Le président Bouteflika est de retour en Algérie

Abdelaziz Bouteflika a été admis à l’hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, ce samedi 27 avril 2013.
© REUTERS/Louafi Larbi

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika est rentré à Alger hier, mardi 16 juillet, après un séjour de quelque 80 jours en France. Hospitalisé à Paris depuis la fin du mois d'avril à la suite d'un accident vasculo-cérébral « mineur », Abdelaziz Bouteflika a quitté l'aéroport du Bourget, mardi en début d'après-midi, en fauteuil roulant. Un communiqué de la présidence indique que le chef de l’Etat poursuivra, en Algérie, « une période de repos et de rééducation ».(Pour évoquer le sujet, l'historien Benjamin Stora sera l'invité de Décryptage, ce mercredi 17 juillet à 19 h 10, heure de Paris)

Les télévisions algériennes diffusent les premières images d'Abdelaziz Bouteflika de retour sur le territoire national après de longues semaines d'absence. Il y apparaît à la descente de l'avion, debout et recouvert d'un long manteau noir. On le voit discuter et serrer des mains.

Cette nouvelle arrive alors que cela fait plusieurs semaines que le silence règne autour de l'état de santé du président.

Depuis le début de son hospitalisation au Val-de-Grâce, fin avril, les autorités algériennes ne communiquaient que très peu, démentant uniquement les rumeurs d'une aggravation de son état de santé.

Abdelaziz Bouteflika avait été admis dans cet hôpital parisien suite à un accident vasculaire cérébral. Cet accident, présenté comme « mineur » par les autorités, a fait l'objet de beaucoup de spéculations dans les médias. Certains ont même affirmé que le président n'était plus en état de gouverner le pays.

Il avait ensuite été transféré aux Invalides pour y suivre sa convalescence. C'est dans cet hôpital qu'ont été tournées des images et même des vidéos en juin dernier. Celles-ci avaient été transmises aux médias et diffusées par la télévision publique algérienne dont l’objectif était de prouver que le président Bouteflika était toujours en mesure de diriger le pays. Des images qui montraient cependant un président fatigué et très diminué. Une nouvelle période de silence s'en était suivie.

C'est un communiqué de la présidence qui a indiqué le retour imminent du président à Alger où « il poursuivra une période de repos et de rééducation ».

Les autorités ont également précisé que le retour du chef de l'Etat nécessitait des préparatifs compliqués, notamment pour la mise en place d'une équipe médicale pointue. Des propos qui posent encore la question de l'état de santé d'Abdelaziz Bouteflika et de sa capacité à exercer le pouvoir.

« Il faut rassurer le peuple »

De retour au pays, le président algérien apparaît encore très fatigué et de nombreuses questions demeurent sur son absence et sur la continuité du pouvoir, à moins d’un an de la prochaine élection présidentielle en Algérie.

Joint par RFI, Kassa Aïssi, membre du bureau politique du Front de libération nationale (FLN) - parti au pouvoir depuis l'indépendance -, chargé de la communication, a d’abord exprimé la joie de tous les membres du parti ainsi qu’une grande partie de la population à l’annonce de l’arrivée du président algérien.

Il a ensuite confirmé qu’il est bien entendu que le président « a été malade » et qu’il est d’ailleurs malade « depuis un certain nombre d’années », notamment « depuis qu’il a subi son intervention chirurgicale » mais, précise-t-il, il a toujours exercé ses fonctions. Il assure également que le président est prêt à les reprendre.

« Ce qui est attendu du chef de l’Etat, ce ne sont pas des performances d’un athlète de haut niveau, mais la direction d’un pays ; les arbitrages nécessaires pour assurer le bon fonctionnement des institutions. Cela a été fait et cela se fera certainement pour poursuivre son programme et en préparant les importantes échéances politiques qui attendent le pays au cours de l’année 2014 », a-t-il déclaré.

La plupart des dirigeants politiques ont également salué l'arrivée du président Bouteflika comme une excellente nouvelle, mais l'opposition a demandé des détails sur sa santé alors que son mandat ne s'achèvera qu'au printemps 2014, après la prochaine élection présidentielle.

Pour Nabila Ramdani, spécialiste du Maghreb, les autorités algériennes ont voulu mettre l’accent sur l’assurance. « Il faut, a-t-elle dit à RFI, rassurer le peuple que, malgré un état de santé assez fragile, le président va bien. C’est bien pour cela que, aussitôt à son arrivée à Alger, le président a tenu un premier meeting important où il était entouré des éléments clés des autorités, notamment le président du Sénat, le président du Conseil constitutionnel et aussi du chef d’état-major de l’armée algérienne ».

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