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    Amériques

    Argentine: les dépouilles d'un Français et de son amie mexicaine disparus sous la dictature identifiées

    media Yves Domergue et son amie mexicaine Cristina Cialceta, disparus sous la dictature argentine. RFI

    Près de 30 ans après la fin de la dictature en Argentine, plusieurs milliers de familles ne connaissent toujours pas le sort qui a été réservé à leurs proches, disparus entre 1976 et 1983. Parmi les victimes, on compte 18 Français. Jusque-là, un seul corps avait été officiellement identifié grâce à l'ADN, celui de la religieuse Léonie Duquet. Mais les enquêteurs ont confirmé mardi 27 juillet 2010 l'identification d'Yves Domergue, un jeune homme de 20 ans assassiné en compagnie de sa petite amie mexicaine près de Rosario en 1976. Pour sa famille, c'est la fin d'une longue attente. Son frère, Eric, nous retrace cette histoire.

    C’est une histoire très émouvante, et par certains côtés, extraordinaire qui permet aujourd’hui à la famille Domergue de retrouver le corps d’Yves et de porter enfin son deuil. Il en est de même pour la maman octogénaire de sa compagne de l’époque, Cristina Cialceta. Tout cela 34 ans après la disparition de ces deux très jeunes gens –  ils avaient 22 et 20 ans respectivement quand ils ont disparu - au moment où la répression de la dictature était la plus forte, en septembre 1976.

    Yves et Cristina étaient à Rosario, la seconde ville du pays, dans la province de Santa Fe. C’est là qu’on les voit pour la dernière fois, aux alentours du 20 septembre 1976. Depuis, malgré toutes les recherches entreprises, la famille Domergue n’avait aucune piste. Les années passant, la possibilité de savoir ce qui s’était passé et de retrouver leurs corps – on sait que les disparus sont morts, mais ce n’est quand même pas la même chose - paraissait s’estomper.

    Or, il se trouve qu’au moment des faits, le 26 septembre 1976 exactement, un agriculteur trouve les cadavres de deux jeunes, un garçon et une fille d’une vingtaine d’années, criblés de balles, dans un champ dans la province de Santa Fe, mais dans un coin reculé, à 130 km de Rosario. L’agriculteur alerta la police et un juge instruit l’affaire, fait exceptionnel sous la dictature. Une autopsie est réalisée, on prend des photos, mais l’enquête n’aboutit pas. Les deux jeunes sont enterrés anonymement dans le cimetière du village.

    Le problème c'est que la dictature en Argentine a fait un travail extraordinaire pour effacer les preuves de ses délits.

    Juan Carlos Capurro, vice-président de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) en Argentine 28/07/2010 Écouter

    Dix ans plus tard, alors qu’on est en démocratie et que le dossier doit être détruit pour cause de prescription, un employé du tribunal le met à l’abri. Il le cache dans une école où une enseignante, en 2003, décide de faire un travail de mémoire aves ses élèves et choisit le cas de ces deux jeunes inconnus. Le travail commence à circuler, il atterrit au secrétariat des droits de l’homme de la province en 2008, où l’on fait des recoupements. Les autorités prennent ensuite contact avec le frère d’Yves, Eric Domergue, qui vit à Buenos Aires. On demande l’exhumation des corps. Et c’est ainsi qu’en 2010, les experts du centre d’anthropologie, en se basant sur l’ADN des familles, identifient enfin Yves et Cristina.

    « Il y a eu une grande surprise et un grand soulagement »

    C’est effectivement le terme qui revient le plus souvent dans la bouche des membres de la famille. Il y a la surprise, surtout après tant d’années de recherches vaines, de la douleur aussi bien sûr, mais le soulagement est le plus fort, comme nous l’a dit, Eric Domergue. Le jeune frère qui, à partir de Buenos Aires, a été de toutes les recherches au nom de la famille restée en France.

    Yves Domergue était l’aîné d’une grande famille de neuf frères, arrivée en Argentine en 1959. La famille est rentrée en France en 1974, quand l’Argentine connaissait des moments de tension. Mais Yves et Eric, sont restés, et Yves, comme beaucoup de jeunes en Argentine à l’époque, était très engagé, il militait dans un parti d’extrême gauche, le PRT, une des cibles des militaires après le coup d’Etat de 1976. C’est d’ailleurs dans le cadre de son engagement militant qu’il se trouvait à Rosario en septembre 1976.

    Bien sûr, les parents, en France, essayaient de frapper à toutes les portes mais se désespéraient de ne trouver aucune piste. Tandis qu’Eric, à Buenos Aires, après avoir contacté les dernières personnes qui avaient rencontré Yves, se trouvait aussi dans le brouillard avant cette découverte inespérée.

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