Présidentielle malienne 2013: revivez le premier tour au fil des heures

Des habitants de Tombouctou font la queue devant un bureau de vote.
© REUTERS/Joe Penney

Le Mali a voté, ce dimanche 28 juillet. Quelque 6,9 millions d'électeurs étaient invités à participer au premier tour de la présidentielle. Les bureaux de vote ont fermé à 18h TU. A Bamako, Kidal, Tombouctou, Gao, ou encore au Burkina Faso auprès des réfugiés et à Paris avec la diaspora, les correspondants et envoyés spéciaux de RFI ont couvert l'événement au fil de la journée.

L'ESSENTIEL

  • 6,9 millions de Maliens s'étaient inscrits sur les listes électorales. 85% avaient retiré leur carte d'électeur. La participation était un enjeu dans ce pays où les gens votent traditionnellement peu (36,24% de participation à l'élection de 2007).
     
  • 27 candidats s'étaient inscrits pour cette présidentielle. Si aucun d'entre eux n'obtenait la majorité absolue, un second tour était prévu le 11 août prochain.
     
  • Ce premier tour s'est déroulé sous haute sécurité. Un nombre record d'observateurs de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), de l'Union africaine (UA) et de l'Union européenne (UE) se sont rendus sur place pour veiller au bon déroulement des opérations. Côté militaire, 6 300 casques bleus, appuyés par les 3 200 soldats français toujours sur place, étaient chargés d'assurer la sécurité.

Informations données à l'heure de Bamako (temps universel, deux heures de moins que Paris)

18h15 : Grosse mobilisation dans le Mali en général. A Bamako, les files n'ont pas désempli de la journée. Les présidents de tous les bureaux de vote ont assuré n'avoir jamais vu autant de participants. Même témoignage chez des observateurs du scrutin, partout dans le pays. L'espoir de dépasser les 36,24% de participation observés lors de l'élection de 2007 est largement permis.

Tous les candidats ont affiché leur confiance en l'issue du scrutin. « Seul le Mali sera gagnant pour oublier le cauchemar qu'il vient de vivre », a déclaré par exemple Ibrahim Boubacar Keïta. « Il faut tourner la page et retourner dans le calme à des institutions républicaines », a estimé pour sa par Soumaïla Cissé.

Opérations de dépouillement au bureau de vote n°25 de Bamako, dimanche 28 juillet 2013. © RFI/Pierre-René Worms
18h10 : Record d'affluence à Gao où les femmes ont été particulièrement nombreuses. La journée s'est passée sans souci majeur, même si plusieurs centaines de personnes n'ont pas pu voter, faute de trouver leur bureau, malgré l'aide des agents de la Céni.

Les membres des bureaux de vote ont commencé le dépouillement ce soir, éclairés par des torches, dans cette ville sans électricité.

18h00 : Les bureaux de vote ont fermé au Mali. Ceux où les derniers électeurs attendaient sont restés ouverts un peu plus longtemps pour les laisser voter. La journée s'est déroulée sans incident majeur et sans attaque.

Le dépouillement doit avoir lieu la semaine prochaine avec une publication de résultats provisoires et officiels d'ici vendredi 2 août.

14h30 : Le chef de la mission d'observation de l'Union européenne, Louis Michel, s'est rendu en milieu de journée à Kidal. Au cours de cette visite éclair, il a tenu à relativiser les lacunes observées pour l'instant au cours de ce scrutin : « Je voudrais quand même mettre l'accent sur le travail remarquable qui a été réalisé ». Louis Michel a également remarqué que dans le cas de Kidal, une partie des difficultés administratives pouvaient aussi s'expliquer du fait des importants mouvements de réfugiés dans la région.

Retarder l'élection, c'eût été ouvrir un boulevard aux forces négatives.
Louis Michel
14-10-2013 - Par Ghislaine Dupont
14h00 : A Koutiala, capitale de la production de coton dans le sud du pays, les Maliens sont au rendez-vous. Même incidents ici que dans le reste du pays : certains électeurs, frustrés de ne pas trouver leur bureau de vote, finissent par se décourager. Un habitant explique à RFI avoir croisé un aveugle qui en était déjà à son troisième centre, sans succès. « Même si je dois continuer toute la nuit comme cela, je veux faire mon choix ! », a déclaré ce dernier.

Bureau fantôme en région parisienne
14-10-2013 - Par Guillaume Thibault
13h30 : En France, au consulat de Bagnolet, en région parisienne, c’est la cacophonie. A 8h du matin, aucun bureau n’avait ouvert. Si les Maliens de France les plus chanceux ont pu s’exprimer vers 9h30, beaucoup attendaient encore désespérément de pouvoir s’exprimer en milieu de journée. Dans une ambiance électrique, des urnes et des isoloirs arrivaient encore au même moment.

En début de journée, certains électeurs originaires de l’autre bout de la région parisienne ont appris qu’ils ne pourraient pas voter dans leur secteur. Les allers-retours se multiplient entre l’ambassade et le consulat, quelques-uns finissant par abandonner.

Plusieurs bureaux, à Créteil, Paris ou encore L’Haÿ-les-Roses n’ont pas ouvert. « Catastrophique », témoigne un jeune Malien qui dénonce un scrutin « très, très mal organisé ».

13h10 : Au Burkina Faso, dans le camp de réfugiés de Saniogo, à trente kilomètres de la capitale, la confusion est totale. A la mi-journée, personne n'a pu voter. L'équipe de supervision est dépassée. Il faut deux conditions pour pouvoir voter : avoir sa carte d'électeur Nina et son nom sur la liste électorale. Rares sont les Maliens, ici, à répondre à ces exigences. Les équipes sur place ont tenté sans résultat de trouver une solution avec l'aide de l'ambassade du Mali au Burkina Faso. Les réfugiés se disent particulièrement déçus.

13h00 : Dans le camp de Kati, le capitaine Amadou Sanogo a voté en compagnie de son épouse. Il était en tenue civile, un boubou bleu, avec sa canne. Il a refusé de dire pour qui il a voté, mais il assure qu'il respectera le verdict des urnes : « Quel candidat, aujourd'hui, ne reprend pas les mots que nous avons utilisés en 2012 ?, remarque-t-il. Tous les candidats confirment ce que j'ai dit. Je suis un capitaine heureux. »

Tous les candidats à l'élection présidentielle ont utilisé les mêmes mots que nous. Je suis comblé.
Capitaine Amadou Haya Sanogo
14-10-2013 - Par Christophe Boisbouvier
12h45 : A Bamako, le scrutin se déroule dans le calme. Des dizaines de personnes font la queue devant chaque bureau de vote. Il faut compter environ cinq minutes pour chaque personne, le temps de remplir les différentes formalités administratives. Les assesseurs sont unanimes : il y a beaucoup plus de monde que lors de la présidentielle de 2007.

Le général Sangaré, qui dirige cette élection se dit satisfait pour l'instant. « J'ai un grand sentiment de joie, de fierté, parce que les Maliens sont sortis massivement. C'est la première fois que je vois dès les premières heures les gens sortir massivement braver le soleil pour pouvoir voter ».

12h30 : Surprise à Gao : l'affluence ne faiblit pas. A la mi-journée, sous un soleil ardent, les files d'attente pour aller voter ne diminuent pas. Avec une chaleur de 36° à l'ombre, ce sont les femmes qui sont les plus présentes, patientant comme elles peuvent, à jeun en raison du ramadan. Le taux de participation attendu, à Gao, pourrait battre les records.

Les forces de sécurité sont particulièrement présentes à Gao, du fait des menaces d'attaques contre les bureaux de vote proférées par le Mujao. Avant d'y accéder, chaque Malien doit présenter sa carte d'électeur. La ville est totalement quadrillée.

12h15 : A Tombouctou, l'affluence est conséquente. Pourtant, tout le monde risque de ne pas pouvoir voter aujourd'hui. Constat d'échec dans cette ville : des électeurs ne peuvent pas participer au scrutin car ils ne trouvent pas leur bureau. Le numéro de téléphone gratuit pour avoir des renseignements n'est pas d'une grande aide : il est totalement saturé.

Signe positif : les habitants de Tombouctou se sont mobilisés en nombre. Notre correspondant sur place décrit de véritables « grappes humaines » qui ont émergé partout dans la ville où les familles se dirigeaient vers les bureaux de vote.

A Tombouctou, le numéro deux de la Minusma assiste au déroulement du scrutin.

12h00 : A Kidal, les électeurs ne sont pas franchement au rendez-vous. Trois heures après le début du scrutin, la plupart des bureaux n'avaient enregistré qu'une quinzaine de votants. Les plus excentrés, dédiés aux populations nomades, attirent peu de monde. Le plus effervescent, où le gouverneur a voté, est situé au coeur de la ville. Les assesseurs ne sont pas débordés : ils ont du temps pour expliquer la procédure de vote à chaque citoyen.

Les délégués de la Céni qui surveillent le vote sont désoeuvrés. Les Casques bleus de la Minusma, eux, prennent leur mal en patience, sous la chaleur et le vent chaud du désert. Dès avant le début des votes, de nombreuses patrouilles des forces maliennes, onusiennes et françaises circulaient en ville. Quelques blindés légers ont été déployés à des carrefours. Des soldats français circulaient également à pied.

Lorsqu'une quinzaine de jeunes touaregs est passée, en scandant « Azawad, azawad », se regroupant devant un bureau de vote au centre de la ville, les forces militaires ont renforcé leur dispositif. Les militants indépendantistes veulent faire entendre leur voix : ils défilent en ville, drapeau de l'Azawad au vent, espérant faire des émules dans la foule.

Des électeurs ont dit avoir subi des menaces, même s'il n'y a pas eu pour l'instant d'incidents majeurs.

Dans la région de Kidal, des touaregs manifestent en marge du scrutin en brandissant le drapeau de l'Azawad. © AFP PHOTO/KENZO TRIBOUILLARD

Mahamadou Doucouré
14-10-2013 - Par Guillaume Thibault
11h10 : Chez les Maliens de l'étranger aussi, on constate des dysfonctionnements. En France, certains sont invités à se rendre dans des bureaux de vote à l'autre bout de la région, voire du pays... Quand ils ne se retrouvent pas devant un bureau inexistant à l'adresse qui leur a été indiquée.

Un Malien vivant près de Paris, a même vu apparaître sur sa carte d'électeur la photo de son père... qui n'a pourtant jamais quitté le Mali.

Abdulaye Cissé
14-10-2013 - Par Guillaume Thibault
11h00 : De premiers incidents commencent à remonter. Ils sont principalement dus aux difficultés des électeurs pour trouver leur bureau de vote. Des Maliens ont contacté RFI pour décrire leur désarroi et celui d'autres citoyens. Des personnes âgées ont renoncé, faute de trouver où se rendre. A Mopti, Abdulaye Cissé, guide touristique, raconte croiser de nombreuses personnes aussi perdues que lui.

10h00 : Dans le camp militaire de Kati, les premières heures de vote se déroulent bien. Le capitaine Amadou Haya Sanogo, à l'origine de coup d'Etat militaire du 22 mars 2012, est attendu plus tard dans la journée.

Une douzaine de bureaux de vote sont ouverts dans le camp avec une quinzaine de personnes faisant la queue devant chacun d'entre eux. Pour la plupart, ce sont des militaires, en tenue civile, ainsi que leurs épouses. Selon l'un des assesseurs, les votants sont ici plus nombreux que lors de la présidentielle de 2007.

9h30 : Le président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré, a voté dans le quartier de Lafiabougou, à l'ouest de Bamako.

« Je pense que de mémoire de Maliens, c'est le meilleur scrutin qu'on organise depuis 1960 », a-t-il déclaré. « J'ai voté pour le candidat qui m'a le plus convaincu pendant la campagne », a-t-il expliqué, sans révéler le nom de son favori.

9h00 : Début d'affluence aussi à Tombouctou, principalement des femmes et des jeunes. Les bureaux de vote ont ouvert à l'heure. Tout le matériel est bien là, ainsi que des représentants des différents candidats. Seul petit couac : beaucoup d'électeurs continuent de peiner à trouver leur bureau de vote, malgré les listes affichées avec des photos en couleur des inscrits.

Nous voulons créer une entente entre les ethnies pour que le Mali aille de l'avant.
Un électeur à Tombouctou
14-10-2013 - Par Serge Daniel
8h40 : A Gao, malgré les menaces du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et l'absence de nombreux habitants ayant fui les violences, le vote commence bien. Les bureaux de vote ont bien ouvert. Ici aussi, des centaines de Maliens font la queue pour voter.

Chaque bureau est composé d'un président et quatre assesseurs. Selon le président du bureau n°9, « tout le matériel est en place ». Les habitants se disent déterminés à choisir leur nouveau président, même si de nombreux électeurs, analphabètes, errent à la recherche de leur bureau de vote, carte en main.

8h30 : A Bamako, les premiers votes se déroulent bien. De nombreux électeurs étaient arrivés près d'une heure et demie avant l'ouverture des bureaux. Beaucoup sont venus en famille. La bonne humeur est au rendez-vous : les votants restent pour discuter après s'être exprimés dans les urnes. « Je n'ai pas dormi de la nuit, j'étais trop impatiente, raconte une électrice qui participe à sa première élection. Après tout ce que le Mali a traversé, nous attendions ce jour ! » « Nous sommes fatigués de la situation, confirme un autre électeur, nous avons besoin d'un président fort ».

Petite frayeur tout de même en début de matinée : la pluie a commencé à tomber, avant de cesser, comme pour laisser le vote se dérouler.

Les Maliens font la queue devant un bureau de vote installé dans une école de Bamako. © RFI / Pierre René-Worms
8h00 : Les premiers bureaux de vote ont commencé à ouvrir pour ce premier tour de l'élection présidentielle. Les Maliens font la queue depuis tôt ce matin à certains endroits. Les premiers électeurs ont pu commencer à s'exprimer dans les urnes.

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