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Afrique

France Mali médias RFI

RFI en deuil rend hommage à Ghislaine Dupont et Claude Verlon

media Claude Verlon (accroupi) avec Ghislaine Dupont (à droite) au Mali, en juillet dernier. RFI

Ghislaine Dupont et Claude Verlon faisaient partie d’une famille, celle de Radio France Internationale qu’ils avaient tous les deux rejoint dans les années 1980. Une famille aujourd’hui en deuil après leurs assassinats au Mali, le 2 novembre 2013, et qui souhaite leurs rendre hommage en publiant une série de témoignages de leurs collègues et amis.

Marie-Christine Saragosse, la PDG de France Médias Monde, groupe auquel appartient RFI, s'est dite partagée entre la tristesse et la colère. Elle a rappelé que la liberté d'informer restait encore une véritable conquête.

Je ne sais pas si c'est la tristesse qui l'emporte ou l'indignation et la colère. (...) Là, ils étaient en train de faire comme toujours un travail de fond sur le Mali, à 15 jours des élections législatives. On voulait donner la parole à tous les Maliens dans un élan de réconciliation. (...) On a peut-être tendance ici à penser que la liberté d'informer, c'est un acquis. Nous, nous savons, sur le terrain, que dans bien des endroits, c'est une conquête et qu'elle est parfois en train de régresser.
Marie-Christine Saragosse PDG de France Médias Monde 02/11/2013 - par RFI écouter

Cécile Mégie, directrice de RFI, a également fait part de sa tristesse alors que la radio est une nouvelle fois éprouvée par la disparition de deux envoyés spéciaux.

L’ensemble de la rédaction de RFI, (...) et toute une profession, aussi. Tous ceux qui travaillent à informer, qui est atteinte, qui est atterrée, en colère. Le Mali devait accueillir une partie d’émissions de RFI, jeudi prochain à Bamako. Nous avions décidé d’aller au plus près de nos auditeurs maliens (...) Nous annulons, bien entendu cette opération. (...)La rédaction de RFI pense aux familles de Ghislaine et de Claude.
Cécile Mégie Directrice de RFI 03/11/2013 - par RFI écouter

Olivier Rogez, journaliste au service Afrique
J’avais de l’admiration pour Ghislaine Dupont. J’avais beaucoup d’affection pour Ghislaine Dupont. Ghislaine et moi étions amis, Ghislaine et moi étions collègues, nous nous connaissions depuis fort longtemps. Déjà, elle était venue me voir à Moscou quand j’étais correspondant là-bas. On ne se connaissait pas et l’on a appris à se connaître. On a fait la fête à Moscou, on a bu de la vodka, on a roulé dans les rues de Moscou la nuit, sous la neige et on est devenu copains. Et puis après, on est devenus amis, vraiment une amitié sincère, une amitié profonde. J’admirais Ghislaine, j’admirais son talent, j’admirais son courage, sa pugnacité, sa capacité d’analyse. Ghislaine était très forte, très intelligente. Ghislaine avait de multiples talents : le talent de comprendre ce qui se cachait sous les pierres, de comprendre ce qui se cachait derrière les arbres, de comprendre ce qui était enfoui avant tout le monde et de bien analyser les choses, de bien les comprendre. Cela lui donnait toujours un temps d’avance sur les autres journalistes, cela lui donnait une grande capacité de compréhension du monde.

C’était aussi une personne formidable, une personne humaine qui aimait sincèrement, profondément les gens qu’elle croisait et les gens qu’elle côtoyait. Ghislaine était quelqu’un de profondément humain, c’était aussi une personne très drôle, une personne avec qui on rigolait. Elle avait beaucoup d’humour, elle avait le sens de la répartie. Elle ne se laissait jamais démonter, elle adorait faire des blagues et elle adorait qu’on la charrie. Elle adorait que l’on se moque d’elle, car elle avait un sens de la repartie supérieur à beaucoup d’autres, ce qui fait que quand on marquait un but, elle contre-attaquait très vite et elle en marquait deux dans le même mouvement. Donc on passait des journées parfois, ou des après-midi, à rigoler de bureau en bureau avec Ghislaine Dupont. Elle avait aussi une façon de travailler qui était tellement pugnace, tellement tenace. Elle ne lâchait rien, elle ne lâchait pas une info, elle était absolument incroyable. Elle était une journaliste d’investigation, une journaliste d’analyse, une journaliste de terrain. C’était l’un des meilleurs exemples que nous ayons eus à RFI. Ghislaine, tu vas nous manquer, tu vas me manquer.

Kamanda wa Kamanda, correspondant à Kinshasa, RDC
Ce que je retiens d’elle, c’est que c’était une journaliste complète. Elle vérifiait ses informations jusqu’au moindre détail pour que rien, rien, rien ne manque. Elle a été rigoureuse même avec moi, elle à Paris, moi à Kinshasa quand elle s’occupait du dossier Zaïre puis RDC. Les mots me manquent pour dire exactement ce qu’elle a été. C’était une sœur. Je me rappelle quand elle a eu des problèmes à Kinshasa et qu’il fallait qu’elle parte lors des élections en 2006. J’étais avec elle chaque jour, et le jour de la séparation, j’ai versé des larmes parce que ce qui existait entre elle et moi, ce n’était plus une simple relation professionnelle. Pendant toute cette période où elle ne pouvait plus couvrir les élections, j’ai vu combien elle était courageuse et tenace. Elle avait foi en la RDC. C’est quelqu’un qui aimait le Congo et qui compatissait avec les femmes, surtout celles de l’Est, qui sont victimes de tout ce que l’on sait.

Claude Verlon (d) et Olivier Roux (g), deux techniciens de reportage en pleine action, au sommet Afrique-France de Bamako, le 1er décembre 2005. Christophe Champin/RFI

Olivier Roux, technicien de reportage
C'était mon ami. Claude Verlon était généreux et toujours volontaire pour toutes les missions. Partout où était l’actualité, Claude voulait y aller. Je suis atterré par ce que je viens d'apprendre. C'est très difficile et je pense beaucoup à Ghislaine. J'ai été les chercher tous les deux à l'aéroport au mois de juillet, lorsqu'ils sont rentrés de Kidal. Ils étaient contents d'y retourner pour faire leur travail, leur « job » comme ils disaient. C’est une nouvelle terrible.

Nicolas Champeaux, journaliste au service Afrique
Claude Verlon aimait l'action. Les défis ne l'effrayaient pas, au contraire il en raffolait. A Addis-Abeba, lors d'un sommet de l'Union africaine en janvier, nous étions à dix minutes d'un long questions-réponses en direct de Christophe Boisbouvier. Mais il fallait d'abord rentrer dans le complexe, la cérémonie d'ouverture allait commencer, les chefs d'Etat étaient déjà rentrés, et des dizaines de délégués faisaient la queue dehors pour le contrôle de sécurité. Claude Verlon, ses valises satellites sur le dos, et son nagra Ares-c en bandoulière, est passé devant tout le monde, il a foncé sur la pelouse, a établi la liaison avec Paris, et Christophe a pu faire son direct avec une excellente qualité de transmission.

C'était ça Claude. Il aimait les directs compliqués. Les antennes spéciales aussi. Il racontait avec fierté les bâches qu'il avait tendues et le système complexe qu'il avait inventé pour les émissions spéciales en direct d'un toit d'Abidjan pour la présidentielle de 2010 en Côte d'ivoire. En Libye aussi, lors d'une immense manifestation contre Kadhafi à Benghazi, en juin 2011, il avait déployé son antenne au plus près de la manifestation, pour que l'on entende mieux l'ambiance et les slogans à l'antenne. Une voiture dont la sirène émettait un bruit effroyable s'est mise à faire des rondes tout près de nous à deux minutes du direct. Claude s'est levé pour parlementer avec le conducteur, et nous avons pu faire des directs dans de très bonnes conditions. Quand un direct avait marché, il jubilait, faisait des bonds, nous tapait dans la main, et disait « ouatcha RFI RFI ». Il adorait notre radio, il était fan du terrain, il avait toujours le teint hâlé, car il rentrait toujours de mission.

Guillaume Naudin, journaliste service économie
En 2002, pour la première fois, une radio avait acheté les droits de diffusion exclusifs pour la France de la Coupe du monde de foot au Japon et en Corée. Comme elle ne diffusait les matches que sur l'Afrique, RFI était passée entre les gouttes. Vous ne le savez peut-être pas les confrères des autres radios, mais du fin fond de ses 5 m2 sur-climatisés et sans fenêtre au broadcast center, Claude Verlon, dit Verón, rebalançait tous nos sons aux autres radios françaises publiques et privées.

Christophe Jousset, journaliste au service des sports

Je l'appelais Veron. Parce que quand Verlon et moi on s'est connus, Veron (le footballeur argentin Juan Sebastián Verón, NDLR)  jouait en Italie. Et pour Claude, le foot italien, c'était tout. Un vrai inconditionnel du foot italien. Il entrait dans le service des sports en criant « Squaaadra Azzzzurrrra !!! ». En 2001, on avait couvert ensemble le Tour du Faso. A chaque fin d'étape, à Ouahigouya, à Bobo-Dioulasso, à Ouagadougou, il trouvait le meilleur endroit pour déployer la valise-satellite qui allait permettre d'envoyer le papier résumé à Paris. Quelquefois, c'était sur un toit... Parfois, au milieu des spectateurs...

Denis Chastel, chef de l'équipe des techniciens de reportages
Ce soir, je pleure Ghislaine et Claude. Claude était pour moi plus qu’un collègue, plus qu’un ami et même plus qu’un frère. Il faisait partie de ces quelques personnes qui ont marqué ma vie. Peu de temps avant le drame, ce midi, je lui parlais au téléphone, avec cette complicité que nous avions depuis plus de trente ans…Claude aimait passionnément son métier et l’Afrique. Il n’aurait pas été envisageable pour lui de ne pas partir sur cette mission. Cet été, il avait même renoncé au Tour de France pour couvrir les élections maliennes à Kidal, déjà avec Ghislaine. Il adorait le Sahel, cette région que nous avons parcourue si souvent ensemble. J’espère que l’on connaîtra rapidement les circonstances de ce drame et que France Médias Monde fera tout pour savoir ce qui s’est passé exactement. Claude était un homme bon. Je suis effondré et pense beaucoup à Apolline.

Christophe Champin, responsable de la rédaction Nouveaux médias
Lorsque j’ai fait mes premiers pas à RFI au début des années 90, Ghislaine était déjà un pilier de la rédaction Afrique, une forte personnalité, passionnée par son métier, passionnée par l’Afrique…Vingt ans plus tard, elle avait toujours ce même attachement au terrain, cette envie de repartir sur la route, comme au premier jour. C’est ainsi qu’elle avait, une fois encore, repris sans hésiter son Nagra pour aller à Kidal, l’une des villes les plus dangereuses du Mali. A ses côtés, il y avait Claude. Lui aussi, malgré les années, ne s’était pas lassé de partir aux côtés des journalistes, quelle que soit la destination, pour mettre en musique avec grand talent leurs reportages. Un type entier, chaleureux, très attachant, même pour ceux qui, comme moi, n’étaient pas ses intimes. Et puis ce samedi la nouvelle est tombée, brutale. Claude et Gigi sont venus allonger la liste trop longue de nos collègues et amis tués en ne faisant que leur métier. Aucun de nous ne pourra les oublier.

Daniel Desesquelle, journaliste, producteur de Carrefour de l'Europe
Avec l'assassinat de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, c'est un nouveau cauchemar qui s'abat sur RFI. Douze ans après la mort de Johanne Sutton en Afghanistan et celle de Jean Hélène, il y a 10 ans en Côte d'Ivoire. Ghislaine a parcouru l'Afrique pendant 20 ans, elle aimait le Continent, elle le connaissait bien. Elle aimait les africains aussi. Elle était du genre tenace. Elle a par exemple été expulsée de RDC...Claude était un technicien de reportage selon la terminologie de RFI. Irak, Libye, Afghanistan, l'Afrique en tous sens, ailleurs, partout, le Monde était sa patrie.C'est Claude qui avait assuré la technique de Carrefour de l'Europe en direct de Berlin le soir des élections le 22 septembre dernier. Il vont me/nous manquer.

L'hommage de Cyril Bensimon, journaliste au quotidien le Monde et ancien grand reporter à RFI.
« Ghislaine Dupont était une journaliste passionnée, sans concession, têtue, capable de sacrifier une bonne partie de ses soirées pour offrir aux auditeurs des informations qu'ils ne trouvaient nulle part ailleurs.» Lire l'article

Claire Hédon, journaliste, productrice de Priorité santé
Je suis plusieurs fois partie en reportage avec Claude : Rwanda, Israël, Gaza, Goma.... C'était un plaisir de travailler avec lui. Pro, bosseur, avec beaucoup d'humour. Je me souviens d'un reportage à Goma sur la prise en charge des femmes victimes de viols, Claude m'avait dit à la fin : « On vient d'entendre trop d'horreurs ». Aujourd'hui aussi un sentiment de quelque chose de trop horrible.

Laurie Fachaux, journaliste, correspondante au Chili
Bonjour,
j'écris ces quelques lignes pour manifester tout mon soutien à RFI, et aux familles de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.
J'ai connu Ghislaine au service Afrique où j'ai réalisé mon stage en 2008, encore étudiante à l'ESJ. J'avais été impressionnée par sa tranquillité juste avant les directs. Je m'étais dit : « Waow ! C'est ça être une bonne journaliste : maîtriser son sujet, garder son calme, et ne pas se démonter même en cas de rush ».
Je suis choquée par cette nouvelle, et ne comprends pas comment une telle barbarie peut avoir lieu. Qu'apportent ces deux morts tragiques aux assassins ?

Stéphanie Braquehais, journaliste, correspondante au Kenya
Ma chère Ghislaine,
je me souviens de ton sourire quand je passais vous voir au service Afrique, on passait du temps à discuter, toujours de boulot, mais toujours en se marrant. Quand j'ai commencé il y a onze ans à RFI, je te voyais tout le temps pendue au téléphone, rester au bureau super tard, et tu m'impressionnais par le boulot que tu abattais et cette attitude de non compromis que tu affichais en permanence, parce que c'était tellement ancré en toi. Je me souviens que je te demandais timidement des conseils, qu'une fois, tu étais venue me féliciter sur une interview et pour moi c'était la consécration que cela vienne de toi.
Ma chère Ghislaine, pour moi tu incarnais RFI, tu en étais un des symboles, et te perdre, c'est perdre un gros morceau de l'âme de cette radio, un modèle de journalisme aussi. Le fait d'être loin est terrible car là en ce moment, je voudrais être avec tous les autres pour te pleurer, à Paris.
Gigi, tu vas tellement nous manquer, que je n'arrive pas encore à croire à la réalité de ce qui s'est passé.
Nous t'aimons fort.

Cher Claude,
On s'est rencontrés aux sommets de l'Union africaine avec Boibsbou. Ta discrétion, ton humour, faisait de toi un partenaire de boulot idéal. On a rigolé dans les couloirs je me souviens de toi en train de gueuler parce qu'ils avaient fermé les portes, et puis d'un seul coup je t'ai vu de l'autre côté, t'avais réussi à entrer par magie. Tu parvenais toujours à tes fins et tu ne te laissais jamais décourager. Claude, tu vas nous manquer terriblement.

François-Xavier Freland, journaliste à RFI
Chères consœurs, Chers confrères et amis,
Je partage votre douleur, et celle bien-sûr des proches de Ghislaine Dupont et Claude Verlon et vous prie d'agréer mes plus sincères condoléances.
Très confraternellement

Médard Chablaoui, journaliste-technicien de reportage à RFI
Très chers collègues, amis, ma famille, merci beaucoup de vos témoignages, de vos soutiens. Je pleure Ghislaine et Claude.
Claude, mon dilivio, mon ami, mon collègue mon frère depuis plus de 30 ans qu'on se connaît, qu’on travaille ensemble …je suis sans voix, la tristesse m’est insupportable, une grande perte. Je suis en deuil, nous sommes en deuil.

Francis Kpatindé - Collaborateur de la rédaction internet de RFI
Chers amis et confrères,
permettez-moi, depuis Madagascar, où j'ai appris la terrible nouvelle de l'exécution de Ghislaine et de Claude, de m'associer à votre peine et à votre colère. Inutile de vous dire que, depuis hier, je suis sans voix !
J'ai appris à connaître Ghislaine après notre première rencontre en 1991 à Cotonou, au Bénin. J'étais alors en reportage pour Jeune Afrique. Elle, envoyée spéciale de RFI. Nous avions fait le déplacement pour assister à l'investiture du président nouvellement élu Nicéphore Soglo, frappé d'une mystérieuse maladie, évacué sur Paris, ramené sur une civière de l'hôpital militaire parisien du Val de Grâce pour la circonstance à bord d'un avion médical français pour éviter au Bénin de connaître un vide constitutionnel.
Ghislaine, je m'en souviens, était vêtue ce jour-là d'un ensemble deux-pièces béninois en tissu Wax. Nous avions fait pour l'occasion des photos que j'ai retrouvées dans mes archives et partagées vingt ans plus tard avec elle. A la vue des photos, nous avons tous les deux éclaté de rire et conclu qu'on avait gagné, depuis, quelques rides.[...]
Après, nos chemins se sont souvent croisés, en reportage en Afrique, mais aussi à Paris. Avec son timbre de voix à nul autre pareil, Ghislaine était une bosseuse, une professionnelle canal historique, tatillonne jusqu'à l'obstination pour ce qui concerne la vérification des faits. Elle se méfiait des informations et analyses fournies clés en main et des idées reçues, avec ce que cela suppose d'entêtement, voire d'agressivité. Elle avait l'air toujours pressée, semblait ne pas connaître, comme beaucoup d'entre nous, la peur physique.
Il nous est arrivé de déjeuner dans un restaurant du quartier des Halles, au coeur de Paris. Elle me téléphonait parfois pour un échange de tuyaux ou pour confronter l'analyse. Elle écoutait, mais prenait toujours soin au finish de conserver son autonomie de pensée, comme si elle craignait de se faire manipuler. Une réaction qui honore la professionnelle qu'elle était.
Notre dernière rencontre remonte à la mi-octobre, à la veille de mon départ pour Madagascar. Je l'ai croisée alors qu'elle surgissait (ce verbe est utilisé à dessein) du bureau jumeau d'Yves Rocle et de Christophe Boisbouvier, à la rédaction de RFI, à Issy-les-Moulineaux. Nous sommes convenus de déjeuner à mon retour de la Grande Île. Un projet à jamais contrarié par les salauds qui ont ôté la vie à Ghislaine et Claude.


On ne peut pas citer tout le monde, mais tous nos correspondants et nos envoyés spéciaux aux quatre coins du monde sont attristés par la nouvelle du décès de nos confrères. Beaucoup nous ont fait part de leur chagrin. Une boîte mail a été créée pour que les amis, les collègues et les auditeurs de RFI laissent leurs hommages à Ghislaine Dupont et Claude Verlon : rfihommage@gmail.com

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Commentaires

 
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