Inde: une base militaire attaquée près de la frontière pakistanaise

Policier en faction près de la base militaire de l'armée de l'air indienne à Pathankot, dans le Pendjab, près de la frontière pakistanaise: la base a été attaquée ce samedi 2 janvier 2016 (capture vidéo).
© REUTERS/ANI

Une base militaire indienne située à la frontière pakistanaise dans la région du Penjab a été attaquée dans la nuit de vendredi à samedi par un commando, faisant deux morts parmi le personnel de sécurité. Cet assaut est perçu comme une tentative de mettre à mal la volonté de rapprochement entre les Premiers ministres indien et pakistanais.

Avec notre correspondant à New Delhi, Antoine Guinard

Il a fallu attendre le milieu de l'après-midi pour que les forces de sécurité mettent fin à l'assaut dans la base de Pathankot. Après une accalmie vers 8h du matin, de nouveaux coups de feu ont retenti à la mi-journée, indiquant que les assaillants n'étaient pas encore neutralisés.

Quatre d'entre eux ont été abattus, tôt samedi matin, après qu'ils ont pénétré dans l'enceinte de cette importante base de l'armée de l'air. Mais un ou plusieurs autres complices sont soupçonnés d'avoir pris la fuite, selon la presse indienne. Des hélicoptères militaires ont été déployés pour les traquer.

Les services de renseignement affirment avoir eu vent d'une possible attaque terroriste contre des installations militaires aux alentours du Nouvel An. Cet attentat, soupçonné d'avoir été orchestré par un groupe terroriste pakistanais, survient 5 mois après une attaque similaire qui avait fait 10 morts dans une ville située à quelques kilomètres au Sud

Rapprochement indo-pakistanais

L'assaut de samedi survient une semaine après la visite-surprise du Premier ministre indien, Narendra Modi, au Pakistan. Est-ce une réaction à cette visite, dans le but faire de faire dérailler le dialogue indo-pakistanais ? C'est l'hypothèse la plus plausible, d'autant que cette stratégie n'est pas nouvelle. Le processus de paix indo-pakistanais a déjà été interrompu à plusieurs reprises par des attentats terroristes sur le territoire indien par le passé, ou par des échanges de tirs entre les deux armées à la frontière.

La visite de M. Modi à Lahore au Pakistan la semaine dernière était la première depuis 2004 pour un chef d'Etat indien. Le Premier ministre indien et son homologue Pakistanais Nawaz Sharif se sont rencontrés plusieurs fois ces deux dernières années en marge de sommets internationaux, démontrant ainsi leur volonté de tisser des liens solides. Assez solides, estiment les experts, pour ne pas être mis à mal par l'attaque de samedi à Pathankot.
 

Le Pakistan se dit prêt à collaborer avec l'Inde pour éradiquer le terrorisme

Avec notre correspondant à Islamabad, Michel Picard

Les assaillants, lourdement armés, en tenue militaire indienne, avaient volé une voiture de police pour approcher la base aérienne. C'est la signature tactique, selon le chef de la police du Pendjab indien, d'un groupe terroriste établi au Pakistan voisin.
Et le vice-ministre indien de la province de renchérir : il s'agit d'une attaque directe du Pakistan sur le sol indien.

Pourtant, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a été prompt à réagir en condamnant l'attaque et en présentant ses condoléances au peuple indien. Islamabad s'est dit déterminé à collaborer avec l'Inde pour éradiquer la menace terroriste.

La base militaire, située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière pakistanaise, est aux portes de la région du Cachemire, territoire revendiqué par les deux pays depuis 70 ans.

En coulisse, on reconnaît que la récente visite du Premier ministre indien et l'annonce d'une reprise rapide de négociations au plus haut niveau entre les deux pays ont ravivé la crainte de voir des groupes terroristes passer à l'acte pour attiser les tensions sur cette très sensible frontière qui sera l'un des points clefs des futures négociations.

Cette nouvelle attaque d'un site militaire indien ne devrait pas affecter les relations entre l'Inde et le Pakistan (capture vidéo). © Reuters