Indignation après l’assassinat de deux envoyés spéciaux de RFI au Mali

Claude Verlon et Ghislaine Dupont à Kidal au Mali, en juillet dernier.
© RFI

Les réactions sont nombreuses après l’enlèvement et l’exécution, samedi 2 novembre 2013, de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux envoyés spéciaux de RFI à Kidal, au nord-ouest du Mali. L'annonce de leur décès a plongé la rédaction de RFI dans une profonde tristesse et suscité une vague d'émotion dans le monde. Le président François Hollande a exprimé son « indignation à l'égard de cet acte odieux ». Le parquet de Paris a, lui, annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire pour enlèvement et séquestration suivis de meurtres en lien avec une entreprise terroriste.

Cet article est réactualisé régulièrement

Le président ivoirien Alassane Ouattara et président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a tenu à présenter ses condoléances aux proches et aux familles de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

« Nous connaissions bien Ghislaine. C’était une amie à nous. Notre équipe, mon épouse et moi-même l’avions souvent au téléphone, surtout pendant la période difficile, lorsque nous étions enfermés à l’Hôtel du Golf. Elle nous appelait souvent pour prendre de nos nouvelles. Elle nous appelait et nous l’appelions. C’était un échange de très grande qualité, une grande connaissance de l’Afrique, une grande capacité d’analyse. Evidemment, elle était très attachée à l'Afrique et je crois qu'elle a bien mérité cette grande amitié que nous lui portons. C’est une grande journaliste, une perte pour, bien sûr, RFI, pour sa famille, mais également pour tous ses amis et je voudrais vous présenter à tous mes condoléances les plus émues et surtout dire à sa maman que Ghislaine avait de bons amis africains qui pensent fort à elle. Nous souhaitons que RFI ne se décourage pas dans sa tâche d’information impartiale », a déclaré Alassane Ouattara.

« C’est une terrible nouvelle que nous avons reçue, à travers ce drame, cette tragédie. Bien sûr, pour nous, il s’agit d’un crime impardonnable pour lequel il faut très vite une mobilisation pour retrouver, les commanditaires », a déclaré Blaise Compaoré, président du Burkina Faso, au micro de RFI. « Cela me paraît très important. Pour la communauté internationale, pour le Mali et ses voisins, de travailler à faire la lumière sur ce drame. En même temps, il nous faut nous réorganiser sur le plan des dispositifs de sécurité militaire, pour apporter plus de fermeté à notre engagement pour mettre fin à ce genre d’activités dans notre Sahel. »

Le président tchadien Idriss Déby a également tenu à présenter ses condoléances « à la France, au groupe RFI, aux proches et aux familles de Ghislaine Dupont et Claude Verlon qui ont été lâchement assassinés par les forces du mal au Mali ». Il a appelé les journalistes, à ne pas se décourager. « Continuez à chercher la vérité partout où elle se trouve. Votre métier est par essence un métier à risques. Armez-vous de courage et de patience. La communauté internationale continue à vous soutenir dans votre combat si noble. Sans la presse, le monde est comme un corps sans âme », a déclaré le président tchadien.

« C'est avec grande tristesse et désolation que j'ai appris la disparition de Ghislaine Dupont. J'ai connu cette grande journaliste sur les ondes de RFI en 1990 avant qu'on ne soit amis en 2005. J'échangeais très souvent avec Ghislaine au téléphone, je bénéficiais de ses conseils, j'aimais sa manière de comprendre et de suggérer son opinion, se souvient Jean Claude Dro Kessé, président du Parlement africain de la société civile. Je suis consterné et abattu. Il faut que l'Afrique cesser d'être le cimetière des vrais artisans de son développement. A la France, à RFI et aux familles de Ghislaine et Claude, je présente mes condoléances et celle de la société civile Africaine. »

« L’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon hier à Kidal suscite à la fois émotion et indignation » a fait savoir dans une lettre adressée à la présidente de RFI Marie-Christine Saragosse, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. « Emotion parce que leur professionnalisme et leur talent, qu’ils avaient mis au service de Radio France International de longue date, étaient unanimement reconnus et appréciés et que leur disparition est douloureuse pour tous les journalistes, qui se dévouent chaque jour pour la liberté d’informer, et au-delà pour tous les Français. Indignation devant les agissements de ceux qui n’hésitent pas à prendre en otage et à assassiner froidement pour empêcher la stabilisation d’un pays qui n’aspire qu’à la paix et à la prospérité. La France continuera à combattre le terrorisme.
En ce moment de deuil, je vous serais reconnaissant de transmettre à tous les personnels de France Médias Monde ma totale solidarité. La France fera tout son possible pour retrouver les coupables de cet acte odieux. Mes pensées vont aussi à la famille et aux proches de Ghislaine Dupont et Claude Verlon auxquels je vous demande de transmettre mes condoléances les plus attristées ».

« C'est un crime terrible, a pour sa part réagi, en français, le président équatorien Rafel CorreaToute notre solidarité avec les familles des deux journalistes décédés, toute notre solidarité avec les journalistes qui, comme Ghislaine et Claude, risquent même la vie pour faire du véritable journalisme ».

« Nous nous inclinons devant la mémoire de nos deux confrères morts dans l’exercice de leur fonction. Les auteurs de cet acte grave ne doivent pas rester impunis. Les nouvelles autorités maliennes ont la nécessaire obligation de mener une enquête pour arrêter les coupables, mais surtout de renforcer la sécurité au nord du pays pour que les journalistes du Mali et d’ailleurs, puissent continuer à s’y rendre pour faire leur travail dans la sérénité au nom du droit du public à l’information », a déclaré Gabriel Baglo, directeur Afrique de la Fédération internationale des journalistes.

Par la voix de son directeur général, Stéphane Todome, la Direction générale de l’office de radiodiffusion et télévision du Bénin (ORTB) a également tenu à présenter ses condoléances au personnel de RFI. « La tragique disparition de ces deux confrères pose une nouvelle fois la question de la sécurité des journalistes sur les théâtres d’opération. Cependant, ceci ne doit pas émousser les ardeurs de nos reporters qui se battent tous les jours pour servir au public des informations justes et fiables », a écrit Stéphane Todome.

« L’exécution sommaire des deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, est un acte innommable et révoltant. Que des journalistes qui ont le courage de couvrir une zone comme la région de Kidal se retrouvent abattus froidement à la sortie d’une interview, ça ne suscite pas seulement l’indignation, mais un profond dégoût », a pour sa part réagi Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.

« Nous condamnons avec la dernière énergie ce double assassinat qui montre malheureusement l’Etat de non droit qui règne encore dans le nord du Mali. Cet assassinat est non seulement un acte criminel mais un acte terroriste, destiné à intimider les regards extérieurs », considère Reporters sans frontières.

L’Union des clubs de la presse de France et francophones (UCP2F) est, quant à elle, « sous le choc ». « C’est un véritable sentiment d’indignation, de consternation et de révolte qui nous anime suite à l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, écrit le président de l’UCP2F, Karl Sivatte. Ce crime est l’expression pure et simple de la barbarie de ceux qui l’ont commis. Cette douloureuse circonstance vient nous rappeler que la mission d’informer et la Liberté de la presse ne sont pas des acquis. »

« Il y a, d’une certaine manière, non seulement l’atteinte aux familles, non seulement l’atteinte à l’entreprise, c’est une évidence, mais il y a aussi le sentiment qu’on veut faire taire ce qui se passe là. Et c’est bien en effet – si les revendications sont exactes, je me méfie – dans la logique de ces assassins, analyse le député européen et ancien journaliste Jean-Marie Cavada. Je voudrais féliciter votre société, vos équipes et ses dirigeants, d’avoir dit tout de suite que les missions se poursuivraient quoi qu’il arrive, parce qu’on ne peut pas arrêter ce service qui est donné au public international. Il faut espérer qu’on arrivera à mettre la main sur ces criminels et je serais très heureux qu’ils soient traduits devant un tribunal international afin qu’on aille jusqu’au fond de la sanction. »

Détermination du Mali et de la France contre le terrorisme

Le président français François Hollande a exprimé « son indignation à l'égard de cet acte odieux ». S'associant à la douleur des familles, il a adressé « un message de solidarité à toute la rédaction de RFI ». Dans la soirée, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta a appelé son homologue français, François Hollande, pour lui adresser « les condoléances du peuple malien, à la suite de l'assassinat des deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon ». Les deux présidents ont affirmé leur détermination à « poursuivre sans relâche la lutte contre les groupes terroristes qui restent présents au nord du Mali. Les meurtres odieux commis aujourd'hui à Kidal ne peuvent que renforcer la détermination des deux Etats à poursuivre et à remporter ce combat commun contre le terrorisme », selon un communiqué de l’Elysée publié dans la soirée.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a exprimé ses condoléances aux familles des victimes et au gouvernement français. Dans un communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche, les 15 membres condamnent l’assassinat de nos deux confrères. Le Conseil de sécurité qui rappelle que « les journalistes, les médias professionnels et les personnes qui y sont associées, engagés sur les théâtres de conflits armés, sont considérés généralement comme des civils et doivent être respectés et protégés en tant que tels. » Selon le communiqué adopté à l’unanimité, les 15 membres appellent le gouvernement malien à « enquêter rapidement » sur cette affaire et « à traduire les criminels devant la justice ». La condamnation est forte : le Conseil de sécurité parle d’ « acte de terrorisme », des actes « criminels et injustifiables ».

La République du Sénégal exprime sa profonde consternation et se dit déterminée avec la France, le Mali et la communauté internationale à intensifier la lutte contre le terrorisme. Maître Sidiki Kaba, ministre de la Justice sénégalais et ancien président de la FIDH, a exprimé ses condoléances à RFI. « Je suis triste et choqué et espère que les assassins seront arrêtés et rendront compte devant la justice », a-t-il déclaré.

Ibrahim Sy Savane, président de la Haute autorité de la communication audiovisuelle en Côte d’Ivoire et ancien ministre de la Communication a aussi fait part de son « immense tristesse » et a formulé ses encouragements « en cette sombre soirée ».

Edem Kodjo, ancien Premier ministre du Togo et ancien secrétaire général de l'OUA, dit lui son « indignation » devant « l’assassinat lâche et odieux » des deux envoyés spéciaux de RFI au Mali. Au nom de la Fondation Pax Africana, dont il est président, Edem Kodjo exprime son « soutien à la grande famille des journalistes de RFI qui, au péril de leurs vies, apportent chaque jour, un peu d’humanité dans ces zones déchirées par des conflits fratricides ».

« Ghislaine inspirait confiance »

« J'ai été particulièrement affligé par la disparition de Ghislaine et de Claude Verlon », a réagi Djibrill Bassolé, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso sur l'antenne de RFI.
« Je profite de votre antenne pour présenter mes condoléances les plus émues à leurs proches et à la grande famille RFI qui sont, j’imagine, sous le choc ». « Ghislaine était pour moi une grande amie,
a-t-il poursuivi. J’avoue que je me confiais à elle et je me rappelle de nos longues conversations, depuis le Darfour d’ailleurs quand j’y étais et jusqu’au Mali. Je l’appelais pour me confier, me défouler un peu, après quelques séances pénibles de négociations. Et j’avais toujours une oreille attentive. Bien sûr, par moments on se chamaillait, il fallait nous entendre ! Mais c’était toujours très amical et jamais elle n’a trahi le moindre secret sur ce que j’aie pu lui dire.
« C’était lors de conversations « off the record »
, a-t-il précisé, et là je retrouvais vraiment en elle une amie, qui m’écoutait, qui me donnait des conseils, qui même quelques fois me remontait le moral. Elle inspirait confiance et il y avait entre nous une estime réciproque. Je ne voyais pas en elle la journaliste, je voyais l’amie avec laquelle je parlais de tout et de rien ».
« Elle faisait la part des choses
, s'est-il remémoré, Je pense que dans les reportages qu’elle faisait, jamais elle n’a favorisé ma position d’une manière particulière, il n’y avait pas de connivence. Et quand il fallait dénoncer une approche, une méthode de ma part, elle le disait très franchement ».

Marc Mapingou, communicant international, ancien directeur de campagne et conseiller du président Pascal Lissouba du Congo Brazzaville, s'est dit lui aussi ému et triste en apprenant la nouvelle :

«J'ai été personnellement touché par la disparition de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon. Lors des élections du Mali, j'ai pu mesurer leur courage, et leur détermination dans la recherche de l'information lorsqu'ils m'ont demandé de favoriser leur premier voyage à Kidal dans l'avion du candidat Dramane Dembelé pour lequel je fus conseiller spécial chargé des opérations stratégiques aux élections présidentielles. Je suis très ému ce soir, et j'exprime ici ma sympathie attristée à tous les journalistes de RFI ainsi qu'aux familles de nos deux amis. Puisse leur courage, et leur passion pour leur métier, servir d'exemple à tous ceux qui caressent le rêve d'un monde où la paix, et l'amour devraient être les valeurs les mieux partagées. Je garde pour Ghislaine et Claude le souvenir de discussions constructives que nous avions eues à Bamako pour une Afrique qu'ils ont tant aimé. Leurs voix continueront à retentir dans nos coeurs ».

Pour sa part, la chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, a elle fait part de « sa profonde tristesse » devant « cet assassinat odieux », selon l'un de ses porte-parole.

En Côte d'Ivoire, le président Alassane Ouattara, également président en exercice de la Cédéao, a condamné un « acte odieux qui attristes des millions d'Africains ».

Les réactions ont ainsi été nombreuses, notamment dans la classe politique française. « Les journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon, premiers sur le terrain à rendre compte, à analyser et à témoigner ont été lâchement pris pour cible, alors qu'ils ne faisaient là que leur métier. Je sais que les services de l'Etat français, en lien avec les autorités maliennes, mettront tout en œuvre pour connaître les circonstances de ce drame », écrit dans un communiqué Claude Bartolone, le président (PS) de l’Assemblée nationale.

« Une atteinte à la liberté de la presse »

Exprimant sa « consternation », Aurélie Filipetti, ministre française de la Culture et de la Communication, exprime ses pensées aux familles de nos deux confrères. « C’est une atteinte très lourde à la liberté d’informer. Une liberté précieuse, indispensable dans toute démocratie et ils faisaient leur travail. Et ils le faisaient bien. Ils le faisaient pour défendre la liberté, partout dans le monde. C’est vraiment une immense perte que la perte de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon », a déclaré la ministre au micro de RFI. « Je crois qu’il faut continuer, ne renoncer à rien, surtout. On ne fermera pas la bouche de RFI. On ne fermera pas la bouche de la liberté d’information. Les journalistes continueront, et les journalistes français en particulier, à faire leur travail », a-t-elle jugé. « Ces deux morts tragiques nous ont rappelé à quel point l’indépendance, la liberté de la presse sont des valeurs incontournables, mais, malheureusement, sont souvent prises comme cible par les barbaries et les terrorismes de tous acabits. »

« Ces crimes odieux ajoutent au lourd tribut payé par les journalistes qui - avec un courage et un sens du devoir qui méritent notre plus grand respect - se rendent sur des terrains dangereux pour nous informer », a déclaré pour sa part Martine Aubry, maire (PS) de Lille. « Cet acte barbare appelle plus que jamais les pays d'Afrique de l'Ouest, l'Europe et la France à intensifier leurs efforts afin de parvenir à la paix et au développement dont la condition première demeure l'éradication du terrorisme », estime Razzy Hammadi, député socialiste qui préside le groupe d’amitié France-Mali à l’Assemblée nationale.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, juge quant à lui que « ce crime trahit la barbarie de ceux qui l'ont commis, comme il démontre l'idéologie fanatique et mortifère qui les habite ». Il plaide pour que « la liberté de la presse, si chère a nos deux compatriotes décédés [soit] défendue en tout lieu et en tout temps. »

L'ex-ministre des Affaires étrangères Michel Barnier a fait part de sa tristesse. « Je pense d’ailleurs à d’autres journalistes de RFI, Johanne Sutton, Jean Hélène qui ont disparu dans d’autres circonstances tragiques », a-t-il déclaré. « C’est l’occasion pour moi de saluer le courage de ces journalistes, sachant les risques qu’ils prennent, parce qu’ils le font pour une certaine idée de l’information, une certaine idée de la démocratie. S’agissant de RFI, c’est aussi encore plus particulier avec le lien qu’ils établissent, qu’ils maintiennent avec toute la communauté des journalistes africains. Je souhaite que toutes les équipes de RFI, qui font un formidable travail, ne se découragent pas, qu’ils maintiennent cette voix vivante et forte ».

Marie-Christine Blandin, la présidente de la commission de la Culture, de l'Education et de la Communication du Sénat, adresse son soutien aux équipes de RFI : « Au personnel, aux syndicalistes, aux journalistes de terrain, je tiens à dire toute mon émotion et ma colère face à la barbarie qui a causé le décès de vos deux collègues. Ils sont, comme vous tous, les indispensables piliers de l’information libre, donc de notre démocratie. »

« En finir avec la culture de l'impunité »

Rama Yade, ancienne secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, évoque sur Twitter une « tragédie brutale et immense » et exprime ses « pensées tristes pour les familles et RFI ».

« Ghislaine et Claude faisaient partie de ces brillants journalistes auxquels on est si attachés pour mener ce combat pour les droits de l’homme », a pour sa part réagi Jean-Marie Fardeau, directeur du bureau France de l'organisation de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch. Appelant à une enquête indépendante, il appelle par ailleurs à l'application de la justice : « Il faut absolument trouver ceux qui ont fait ça et en finir avec la culture de l’impunité qui, malheureusement, a trop marqué le Mali depuis des décennies et pour cesser ce cercle vicieux de la violence, des représailles et de l’impunité. Il faut absolument que les assassins de Claude et de Ghislaine soient retrouvés et jugés pour montrer que l’Etat de droit doit enfin exister dans ce pays ».

Par email, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a tenu à adresser ses « sincères et affectueuses condoléances » aux familles, proches et confrères de Claude Verlon et Ghislaine Dupont, dont il a « pu apprécier le grand professionnalisme et la haute exigence éthique », qualifiant leur mort de « terrible nouvelle, dans l'exercice de leur métier difficile. »

Ahmedou Ould Abdallah, président du Centre des stratégies pour la sécurité du Sahel-Sahara, et ancien représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Afrique de l’Ouest, avait rencontré Ghislaine Dupont pour la première fois en 1994/1995 dans la région des Grands Lacs. Dans son message, il se souvient de leur dernière rencontre, le dimanche 29 juillet 2013 à Kidal. « Les conditions physiques y étaient effroyables le danger oppressant. Tannée par le soleil et la poussière, Ghislaine travaillait ses textes et à ma question répondit " je serai à Bamako mardi pour prendre une douche à l’hôtel".
Comme en Afrique des Grands Lacs, elle était, au Sahara, égale à elle même: convaincue, courageuse et obstinée
».

Dans une lettre adressée à la rédaction de RFI, l'écrivain et réalisateur camerounais Bassek ba Kobhio souligne qu'en « arrachant à la vie Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les forces obscurantistes ont encore frappé notre Afrique que les jours qui passent prouvent à grande suffisance qu’elle ne serait pas aujourd’hui ce qu’elle est sans RFI : un continent où, malgré les catastrophes qui s’accumulent, pointent toujours, quand on vous écoute, des motifs de ne pas désespérer (...) Epreuve terrible, douleur lancinante face auxquelles on ne peut opposer que des mots : courage à vous leurs collègues, condoléances très attristées aux familles, mais surtout et surtout repoussez la renonciation, puisez au fond de vous des forces pour poursuivre, trouvez auprès de vos millions d’auditeurs des raisons de ne pas abandonner ».

Dans un communiqué, François Jacquel, directeur général du CMCA (Centre méditerranéen de la communication audiovisuelle), relève « qu'aucune cause ne peut justifier ce double meurtre qui s'ajoute dramatiquement à la longue liste des coups portés à la liberté de la presse ».

Babacar Touré, président du CNRA, le Conseil national de régulation de l'audiovisuel au Sénégal, a exprimé sa « profonde indignation face à cet acte abominable (...) qui illustre à souhait la folie sanguinaire des hommes ».

Ed Kronenburg, ambassadeur des Pays-Bas en France, s'est déclaré « bouleversé » par la tragique nouvelle de l'assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon. « Nous compatissons à votre douleur et vous adressons nos plus sincères condoléances (...) Cet acte lâche est, pour les Pays-Bas, un acte inadmissible ».

« Les journalistes russes sont avec vous et pleurent l’assassinat de vos collègues  Ghislaine Dupont et Claude Verlon », ont écrit des journalistes de Radio Voix de la Russie dans un message adressé à RFI.
 


Une boîte mail a été créée pour que les amis, les collègues et les auditeurs de RFI laissent leurs hommages à Ghislaine Dupont et Claude Verlon : rfihommage@gmail.com

Edition spéciale de RFI pour la mort de nos collègues
03-11-2013 - Par RFI