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France Mali

Visite de François Hollande au Mali, accueilli en libérateur

A Asongo, au sud de Gao, le 29 janvier 2013.
© AFP / KAMBOU SIA

«Je vais au Mali pour dire à nos soldats tout notre soutien, tous nos encouragements, toute notre fierté», et pour dire aux Africains «que nous avons besoin d'eux pour cette force internationale», a déclaré François Hollande, en marge de sa visite au Mali ce samedi 2 février, alors que les troupes francaises sont déployées sur le terrain depuis trois semaines maintenant. L'avion présidentiel s'est posé à Sévaré ce samedi matin. Le président est accompagné de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères,Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, et Pascal Canfin, en charge du Développement.

Ce que je voulais signifier à Tombouctou par ma présence auprès de l'imam c'était que ce que nous avions fait était pour libérer et pour permettre que aussi des lieux de culte mais également des éléments de patrimoine puissent être sauvegardés

François Hollande
02-02-2013 - Par RFI

Le déroulé exact de la visite n’a pas été communiqué aux journalistes, « pour des raisons de sécurité », a justifié l’ambassade de France à Bamako.

François Hollande a été accueilli à sa descente d'avion par le président malien de transition, Dioncounda Traoré, à Sévaré, une ville qui a longtemps été située sur la ligne de front. Puis, les deux hommes sont partis ensemble pour Tombouctou, grande capitale du Nord, libérée en début de semaine par les soldats français et maliens.

Dans une Tombouctou tout juste libérée de l'emprise islamiste et quadrillée par les armées françaises et maliennes, le président français a reçu un accueil plein de ferveur. Puis il a visité l'historique mosquée de Djingareyber avant de se rendre, toujours en compagnie du président malien, au centre Ahmed Baba où sont conservés les fameux manuscrits.

Après un message de félicitation et de soutien aux soldats de l'opération Serval, François Hollande pourrait annoncer un début de désengagement des 3 500 militaires français. La guerre est en effet entrée dans une nouvelle phase, la reconquête des grandes villes est achevée, et une autre partie a commencé, celle de la traque des jihadistes.

Lors de ce voyage, le président français devrait aussi appeller à la mobilisation des armées africaines qui seront chargées d'assurer la relève et le contrôle des zones reconquises. Enfin une fois à Bamako, François Hollande le chef de guerre prêchera cette fois pour la réconciliation et le dialogue entre les autorités gouvernementales et les Touaregs, en premier lieu le MNLA.

La guerre n'est pas encore finie mais d'ores et déjà le président français entend proposer sa feuille de route politique pour permettre au Mali de sortir de sa plus grave crise.


Les Maliens veulent exprimer leur gratitude

Avec notre envoyé spécial

Cette visite est plus que bien perçue par les Maliens, elle est franchement plébiscitée. Tous les Maliens, on pourrait presque dire « sans exception », se réjouissent de l’arrivée de François Hollande.

Depuis le début de l’intervention militaire française, il faut bien se rendre compte que la popularité de François Hollande a explosé ici. On le baptise « chef de guerre », on le réclame comme futur président malien, tout cela sur le ton de la plaisanterie bien sûr, mais c’est pour dire combien la visite du président français est importante au Mali.

Les Maliens veulent lui exprimer leur gratitude. Ils sont aussi heureux que le président puisse se rendre compte, de ses propres yeux, de tout ce qui s’est passé dans le Nord, en allant à Tombouctou.

Ils attendent toutefois de sa part quelques explications, notamment sur le cas de la ville de Kidal, où les Français sont intervenus sans associer l’armée malienne. C’est le seul mauvais point qui est attribué par les Maliens à François Hollande. Plus précisément, il s'agit des Maliens du sud du pays, bien sûr, car les habitants de la ville de Kidal ne voient sans doute pas les choses de la même manière.

Un moment de réjouissance mais aussi un moment où il faudra parler de la suite, parler de réconciliation nationale.

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