ont néanmoins pas obtenu le désarmement du RSP comme ils le souhaitaient. Un peu plus tôt dans la soirée, le général Diendéré assurait que Michel Kafando serait « remis en selle » dès mercredi.

Un accord a été signé vers 22 h à Ouagadougou entre les forces loyalistes et les putschistes du Régiment de sécurité présidentielle. C'est un accord d'apaisement qui prévoit que le RSP du général Diendéré restera cantonné dans sa caserne tandis que les forces loyalistes reculeront d'une cinquantaine de kilomètres de la capitale. Les hommes du RSP abandonneront tous les postes de contrôle qu’ils détiennent en ville. Le document ne fait pas cas du désarmement, mais il précise que le point sur le matériel sera fait au moins 72 heures après le cantonnement. Les forces loyalistes souhaitaient désarmer le RSP, mais devront se contenter de cela. Un autre point de l’accord s’engage à veiller à la sécurité des hommes du général Gilbert Diendéré et leurs familles.

Cet accord permet d'éviter l'affrontement, alors que les chefs d'Etat de la Cédéao sont attendus ce mercredi matin dans la capitale burkinabè pour une deuxième mission de médiation. Le texte a été paraphé solennellement devant le Mogho Naba, roi des Mossis et autorité morale au Burkina Faso. Il a été signé par le commandant Abdoulaziz Korogho, chef de corps par intérim du RSP, et quatre officiers envoyés par l'état-major. Les négociations avaient tout pour réussir en théorie, car les deux parties se connaissent bien. Certains des chefs de corps loyalistes qui avaient pris l’initiative de cette marche sur Ouagadougou sont de la même promotion que ceux du RSP.

Faire la paix devant la plus haute autorité morale

Un peu plus tôt dans la soirée de mardi, le général putschiste Gilbert Diendéré avait affirmé que le président de la transition Michel Kafando serait « remis en selle » dès mercredi. « Kafando, c'est déjà acté, avait-il déclaré. Les chefs d'Etat [de la Cédéao] arrivent demain pour le remettre en selle. Théoriquement, c'est moi qui vais les accueillir demain, et Kafando les raccompagnera après. » C'est après cela, vers 21 h, que le Mogho Naba a reçu en son palais désert et sombre une petite délégation de militaires. Les cinq hommes en kaki écouteront religieusement le roi des Mossis prôner la paix et la réconciliation. Faire la paix devant lui permet ainsi de donner davantage de poids à ce geste.

Cet accord marque un pas important vers l’apaisement. Mais on est loin des revendications formulées il y a 48 heures par les loyalistes. Le texte succède à une guerre de déclarations musclées qui avait fait monter la tension mardi à Ouagadougou. Dans la nuit de lundi à mardi ainsi que mardi matin, les colonnes militaires en provenance de garnisons de provinces s'étaient positionnées dans Ouagadougou et notamment dans des casernes du centre-ville. Des positionnements qui n’ont donné lieu à aucun affrontement direct, mais selon le général Diendéré lui-même, des tirs d’assaillants non identifiés ont tout de même fait un mort et un blessé dans ses rangs.

Dans la matinée de mardi, le général Diendéré recevait la presse au palais présidentiel de Kossyam pour expliquer qu’il ne souhaitait pas que le sang burkinabè coule, qu’il ne comptait pas attaquer, mais qu’il se défendrait en cas d’attaque. Gilbert Diendéré avait également indiqué que le dialogue se poursuivait avec ses adversaires militaires sur certains points litigieux comme le désarmement du RSP ou bien l’impunité. Dans l’après-midi, des mouvements de troupes ont eu lieu à Ouagadougou, notamment du RSP qui a conforté ses positions, notamment dans la zone Ouaga 2000, c’est-à-dire près du palais de Kossyam et de l’hôtel Laico où doit se réunir mercredi la délégation de la Cédéao.