Ce que l'on sait de l'attentat à l’hôtel Radisson de Bamako

Evacuation des victimes de l'hôtel Radisson Blu, à Bamako, après l'attentat jihadiste, le 20 novembre 2015.
© AFP/ HABIBOU KOUYATE

La capitale du Mali, Bamako, a été secouée vendredi 20 novembre par une prise d'otages, menée par de présumés jihadistes à l’hôtel Radisson Blu. On déplore au moins 21 morts, selon le président malien IBK. Pourtant, en juin dernier, un accord de paix avait été signé entre le gouvernement et certains groupes rebelles. Malgré cet accord, la violence se poursuit.

Plus de neuf heures d'angoisse ce 20 novembre à Bamako. L'attaque a commencé à 7h du matin et s'est achevée à 16h, suite à l'intervention des forces de sécurité maliennes. Les opérations de sécurisation se sont poursuivies jusque tard dans la soirée.

Deux des assaillants sont morts, l’un d’entre eux s’étant fait exploser. Mais le flou règne encore sur le nombre total d'assaillants. Les forces maliennes ont été aidées par des militaires étrangers présents au Mali en raison de la crise qui touche le pays depuis 2012.

Le véhicule des assaillants muni d'une plaque diplomatique

L'attaque s’est déroulée dans un hôtel de luxe, le Radisson Blu. Des hommes armés, arrivés dans un véhicule porteur d'une plaque diplomatique, prennent d'abord d'assaut l'hôtel, avant de prendre en otages les occupants de l'établissement.

A l'intérieur, 170 clients de l’hôtel de 14 nationalités différentes. Ce lieu a l'habitude d'accueillir des étrangers et d'héberger des conférences internationales. Si plusieurs dizaines d'occupants ont pu sortir dès les premières minutes, d'autres ont attendu quatre heures dans leur chambre avant de retrouver la liberté avec l'arrivée des forces spéciales. 

Au moins 21 morts

Les hommes armés se sont concentrés au « 7e étage et ont tiré dans les couloirs », raconte une source sécuritaire. Puis, au fil de la journée, les clients ont été évacués par petits groupes par les forces de sécurité.

L'opération a pris fin au bout de sept heures. Au total, 21 personnes ont trouvé la mort dans l'attentat, sept autres ont été blessées, selon le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, qui s'exprimait dans la nuit de vendredi à samedi à la télévision d'Etat. Plus tôt, un bilan des forces de sécurité faisait état de 27 morts.

Parmi les victimes figurent deux Belge, un haut fonctionnaire de l'Organisation internationale de la Francophonie et un autre dont l'identité n'a pas été divulguée, trois ressortissants chinois, six Russes et un Américain. On ne connaît pas encore l'identité des autres personnes décédées. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian a indiqué qu'aucune victime française n'était à déplorer.

Revendication encore à confirmer

En fin d'après-midi, selon un document sonore diffusé en soirée par la chaîne qatarie al-Jazeera, le groupe de Moktar Belmoktar, al-Mourabitoune, a revendiqué la prise d'otages. Ce groupe, affilié à al-Qaïda, « est sans doute à l'origine » de l'attaque, a déclaré Jean-Yves Le Drian dans la soirée. Cette revendication est en cours d'authentification.

Réactions rapides des forces de sécurité

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, était au Tchad au moment de la prise d'otages. Il participait au sommet du G5 Sahel sur la sécurité. Il a aussitôt interrompu son séjour. Le président malien a salué « le professionnalisme des forces de défense et de sécurité du Mali ». Il a aussi remercié les pays étrangers qui ont aidé les forces de sécurité maliennes. Au moment d'ouvrir le sommet, l'hôte tchadien Idriss Déby est revenu sur l'attaque de Bamako et a condamné « de la manière la plus ferme cet acte barbare qui n’a aucun lien avec la religion ».

A Paris, François Hollande a promis quelques heures après la prise d'otages le soutien de la France et a affirmé que Paris était « disponible » auprès de l'« ami malien » auquel il a renouvelé « toute [sa] solidarité et tout [son] soutien ». « Nous devons encore une fois tenir bon » face à « cette présence barbare », a déclaré le président. Aux ressortissants français au Mali, il a recommandé de contacter « l'ambassade de France pour être protégés » et de « prendre toutes les précautions ».

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a de son côté condamné dans la soirée une « attaque terroriste odieuse ». Vendredi soir, la Maison Blanche a pour sa part condamné avec « la plus grande force » l'attaque terroriste perpétrée contre l'hôtel de Bamako.