RCA: enquête ouverte contre l'ex-président François Bozizé pour violation des droits de l'homme

Le président centrafricain François Bozizé, le 30 décembre 2012 à Bangui.
© AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

Le parquet de Bangui vient d'ouvrir une enquête pour violation des droits de l'homme à l'encontre de l'ancien président centrafricain François Bozizé, renversé le 24 mars par les ex-rebelles de la Seleka. C'est ce qu'a indiqué le ministre centrafricain de la Justice, Arsène Sendé.

« J'ai donné des instructions au procureur général près la Cour d'appel de Bangui, parce que des crimes et autres graves violations des droits humains ont été commis, et continuent de l'être, par l'ex-président François Bozizé, les éléments de sa garde rapprochée et certains de ses proches », a déclaré le ministre de la Justice Arsène Sendé.

Pour justifier cette procédure, le ministre centrafricain de la Justice a évoqué « des assassinats, des arrestations, séquestrations, détentions arbitraires et tortures, des destructions et incendies des maisons d'habitation, des enlèvements, exécutions sommaires et extrajudiciaires, l'incitation à la haine et au génocide, les crimes économiques, et des actes de nature à compromettre la paix civile ».

Il a également accusé la garde rapprochée de François Bozizé, dirigée par Eugène Ngaïkosset, d’avoir commis 119 assassinats. Garde rapprochée de l’ancien président que le ministre de la Justice a également accusé d’avoir tué une dizaine de personnes pour leur appartenance supposée à la Seleka, le 23 mars dernier, veille de la prise de Bangui par la coalition d’ex-rebelles.

Le cas de Charles Massi évoqué

Arsène Sendé accuse également la garde rapprochée de François Bozizé de la mort du colonel Charles Massi, chef de la Convention des patriotes pour la justice et la paix, qui a été « arrêté en début 2010 au Tchad et remis aux autorités centrafricaines, puis exécuté par la garde rapprochée du président Bozizé », a affirmé le ministre de la Justice.

Il y a deux semaines, le nouvel homme fort de Bangui, Michel Djotodia avait accusé les partisans de François Bozizé de vouloir « une guerre civile » et d’avoir tué des éléments de la Seleka.

Depuis le coup d'Etat du 24 mars, la Seleka peine à rétablir l’ordre dans « Bangui la coquette ». Pillages, exactions, les habitants vivent toujours dans la peur.

Interviewvé le 6 avril par RFI, alors qu'il avait trouvé refuge à Yaoundé, l'ex-président centrafricain accusait alors le Tchad d'avoir orchestré le coup d'Etat, et exigeait d'être rétabli dans ses fonctions. Il réclamait également des élections dans les plus brefs délais.

Le président Bozizé est serein, il considère cette plainte comme un non événement.

Lévy Yakété
05-05-2013 - Par Nicolas Champeaux

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