Attaque du Radisson à Bamako: trois suspects activement recherchés

Patrouille de militaires maliens non loin de l'hôtel Radisson, le 20 novembre.
© REUTERS/Joe Penney

Les forces de sécurité maliennes recherchent trois suspects susceptibles d'être impliqués dans l'assaut de vendredi contre l'hôtel Radisson Blu. Par ailleurs, on parle désormais de deux assaillants et non de trois ou quatre. Le chef de l'Etat malien, Ibrahim Boubacar Keïta, s'est rendu au chevet des blessés, à l'hôpital Gabriel Touré.

Les autorités maliennes mènent une enquête pour comprendre, comment les assaillants, officiellement au nombre de deux tués lors de l'assaut, ont pu perpétrer cette attaque au cœur de la capitale malienne. Pour le moment, plusieurs pistes s'offrent aux enquêteurs. L’une d’entre elles concerne trois suspects.

Trois personnes soupçonnées d’être impliquées dans cette attaque meurtrière de vendredi sont actuellement activement recherchées. Et c’est la vidéo de surveillance de l’hôtel Radisson Blu qui a parlé. La veille de l’attaque, ces personnes auraient été aperçues à l’intérieur de l’hôtel. Mais qui étaient ces personnes ? Etaient-elles en repérage ? Est-ce que ce sont des complices ? Les enquêteurs cherchent à savoir.

Un procureur malien a le dossier en main et il a commencé par travailler avec toute son équipe. On parle désormais de deux assaillants et non de trois ou quatre. Les deux assaillants sont des jeunes. RFI a parlé à un témoin direct qui les a vus à l’hôtel. Ils avaient la peau noire et ils parlaient anglais. Ils sont venus armés de grenades et d’armes automatiques à l’intérieur de l’hôtel.

L’autre information concerne les services maliens. Ces derniers travaillent avec leurs collègues de la sous-région, notamment des Nigérians. Il s’agit de savoir rapidement si ces deux jihadistes sont connus, par exemple des services nigérians, s’ils sont originaires du Nigeria et si on a des informations sur la filière qui les a conduit ici.

Bamako reprend peu à peu son activité

Micro-trottoir à Bamako
21-11-2015 - Par Serge Daniel

La capitale malienne s'est réveillée, ce samedi matin, dans une ambiance encore tendue après avoir vécu, la veille, au rythme de l'attaque et de la prise d'otage de l'hôtel du Radisson Blu. Peu à peu, la vie a repris son cours et la ville son activité. Au centre de Bamako, quartier du Fleuve ou bien au marché Dibida, les commerces ont rouvert. Les vendeurs de rue sont bien présents. Ce sont en revanche les clients - et notamment les clients occidentaux - qui sont un peu moins présents en ville.

Ibrahim, vendeur de manuels scolaires, rencontré ce samedi matin au marché Dibida, est assez pessimiste sur son activité dans les jours, voire dans les semaines à venir.

Mohamed, vendeur de pneus, lui aussi à Dibida, note que ses habituels clients qui sont des Chinois, des Russes ou bien des Français, ne sont pas au rendez-vous, ce matin, comme c’est le cas d’habitude, « sans doute par peur », estime-t-il. Pourtant, il faut noter que les forces de sécurité sont bel et bien présentes et visibles un peu partout en ville, dans la capitale malienne, un peu à l’image de l’hôpital central – l’hôpital Gabriel Touré - où s’est rendu le chef de l’Etat malien, Ibrahim Boubacar Keïta.

Le chef de l’Etat malien au chevet des blessés

[Leur état est] plutôt bon.
Ibrahim Boubacar Keïta
21-11-2015 - Par Frédéric Garat

La presse et le personnel hospitalier ont reçu, en début d’après-midi, la visite du président malien qui s'est rendu, auparavant, à l’hôtel Radisson Blu pour constater l’étendue des dégâts de la prise d’otages de vendredi.

A l’hôpital Gabriel Touré, Ibrahim Boubacar Keïta a visité les blessés qui sont au nombre de sept. Trois policiers, trois vigiles et une serveuse dont l'état n'inspire pas d'inquiétude, selon le directeur de l'hôpital, Kassoum Sanogo, contacté par RFI.

Le président malien a souhaité venir les réconforter et les rassurer sur les soins qui leur seront prodigués.

Le dernier bilan de l'attaque contre le Radisson Blu est de 22 morts, selon la Minusma, dont les deux assaillants. Parmi les victimes, il y a au moins 13 étrangers : six Russes, trois Chinois, deux Belges, une Américaine et un Sénégalais.

Edition spéciale - Attaque terroriste à Bamako - 6h TU à 7h TU - 21/11/15
21-11-2015