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    Séisme en Haïti: entre frustrations et espoirs, les sinistrés livrés à eux-mêmes

    media Il reste un million et demi de sans-abri depuis le séisme survenu à Port-au-Prince le 12 janvier 2010. Reuters/St Felix Eves

    Six mois ont passé depuis le séisme du 12 janvier 2010. Le bilan humain (plus de 250 000 morts et 300 000 blessés) est le plus lourd de toutes les catastrophes naturelles de l’histoire. Et le quotidien des habitants de la capitale haïtienne est encore rythmé par l’urgence humanitaire.

    De notre correspondante permanente en Haïti,

    Retendre les bâches plastiques tombées au cours de la nuit, consolider l’abri avec quelques planches de bois et une tôle. Quotidiennement, ces mêmes scènes se répètent dans chaque camp de sinistrés de Port-au-Prince. Six mois après le séisme dévastateur, les places publiques de la capitale haïtienne accueillent toujours ceux qui ont tout perdu le 12 janvier. Et malgré toute l’aide humanitaire arrivée en Haïti, les conditions de vie y sont toujours aussi précaires.

    Un million et demi de sans-abri. Les chiffres et statistiques des organisations internationales peinent à retranscrire la dure réalité du pays. Depuis six mois, Luckson Pierre se lève, se lave, se nourrit et se rendort sur la place Boyer de Pétion ville, dans les hauteurs de Port-au-Prince. Ce jeune étudiant de 21 ans s’est construit son abri de fortune avec une bâche plastique qu’il a pu obtenir d’une ONG, avec des planches de bois récupérées dans les décombres de bâtiments effondrés. Un calendrier comme unique décoration dans sa petite construction, Luckson a du mal à se faire à sa nouvelle vie : « Avec la saison des pluies, les nuits sont de plus en plus pénibles. J’ai bien posé des cartons au sol pour éviter de tremper mon matelas mais ça ne suffit pas : la bâche plastique est très abîmée et commence à se déchirer. »

    Désespoir des jeunes

    Les jours passent et ses espoirs de dormir dans un logement décent s’amenuisent. Plus qu’une maison, trouver un travail est devenu sa priorité. Fin mars, le Programme alimentaire a mis fin aux distributions massives de nourriture pour concentrer ses efforts sur les populations fragiles, les femmes enceintes, les enfants de moins de 5 ans et les personnes blessées. Une sélection nécessaire pour ne pas pénaliser l’agriculture nationale mais qui exclut tous les jeunes hommes sans famille à charge comme Luckson.

    Sur ce qui fut le prestigieux terrain de golf de la capitale haïtienne vivent désormais 60 000 personnes. Parmi eux, Maricia, 23 ans, tente chaque jour d’intégrer un programme « argent contre travail » géré par les ONG. « J'aimerai avoir un boulot, un vrai pour satisfaire mes besoins premiers : avoir des vêtements, répondre aux besoins de mon ventre, c'est tout. Ici ça fait belle lurette qu'on ne nous a plus donné de nourriture sur le terrain », dit-elle. Mais les offres sont insuffisantes pour répondre aux nombreuses demandes. Aussi, Maricia essaie-t-elle de gagner quelques gourdes en vendant des boissons glacées à ses nouveaux voisins.

    Ces petits commerces informels permettent aux sinistrés de survivre sur leur lieu de vie. Dans les camps de Port-au-Prince, les coiffeurs, cireurs de chaussures, vendeurs de cartes téléphones sillonnent les allées de tentes.

    La débrouille est devenue la norme de vie. Sinistré installé sur le terrain de golf du Pétion ville club, Jean Roquet Clervaux fait partie d’une association qui travaille au niveau sanitaire. Six mois à vivre sous la tente, il a du mal à contenir sa colère : « Nous sommes devenus des nomades livrés à nous-mêmes. On pensait qu’on allait rapidement construire des maisons, mais non. Du coup, nous sommes bien obligés de rester sur le golf. » Comme beaucoup, il a cru aux promesses des pays amis d’Haïti, aux sommes annoncées en grandes pompes après le sommet de New York le 31 mars. Mais l’argent n’a pas été débloqué : sur les 2,6 milliards de dollars promis et nécessaires pour l’année 2010, la Banque mondiale n’a pour l’heure reçu que 260 millions.

    Des promesses non tenues

    Reportage sur les inquiétudes des blessés du séisme 12/07/2010 Écouter

    Très dur avec la communauté humanitaire, Jean Roquet Clervaux ne peut contenir un sourire las quand on l’interroge sur l’action du gouvernement : « Je n’attends rien de l’Etat haïtien, je me suis habitué à ne rien attendre d’eux. En revanche, les ONG, elles ont failli à leur mission : regardez toutes ces grossesses précoces, la délinquance juvénile qui augmente dans le camp. Ils n’ont pas aidé la jeunesse. Comment peut-on accepter ça ? ».

    Les frustrations sont les mêmes dans chacun des quelque 1 342 camps de sinistrés recensés par l’ONU dans le pays. Malgré ce sentiment d’abandon, nulle révolte massive n’a encore vu le jour. La ferveur religieuse prend le dessus sur la colère : « nous avons survécu alors il faut faire des efforts pour continuer à vivre, explique Jean. On attend Dieu, seul Dieu peut nous sortir de cette situation… mais quand même, après six mois, nous ne pouvons rester dans cette situation, sous nos maisons en plastique ».

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