Niger: retour sur les évènements du jeudi 23 mai, après le double attentat à Arlit et Agadez

Un soldat nigérien en patrouille sur le site d'Areva à Arlit au Niger.
© AFP/Issouf Sanogo

Deux véhicules piégés ont explosé ce jeudi matin 23 mai à Agadez, la principale ville du nord du Niger et à Arlit, faisant au moins 21 morts et plusieurs blessés. La première voiture se trouvait devant le principal camp militaire d'Agadez et la seconde devant une mine de la Somaïr, la société minière nationale et filiale d'Areva, à Arlit. A Agadez, des échanges de tirs ont eu lieu après les explosions. Le Mujao a revendiqué le double attentat. La prise d'otage dans la caserne d'Agadez, un des assaillants ayant réussi à s'infiltrer dans une chambrée est désormais terminée, a assuré le ministre nigérien de la Défense.

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20:47 (TU) : Les autorités nigériennes ont décrété l’instauration d’un couvre-feu sur la ville d’Agadez, ce jeudi soir. Le couvre-feu doit être levé ce vendredi, tôt dans la matinée.

20:20 (TU) : Joint par RFI, le ministre nigérien de la Défense, Mahamadou Karidjo, a assuré ce jeudi soir que « tout est rentré dans l’ordre » à Agadez. Mahamadou Karidjo a également affirmé que l’assaillant qui s’était retranché et avait pris en otages des élèves officiers avait été « neutralisé ». Le ministre nigérien de la Défense, qui est arrivé à Agadez dans l’après-midi accompagné d’officiers supérieurs de l'armée, de gendarmes et de plusieurs éléments de la brigade d'intervention rapide de la police nigérienne, a rencontré les autorités locales et s’est rendu au chevet des blessés.

18:25 (TU) : La sécurité sur ce site de la mine d’Arlit avait été largement renforcée, ces dernières années. En mars dernier, Areva avait annoncé une enveloppe supplémentaire de 35 millions d’euros pour renforcer la sécurité du site. Par ailleurs, si le ministère français de la Défense n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet, des forces spéciales françaises étaient présentes dans la région, pour parer à ce type d’attaque. Notre article complet sur le dispositif de sécurité autour d’Arlit à lire ici.

18:19 (TU) : Pour rappel, la mine d’Arlit, qui a été l’objet de l’une des deux attaques de ce jeudi 23 mai, est un site stratégique pour la société Areva. L’entreprise française possède 64 % des parts de cette mine, pour 36 % détenus par l’Etat du Niger. L’attentat de ce jeudi matin risque d’avoir des conséquences économiques lourdes, à la fois pour Areva et, moins directement, pour l’économie du Niger. Notre analyse complète à lire ici.

18:12 (TU) : Mourad Medelci, ministre algérien des Affaires étrangères, a « condamné de manière ferme » ces attentats, dans une déclaration au micro de RFI. Mourad Medelci a par ailleurs souligné que le Niger était confronté qui « n’est pas jihadiste, simplement », mais « plus globale ». Pour le ministre algérien des Affaires étrangères, cette menace « concerne le trafic organisé et des jonctions, qui deviennent de plus en plus visibles, entre le terrorisme traditionnel, jihadiste, et une autre forme de terrorisme, beaucoup plus large. Le Niger y fait face, comme d’autres pays. »

18:00 (TU) : Le ministre nigérien de la Défense devrait s'exprimer sous peu, depuis Agadez, où il est arrivé en fin d'après-midi. Vous pouvez retrouver ici l'intégralité de l'entretien accordée à RFI par Mohammed Bazoum, le ministre nigérien des Affaires étrangères.

17:15 (TU) : Les attentes de la population d’Agadez sont grandes, désormais. « Concrètement, ce que les gens attendent, c’est que l’on assurer leur sécurité », a déclaré à RFI Hamidou Traoré, membre de la société civile d'Agadez. Pour lui, les assaillants « ne sont pas des nigériens, bien que l’on pense qu’ils peuvent avoir des complices dans la population nigérienne », parce qu’ils « connaissaient bien la ville » et puis, « des étrangers ne pourraient pas connaître les habitudes des habitants de la ville ».

16:45 (TU) : Un habitant d’Agadez, joint par RFI, a expliqué que le calme était en train de revenir dans la ville. D’après ce qu’il a pu constater, le bouclage de la ville a été levé, au moins partiellement. Le cordon militaire a été levé. Les habitants ont pu commencer à vaquer de nouveau à leurs occupations, mais le climat d’inquiétude est grand.

Le ministre de la Défense, qui est arrivé à Agadez en fin, de journée, doit rencontrer les autorités locales et la presse, dans la soirée de ce jeudi.
 

16:05 (TU) : L’engagement des forces armées nigériennes n’est « pas remis en cause, bien au contraire », a insisté Mohammed Bazoum, ministre nigérien des Affaires étrangères, au micro de RFI. Les évènements à Arlit et Agadez de ce jeudi 23 mai « prouve que nous avons besoin de plus de détermination, de plus de moyens et de plus d’actions », a insisté le ministre.
Interrogé sur la possibilité que les terroristes aient été aidés de l’intérieur pour commettre ces attaques, le ministre nigérien des Affaires étrangères a jugé qu’« ils ont du avoir des informations et des renseignements précis ». 

15:50 (TU) : Mohammed Bazoum, ministre nigérien des Affaires étrangères, interrogé par RFI, a affirmé n’avoir à l’heure actuelle aucune certitude sur l’identité des auteurs des deux attaques. Interrogé sur la présence au sein du Mujao de ressortissants nigériens, Mohammed Bazoum a explique n’avoir « pas d’informations très précises ». « On sait que le Mujao a recruté des jeunes Peuls dans la région de Tillabéry (à une centaine de kilomètres de la frontière avec le Mali, sur la route entre Niamey et Gao, ndlr). Il n’est pas impossible que le Mujao ait pu recruter de jeunes nigériens », a déclaré le ministre nigérien des Affaires étrangères.

14:50 (TU) : Joint par téléphone par RFI, le service de presse d'Areva a indiqué que les dégâts sur le site d'Arlit étaient en train d'être évalués, et que l'arrêt de la production était confirmé pour une durée indéterminée. Les 13 blessés sont sortis de l'hôpital.  Le site de la Somaïr compte 1200 salariés, sur les 2700 travaillant pour Areva dans tout le pays. Areva, deuxième producteur mondial d'uranium, extrait plus du tiers de son minerai au Niger.

14:15 (TU) : Le ministre de la Défense nigérien s'est rendu à la mi-journée à Agadez. Selon le correspondant de RFI, Mahamadou Karidjo est parti avec des renforts : des officiers supérieurs de l'armée, des gendarmes et plusieurs éléments de la brigade d'intervention rapide de la police nigérienne.

11:46 (TU) : Areva annonce le décès d'une personne sur le site d'Arlit. L'entreprise évoque également le chiffre de 14 blessés. Dans un communiqué, Areva annonce que les personnes blessées ont été prises en charge par les services de secours et transférées à l'hôpital de Somaïr. Au Niger, le porte-parole du gouvernement a déclaré qu'il n'y avait pas de Français parmi les victimes.

13:10 (TU) : Réagissant à la prise d'otages à la caserne d'Agadez, le président François Hollande a déclaré que Paris appuierait « tous les efforts » du Niger pour la « faire cesser ». Toute action militaire française est cependant exclue. « Il ne s'agit pas d'intervenir au Niger comme nous l'avons fait au Mali, a-til en effet ajouté, mais nous aurons la même volonté de coopérer pour lutter contre le terrorisme. »

12:45 (TU) : La mine d'uranium de Somaïr, exploitée par Areva dans le nord du Niger, a été endommagée et est à l'arrêt après l'attaque « terroriste » perpétrée jeudi, a déclaré sur France Inter le porte-parole du  gouvernement nigérien, Marou Amadou. « Le site de la Somaïr est sérieusement touché (à commencer par) le matériel stratégique », a-t-il ajouté en évoquant le matériel de concassage et de broyage. Marou Amadou fait par ailleurs état d'une trentaine de blessés.

11:44 (TU) : De source gouvernementale, un des assaillants à Agadez se serait infiltré dans une chambrée de la caserne à Agadez. Une prise d'otages serait en cours.

11:38  (TU) : Le bilan s'alourdit. Selon le gouvernement nigérien, l'attentat d'Agadez aurait tué au moins 18 soldats. 13 autres soldats seraient blessés, dont 6 dans un état grave. Plusieurs assaillants sont également décédés. Au total, le bilan est pour le moment de 23 morts. De source ministérielle, le président Issoufou réfléchit à une annulation de son déplacement prévu pour le sommet de l'Union africaine, prévu à Addis Abeba ce week-end.

11:22 (TU) : Le groupe jihadiste Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), a revendiqué jeudi auprès de l'AFP le double attentat au Niger contre l'armée nigérienne et le groupe français Areva. « Nous avons attaqué la France et le Niger pour sa coopération avec la France dans la guerre contre la charia », a-t-il ajouté, en menacant d'autres actions à venir.

10:45 (TU) : L'attentat d'Agadez a fait au moins 10 morts, parmi les soldats nigériens, selon l'AFP

10:40 (TU) : L'attaque d'Arlit a eu lieu à l'aube, a 7 km au nord de la cité minière, sur le site de la Somaïr, appartenant à la société française Areva.

D'après le maire d'Arlit que nous avons pu joindre. Deux hommes ont forcé le barrage de l'usine à l'aube, et se sont engouffrés dans la zone de sécurité derrière un bus d'employés au moment de la relève. Les deux hommes ont ensuite fait exploser leur charge devant la centrale électrique de l’usine.

Il y a eu des tirs à l'arme lourde. Des tirs et des ripostes (...) Il y a eu des communiqués à la radio pour inviter les parents à laisser les enfants à la maison.
Hamidou Traoré
11-10-2013

Selon l'entreprise, 13 collaborateurs nigériens de la Somaïr ont été blessés. Le maire d'Arlit parle de 50 blessés, dont 10 seraient toujours à l'hôpital.

Un peu auparavant,  la première attaque avait eu lieu au nord-est d’Agadez, au niveau du principal camp militaire de la zone de défense numéro 2. C’est au petit matin qu’un véhicule 4x4 bourré d’explosifs a sauté, tout prêt du portail.

Selon des témoins contactés par notre correspondant, l'explosion violente a provoqué la panique dans la ville d’Agadez. Des tirs de rafales et de tirs à l'arme lourde lui ont succédée. Les assaillants ont été neutralisés selon les autorités.

Presque au même moment, une autre voiture a explosé près d’Arlit. Actuellement, l'armée ratisse la région.

Ce sont les premiers attentats du genre en terre nigérienne.

Le véhicule a profité du passage d'un bus pour passer en trombe (...) Apparemment, ce sont deux individus, parce que nous avons trouvé quatre morceaux de pieds
Abdoukharman Maoili
11-10-2013