Algérie : la prise d'otages d'In Amenas se termine dans le sang


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L'attaque du complexe gazier d'In Amenas, en Algérie, par un commando islamiste est terminée. Les forces spéciales algériennes ont lancé ce samedi 19 janvier l'assaut final en milieu de matinée. Ce soir, les autorités algériennes ont donné un premier bilan provisoire officiel faisant état de 23 otages tués et 32 ravisseurs abattus après ces quatre jours de prise d'otages. Le président français François Hollande estime que l'Algérie a eu les réponses « les plus adaptées » lors de cette prise d'otages.

A environ 13h30 (TU), l'assaut final donné par l'armée algérienne sur le site gazier d'In Amenas, dans le sud-est du pays, était terminé, ont annoncé les forces de sécurité algériennes.

Le bilan provisoire officiel qui a été donné ce samedi soir par les autorités fait état de la mort de 23 otages algériens et étrangers et 32 ravisseurs au total, en quatre jours. Les forces algériennes ont pu libérer 685 employés algériens et 107 étrangers, a indiqué le ministère de l’Intérieur. Onze terroristes ont été abattus et sept otages étrangers sont morts dans l'ultime assaut lancé par les forces spéciales algériennes à In Amenas, ce samedi.

Au début de la nuit seize personnes de différentes nationalités étrangères et une quarantaine de travailleurs algériens, tous blessés et admis à l’hôpital d’In Amenas ont pu quitter l’hôpital. Certains, dont l’état de santé était sans grande gravité, ont cependant été évacués à Alger pour y recevoir les soins nécessaires.

Selon les sources de sécurité algériennes les terroristes venaient de plusieurs pays d’Afrique du Nord mais aussi de Syrie et d’Egypte. L’un d’entre eux était Canadien. Les autorités algériennes ont annoncé que quatre responsables islamistes, qualifiés de dangereux par Alger, figurent parmi les onze ravisseurs tués.

Dans la soirée, les militaires algériens ont commencé à déminer le site où les terroristes avaient placé des bombes. Ils ont découvert un important stock d’armes de guerre dont des fusils mitrailleurs, des kalachnikov et des mortiers.

Jean-Yves Le Drian
11-10-2013 - Par RFI

Un peu plus tôt dans la matinée de samedi, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, assurait qu'il n'y avait plus aucun Français présent sur le site. L'ex-otage Alexandre Berceaux, libéré jeudi, est arrivé ce samedi soir à l'aéroport de Roissy, à Paris. Un seul Français, Yann Desjeux, ancien militaire parachutiste de 52 ans, employé sur le site par une société de gardiennage, a trouvé la mort dans cette tragique prise d'otages.

Le président François Hollande a dénoncé la lâcheté des preneurs d'otage et soutenu la réaction des autorités algériennes.

Nous n'avons pas encore tous les éléments mais, quand il y a une prise d'otages avec autant de personnes concernées et des terroristes aussi froidement déterminés, prêts à assassiner, ce qu'ils ont fait, leurs otages, un pays comme l'Algérie a les réponses qui paraissent à mes yeux les plus adaptées car il ne pouvait y avoir de négociation.
François Hollande
11-10-2013 - Par RFI

François Hollande a également affirmé que la France resterait au Mali le « temps nécessaire pour que le terrorisme soit vaincu ».

La Norvège a confirmé que l'opération militaire algérienne était terminée, sans être en mesure de fournir d'éléments sur un premier bilan. La Norvège est sans nouvelles de six de ses ressortissants sur le site d'In Amenas.

Le sort de dix Japonais n'est toujours pas connu. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a déclaré tard samedi soir avoir reçu des autorités algériennes « une information grave » sur la situation d'otages japonais sans donner plus de précisions. «  Nous avons eu confirmation que quarante-et-un de nos employés étaient sains et saufs mais le sort des dix Japonais restants et de sept autres étrangers reste à déterminer », a déclaré Takeshi Endo, un porte-parole de la compagnie JGC Corp qui employait soixante-dix-huit personnes sur le site. Plus tôt dans la journée, Shinzo Abe avait déclaré que cette prise d'otages était un acte « ignoble » que le Japon « ne pardonnera jamais ».

Deux ex-otages britanniques à la station de police d’In Amenas, le 19 janvier 2013. © REUTERS/Louafi Larbi

Ce samedi soir, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a annoncé que cinq Britanniques et une personne résidant en Grande-Bretagne sont morts ou portés disparus sur le site gazier. Le ministre avait auparavant assuré que la grande majorité des Britanniques qui avaient été pris en otages à In Amenas étaient désormais sains et saufs, même s'il avait demandé à la population de son pays de se préparer à de « mauvaises nouvelles ».

Le gouvernement Roumain a confirmé qu'un roumain avait été tué, et quatre autres sauvés.

On sait que beaucoup d'étrangers travaillaient sur le complexe, il y avait notamment des Philippins. Aux dernières nouvelles au moins deux étaient morts à la suite de cette prise d'otage. Trente-quatre autres avaient réussir à fuir le site et se trouvent actuellement en Espagne mais le sort d’une quinzaine d’otages reste incertain. Le gouvernement philippin se dit inquiet et déclare manquer d'informations.

Le Premier ministre libyen a démenti que les islamistes étaient venus de Libye, comme l'avait affirmé le ministre algérien de l'Intérieur. Des sources mauritaniennes rapportent que le chef de file du commando serait un Nigérien nommé Abdul Rahman al-Nigeri.

Un militaire algérien expliquait ce samedi matin dans le journal el-Watan que l'armée, désormais, était dans une deuxième phase, celle qui consistait à éliminer les terroristes les plus irréductibles. C'est ce qui explique probablement l'issue de cette prise d'otages.

Critiques envers Alger

La méthode algérienne est de plus en plus critiquée. Excepté Paris, Londres, Tokyo ou encore Washington n'avaient pas hésité à faire part de leur mécontentement de ne pas avoir été avertis d'un assaut rapide. Reproches également sur l'absence de tentative de négociations avec les terroristes.

Bien sûr, chaque pays a des approches différentes pour gérer ce genre de situation.
Philip Hammond
11-10-2013 - Par Achim Lippold

Et ce samedi matin, la presse algérienne enfonçait le clou, accusant le gouvernement de n'avoir proposé qu'une communication limitée sur cette prise d'otages.