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Cameroun France

Un prêtre français enlevé dans le nord du Cameroun

Le prêtre français Georges Vandenbeusch (c) célébrant une messe dans le nord du Cameroun, le 22 juillet 2012.
© AFP PHOTO / DIOCESE DE NANTERRE

Au Cameroun, le père Georges, le curé de la paroisse de Nguetchewe, proche de la frontière avec le Nigeria, a été enlevé dans la nuit de mercredi à jeudi 14 novembre par des individus non identifiés. Joint par RFI, Augustine Awa Fonka, gouverneur de la province de l'Extrême-Nord du Cameroun, s'est rendu sur place et a mené l'enquête. Il affirme que le père Georges Vandenbeusch se trouve au Nigeria et qu’il a été enlevé par un groupe de dix à vingt hommes armés.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des individus non identifiés, parlant anglais et haoussa, sont rentrés dans la paroisse de Nguetchewe. Ils s'en sont pris aux sœurs qui se trouvaient là, leur demandant de l'argent. L'alerte a été donnée très rapidement par le père Georges lui-même. En effet, le prêtre français qui se trouvait chez lui tout près, à moins de 100 mètres, a directement appelé l'attaché de défense de l'ambassade de France et les autorités militaires de la région, qui sont arrivés sur place dans les trente minutes. Malheureusement déjà trop tard.

Le vicaire général de Maroua, Henri Djionyang s'est rendu sur place avec l'évêque pour réconforter les sœurs et s'enquérir des premiers éléments de l'enquête. Il raconte qu'un témoin a assisté à l'enlèvement : « Un jeune homme a vu des hommes armés emmener le père pieds nus, traverser le village et partir à moto vers une direction que l’on ne connaît pas. D’après les témoignages, des gens ont entendu des cris de joie. Selon un chef de village, il y a des motos qui sont passées et dès que les motards ont traversé la frontière, ils ont jubilé. Ce sont donc probablement eux qui ont emmené le père au Nigeria ».

Enlevé par un groupe de dix à vingt hommes armés

L’enlèvement du prêtre français Georges Vandenbeusch, âgé de 42 ans, n’a pas été revendiqué. Joint par RFI, Augustine Awa Fonka, gouverneur de la province de l'Extrême-Nord du Cameroun, s'est rendu sur place et a mené l'enquête. Il a la certitude qu’il se trouve au Nigeria. Abuja ne confirme pas mais les villageois ont vu les ravisseurs entrer dans la commune de Kiréwa. Il précise également qu’il s’agit d’un groupe de dix à vingt hommes en armes.

Selon moi, il est clair que ce sont des Boko Haram.

Augustine Awa Fonka
14-11-2013 - Par Nicolas Champeaux

Des motards qui auraient traversé la frontière vers le Nigeria, c'est aussi l'hypothèse sur laquelle se penchent les enquêteurs avec comme questionnement : est-ce que l'objectif de l'attaque était l'enlèvement, ou est-ce un crime opportuniste ? Les sœurs de la paroisse sont formelles. C'est de l'argent qu'ils étaient venus chercher. C'est d'ailleurs chez elles que les assaillants se sont d'abord rendus. Et c'est parce qu'ils n'ont rien trouvé qu'ils ont ensuite cherché à s'introduire de force dans le domicile de père Georges.

En 2008, il y a déjà eu une attaque du même genre, dans la même paroisse, mais cette fois-là les agresseurs étaient repartis avec de l'argent et sans emmener d’otage. Ont-ils décidé d'emmener le prêtre français avec eux faute de trouver autre chose ? C'est en tout cas l'impression des autorités religieuses du diocèse de Maroua-Mokolo sans toutefois exclure la piste de Boko Haram, la secte islamiste nigériane qui est depuis ce mercredi sur la liste noire des Etats-Unis des groupes terroristes.

François Hollande demande aux Français « de ne pas mettre en danger leur vie »

L’enlèvement du père Georges survient à peu près au même endroit que celui de la famille française, les Moulin-Fournier, en février dernier et qui avait été libérée, en avril, par Boko Haram.

Le président français François Hollande s’est exprimé, ce jeudi 14 novembre, en marge d’un déplacement à Monaco. Il a appelé les ressortissants français à ne rien faire qui puisse mettre leur vie en danger.

« Nous mettons tout en œuvre pour que ce prêtre puisse être retrouvé et que nous puissions lui rendre la liberté. Il faisait l’exercice de son culte dans un lieu qu’il savait dangereux. Il avait été prévenu du risque. Il n’empêche, tout doit être fait et sera fait pour qu’il puisse être libéré dans les meilleurs délais », a déclaré le président français.

« Je veux également demander à tous mes compatriotes qui vivent ou qui se déplacent dans ce que je qualifie de région maintenant considérée comme " à risque élevé ", de ne rien faire qui puisse mettre en danger leur vie ou qui puisse les exposer à des enlèvements », a mis en garde François Hollande.

Une frontière extrêmement difficile à contrôler

Le rapt du père Georges Vandenbeusch s’est produit près de la frontière avec le Nigeria, là où sévissent des groupes terroristes comme Boko Haram, très difficile à contrôler. Les autorités du Cameroun venaient justement de créer, avec le Nigeria, un comité mixte pour veiller à la sécurisation de cette frontière. RFI a interviewé le chercheur camerounais Mathias Nguini Owona. Il travaille à la fondation Paul Ango qui analyse les questions sécuritaires en Afrique centrale. Il revient sur cet enlèvement du prêtre français.

Le Cameroun, en collaborant avec le Nigeria, veille quand même à faire que les choses n’entraînent pas une extension de la zone de conflictualité à l’intérieur du Cameroun.

Mathias Nguini Owona
14-11-2013 - Par Nathalie Amar

 

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