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Article publié le : mardi 31 août 2010 - Dernière modification le : mardi 31 août 2010

Purge anticorruption dans la police mexicaine

Un groupe d'officiers de la police fédérale méxicaine envoyé sur une opération anti-drogue le 26 août  2010.
Un groupe d'officiers de la police fédérale méxicaine envoyé sur une opération anti-drogue le 26 août 2010.

Le ministère mexicain de la Sécurité publique a annoncé, le 30 août 2010, la mise en route d’un processus d’épuration de la police fédérale. Près de 4 500 agents de ce corps de police engagé dans la lutte contre le narcotrafic sont visés par ces mesures dont le but est de mettre un frein à la corruption qui gangrène la police fédérale.

Avec notre correspondant à Mexico, Patrick John Buffe

Parce qu’ils ont manqué à leur devoir, 3 200 agents fédéraux viennent d’être licenciés de cette corporation policière qui en compte plus de 34 000. Dans un second temps, 1 000 autres fédéraux pourraient être démis de leur fonction parce qu’ils n’ont pas réussi le contrôle de confiance consistant en un test psychologique et un passage au détecteur de mensonges. De plus, 465 policiers sont actuellement poursuivis pénalement pour avoir commis des actes délictueux.

Une réputation de ripoux

Cette purge fait partie des nouvelles actions anticorruption du président Calderon, en quête d’une police plus efficace et surtout plus fiable. Car au Mexique, les fédéraux ont trop souvent la réputation d’être des ripoux qui participent aux enlèvements d’hommes d’affaires ou d’émigrants, à leur extorsion comme à celle de commerçants, lorsqu’ils ne protègent pas les trafiquants de drogue qu’ils sont censés combattre.

Les « flics au chômage » placés sous surveillance

Ces mesures d’épuration sont également accompagnées d’une interdiction faite à n’importe quel corps de police du pays de réincorporer ces hommes destitués, comme c’était couramment le cas par le passé. En plus, ces flics au chômage continueront, sur le papier tout au moins, à être surveillés pour éviter qu’ils ne soient recrutés par les cartels de la drogue.

La « Barbie » tombe dans les filets de la police mexicaine

Avec notre correspondant à Mexico, Patrick John Buffe

Né aux États-Unis en 1973, « La Barbie » était devenu depuis six mois l’un des noms des barons de la drogue le plus fréquemment mentionné dans les médias mexicains, en raison de la guerre sanguinaire qu’il menait dans le centre du pays contre les membres du cartel d’Arturo Beltrán Leyva. En décembre dernier, le chef de ce cartel avait été abattu par l’armée mexicaine à Cuernavaca, la capitale de l’Etat de Morelos. A partir de là, « La Barbie », qui était jusqu’alors son principal adjoint, avait tenté de s’emparer du leadership de ce groupe de trafiquants de drogue contre lesquels il en était venu à s’affronter quotidiennement.

Depuis huit mois, il ne se passait pas un jour sans que l’on enregistre des exécutions, des décapitations ou des cadavres pendus à des ponts aussi bien dans la ville de Cuernavaca que dans la station balnéaire d’Acapulco. Là où les deux gangs s’affrontaient de manière très violente pour contrôler le trafic et la distribution de la drogue dans cette région du Mexique.

Cette arrestation tombe à point nommé pour le président Calderon, car elle intervient au moment où il est la cible de critiques virulentes pour la guerre qu’il mène contre le narcotrafic. Avec la chute de « La Barbie », il peut démontrer que sa stratégie de lutte contre les trafiquants de drogue est la bonne et qu’elle est payante, même si elle a déjà causé la mort de plus de 28 000 personnes en trois ans et demi.

 

 

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