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Article publié le : vendredi 23 juillet 2010 - Dernière modification le : vendredi 23 juillet 2010

Cuba cherche le rythme pour sa révolution économique

Le président du Parlement, Ricardo Alarcon (g) et le président de Cuba, Raul Castro (d).
Le président du Parlement, Ricardo Alarcon (g) et le président de Cuba, Raul Castro (d).
AFP/Adalberto Roque

Par RFI

Ricardo Alarcon, président du parlement cubain en visite à Paris, a annoncé que des réformes économique vont avoir lieu, avant le printemps prochain, sur l'île touchée par un embargo américain. Selon lui, il s'agit surtout d'augmenter la productivité du travail, en donnant à chacun la possibilité de profiter du fruit de son effort. En d'autres termes, refondre le système économique pour le rendre viable, sans pourtant toucher au régime politique : si cet objectif rassemble tout les dirigeants de l'île, en revanche, ils divergent sur les moyens.

Ricardo Alarcon

Président du Parlement cubain

Nous devons placer au centre du développement économique les efforts des producteurs.

 

23/07/2010 par Frédérique Misslin

La nouvelle génération au pouvoir veut un changement rapide, tandis que les anciens prônent un rythme plus lent. La situation de Cuba ressemble à celle du tiers-monde. Mais il serait malhonnête de nier le niveau de culture et les acquis sociaux de l'île : accès gratuit au logement, à la santé, à l’éducation et au sport.

Depuis que les Cubains sont autorisés à travailler à leur compte, c'est-à-dire depuis quinze ans, la situation s’est un peu améliorée. Mais le secteur privé est asphyxié par l'impôt pour éviter la concurrence avec le public.

Un pays en crise de solvabilité durable

Même si les services de base fonctionnent plus au moins normalement, les salaires très bas ne permettent pas d’acheter l’essentiel. Le pays est en crise de solvabilité durable. Tout le mal provient d'une monnaie à deux vitesses : il y a le peso, à usage interne, et le peso destiné à l'usage exclusif des touristes.

Cuba a du nickel et du pétrole à exploiter mais les moyens manquent pour développer ce secteur. L’embargo américain, que plus rien ne justifie aujourd’hui, bloque les investissements étrangers. Des terres ont bien été distribuées mais cela ne compense pas encore l’inefficacité des coopératives d’État.

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Commentaires (2)

Cuba cherche le rythme pour sa révolution économique

En effet il serait "malhonnête de nier" que le peuple aime et soutient son gouvernement. Ce qui est assez rares dans nos "grandes démocraties" qui pourtant donnent des leçons au reste du monde.

Eternels effets d'annonce...

Nous n'y croyons plus M. Alarcon, vos effets d'annonce sont presque aussi anciens que votre longévité à la tête d'une assemblée nationale populaire cubaine qui ne débat aucun sujet dans le fond. Raul avait déjà annoncé lors de son arrivée à la tête de l'Etat des réformes économiques qui ne se sont concrétisées que par de timides redistributions de terres (privatisations) à des paysans ne disposant d'aucun capital pour investir et améliorer l'exploitation des très fertiles plaines cubaines. Les conditions difficiles et chères d'accès aux crédits et intrants agricoles (outillage, engrais, semences) proposés par l'Etat n'ont pu réellement donner aux paysans les moyens de ces gains de productivité. La productivité catastrophique de l'agriculture cubaine n'a guère bougé.
Alors cessons de parler de "timidité des réformes" et parlons plutôt d'un conservatisme archaïsant visant à préserver entre quelques vieilles mains ridées le pouvoir de décider de réformer, et surtout de ne pas le faire. Quelle modernisation attendre de ceux qui s'arqueboutent sur des concepts politiques et économiques certes justes mais qui ne sont plus adaptés à la réalité d'un monde moins manichéen qu'ils ne l'analysent ? et ne laisse aucune place à une jeunesse frustrée de n'être ni écoutée ni associée à la politique comme aux affaires. Ceux qui sont plus jeunes, plus vifs et aux projets plus à même d'améliorer sensiblement cette productivité que vous semblez tant chérir ont été écartés il y a plusieurs années pour des motifs politiques ridicules et artificiels, l'ex premier vice-président du conseil d'Etat Carlos Lage (équivalent d'un premier ministre dans ses attributions) et Felipe Perez Roque aux Affaires Etrangères.
Je comprends qu'avec votre large sourire d'acteur sur le retour, votre sympathie et votre talent naturel de communication on vous envoie à Paris parler en français (que vous parlez très bien) de réformes économiques et d'amélioration de la productivité à Cuba, mais vous n'êtes pas le premier, cela a toujours été le discours économique de la Révolution, mais je suis désolé, je n'y crois plus.

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