Algérie - 
Article publié le : samedi 19 janvier 2013 à 15:42 - Dernière modification le : dimanche 20 janvier 2013 à 12:31

Algérie : la prise d'otages d'In Amenas se termine dans le sang

Le site pétrolier BP d'In Amenas où étaient retenus les otages.
Le site pétrolier BP d'In Amenas où étaient retenus les otages.
REUTERS/Kjetil Alsvik / Statoil/Handout

Par RFI

L'attaque du complexe gazier d'In Amenas, en Algérie, par un commando islamiste est terminée. Les forces spéciales algériennes ont lancé ce samedi 19 janvier l'assaut final en milieu de matinée. Ce soir, les autorités algériennes ont donné un premier bilan provisoire officiel faisant état de 23 otages tués et 32 ravisseurs abattus après ces quatre jours de prise d'otages. Le président français François Hollande estime que l'Algérie a eu les réponses « les plus adaptées » lors de cette prise d'otages.

A environ 13h30 (TU), l'assaut final donné par l'armée algérienne sur le site gazier d'In Amenas, dans le sud-est du pays, était terminé, ont annoncé les forces de sécurité algériennes.

Le bilan provisoire officiel qui a été donné ce samedi soir par les autorités fait état de la mort de 23 otages algériens et étrangers et 32 ravisseurs au total, en quatre jours. Les forces algériennes ont pu libérer 685 employés algériens et 107 étrangers, a indiqué le ministère de l’Intérieur. Onze terroristes ont été abattus et sept otages étrangers sont morts dans l'ultime assaut lancé par les forces spéciales algériennes à In Amenas, ce samedi.

Au début de la nuit seize personnes de différentes nationalités étrangères et une quarantaine de travailleurs algériens, tous blessés et admis à l’hôpital d’In Amenas ont pu quitter l’hôpital. Certains, dont l’état de santé était sans grande gravité, ont cependant été évacués à Alger pour y recevoir les soins nécessaires.

Selon les sources de sécurité algériennes les terroristes venaient de plusieurs pays d’Afrique du Nord mais aussi de Syrie et d’Egypte. L’un d’entre eux était Canadien. Les autorités algériennes ont annoncé que quatre responsables islamistes, qualifiés de dangereux par Alger, figurent parmi les onze ravisseurs tués.

Dans la soirée, les militaires algériens ont commencé à déminer le site où les terroristes avaient placé des bombes. Ils ont découvert un important stock d’armes de guerre dont des fusils mitrailleurs, des kalachnikov et des mortiers.

Jean-Yves Le Drian
 

Ministre français de la Défense

19/01/2013
par RFI
 
 

Un peu plus tôt dans la matinée de samedi, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, assurait qu'il n'y avait plus aucun Français présent sur le site. L'ex-otage Alexandre Berceaux, libéré jeudi, est arrivé ce samedi soir à l'aéroport de Roissy, à Paris. Un seul Français, Yann Desjeux, ancien militaire parachutiste de 52 ans, employé sur le site par une société de gardiennage, a trouvé la mort dans cette tragique prise d'otages.

Le président François Hollande a dénoncé la lâcheté des preneurs d'otage et soutenu la réaction des autorités algériennes.

François Hollande

Président français

Nous n'avons pas encore tous les éléments mais, quand il y a une prise d'otages avec autant de personnes concernées et des terroristes aussi froidement déterminés, prêts à assassiner, ce qu'ils ont fait, leurs otages, un pays comme l'Algérie a les réponses qui paraissent à mes yeux les plus adaptées car il ne pouvait y avoir de négociation.

 

19/01/2013 par RFI

François Hollande a également affirmé que la France resterait au Mali le « temps nécessaire pour que le terrorisme soit vaincu ».

La Norvège a confirmé que l'opération militaire algérienne était terminée, sans être en mesure de fournir d'éléments sur un premier bilan. La Norvège est sans nouvelles de six de ses ressortissants sur le site d'In Amenas.

Le sort de dix Japonais n'est toujours pas connu. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a déclaré tard samedi soir avoir reçu des autorités algériennes « une information grave » sur la situation d'otages japonais sans donner plus de précisions. «  Nous avons eu confirmation que quarante-et-un de nos employés étaient sains et saufs mais le sort des dix Japonais restants et de sept autres étrangers reste à déterminer », a déclaré Takeshi Endo, un porte-parole de la compagnie JGC Corp qui employait soixante-dix-huit personnes sur le site. Plus tôt dans la journée, Shinzo Abe avait déclaré que cette prise d'otages était un acte « ignoble » que le Japon « ne pardonnera jamais ».

Deux ex-otages britanniques à la station de police d’In Amenas, le 19 janvier 2013.
REUTERS/Louafi Larbi

Ce samedi soir, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a annoncé que cinq Britanniques et une personne résidant en Grande-Bretagne sont morts ou portés disparus sur le site gazier. Le ministre avait auparavant assuré que la grande majorité des Britanniques qui avaient été pris en otages à In Amenas étaient désormais sains et saufs, même s'il avait demandé à la population de son pays de se préparer à de « mauvaises nouvelles ».

Le gouvernement Roumain a confirmé qu'un roumain avait été tué, et quatre autres sauvés.

On sait que beaucoup d'étrangers travaillaient sur le complexe, il y avait notamment des Philippins. Aux dernières nouvelles au moins deux étaient morts à la suite de cette prise d'otage. Trente-quatre autres avaient réussir à fuir le site et se trouvent actuellement en Espagne mais le sort d’une quinzaine d’otages reste incertain. Le gouvernement philippin se dit inquiet et déclare manquer d'informations.

Le Premier ministre libyen a démenti que les islamistes étaient venus de Libye, comme l'avait affirmé le ministre algérien de l'Intérieur. Des sources mauritaniennes rapportent que le chef de file du commando serait un Nigérien nommé Abdul Rahman al-Nigeri.

Un militaire algérien expliquait ce samedi matin dans le journal el-Watan que l'armée, désormais, était dans une deuxième phase, celle qui consistait à éliminer les terroristes les plus irréductibles. C'est ce qui explique probablement l'issue de cette prise d'otages.

Critiques envers Alger

La méthode algérienne est de plus en plus critiquée. Excepté Paris, Londres, Tokyo ou encore Washington n'avaient pas hésité à faire part de leur mécontentement de ne pas avoir été avertis d'un assaut rapide. Reproches également sur l'absence de tentative de négociations avec les terroristes.

Philip Hammond

Ministre britannique de la Défense

Bien sûr, chaque pays a des approches différentes pour gérer ce genre de situation.

 

19/01/2013 par Achim Lippold

Et ce samedi matin, la presse algérienne enfonçait le clou, accusant le gouvernement de n'avoir proposé qu'une communication limitée sur cette prise d'otages.

Washington et Londres préfèrent pointer du doigt les terroristes…

Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

Après la fin officielle de la prise d’otages d’In Amenas, les autorités britanniques tentent d’établir un bilan des victimes et préparent leur pays à d’autres mauvaises nouvelles. Néanmoins, cette fois le ministre de la Défense Philip Hammond s’est gardé de toute critique sur la gestion par l’Algérie de la crise, pointant résolument du doigt les terroristes.

« Ces pertes en vies humaines durant cette attaque sont épouvantables et inacceptables et il faut dire clairement que ce sont les terroristes qui en portent l’entière responsabilité », a déclaré Philip Hammond.

Son homologue américain Leon Panetta a adopté la même ligne et dit ne pas vouloir juger. « L’Algérie est un de ces pays avec lesquels nous sommes obligés de collaborer pour combattre Aqmi. Les Algériens sont dans la région, ils comprennent la menace posée par le terrorisme. Je crois qu’il est important de continuer à travailler avec eux pour développer une approche régionale et nous assurer qu’Aqmi n’établisse pas un sanctuaire dans cette partie du monde », a-t-il déclaré.

Les autorités britanniques ont dépêché une équipe consulaire sur le terrain pour porter assistance à leurs ressortissants libérés et l’ambassadeur de Grande-Bretagne en Algérie est désormais dans la ville d’In Amenas près du site gazier. Sa présence devrait permettre d’éclaircir une situation qui demeure chaotique.

 

tags: al-Qaïda - Algérie - AQMI - Enlèvements - Terrorisme
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(4) Réactions

Relatif bon travail de la

Relatif bon travail de la part de l Algerie. La situation aurait pu s envenimer et non seulement le site strategique economiquement pour le pays aurait pu etre aneanti mais egalement TOUS les otages assassines. L Algerie sait mieux que beaucoup d autres de quelles atrocites les terroristes soi-disants "islamistes" sont capables, alors leur reaction a ete clairvoyante et efficace. Personne n aurait pu mieux faire.

je pense que l Algerie a fait

je pense que l Algerie a fait du bon travail. Elle sait mieux que beaucoup d autres de quoi les "islamistes" terroristes sont capables pour l avoir vecu de tres pres. Il est evident que ce drame traumatisant passe est a l origine de leur reaction. Relativement bon travail. Le site strategique economiquement pour l Algerie et d autres pays aurait pu etre detruit et TOUS les otages assassines!!!

Plusieurs pays critiquent

Plusieurs pays critiquent Alger

Je ne sais pas si Washington ou Londres ont vraiment des leçons à donner, car face à des prises d'otages de ce type, ils n'ont pas toujours fait dans la dentelle...
En fait, ou bien vous négociez , mais vous renforcez les terroristes/ ou vous menez l'assaut, mais c'est risqué pour les otages... Quant au Japon, souvenons-nous des kamikazes en 45... Difficile de négocier !!!

L'Algerie est la source et le

L'Algerie est la source et le foyer de ces islamistes! Elle force le Mali a négocier avec ces criminelles et refuse toute négociations lorsqu'il s'agit de son pays!

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