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La justice argentine rouvre l'enquête des crimes du franquisme
Une cour d'appel en Argentine a rouvert vendredi 3 septembre une enquête sur des crimes commis en Espagne sous la dictature de Franco (1936-77), ce qui pourrait ouvrir la voie à des plaintes de proches de victimes du franquisme. La cour d'appel a cassé la décision d'un juge, qui avait bloqué le dépôt de ces plaintes cette année, suivant la recommandation du ministère public qui assurait que ces cas étaient traités en Espagne.
Avec notre correspondant à Buenos-Aires, Jean-Louis Buchet
La justice argentine s’est déclarée compétente pour juger les crimes du franquisme. La plainte déposée en mars par de petits-enfants des victimes de la guerre civile espagnole et de la dictature du général Franco sera donc instruite.
Elle avait été rejetée en première instance mais la Cour fédérale l’a estimée recevable en se fondant sur le principe de juridiction universelle qui s’applique aux crimes contre l’humanité par définition imprescriptibles.
Ce même principe avait permis au juge Baltazar Garzon d’instruire des procès en Espagne contre les dictatures argentine et chilienne quand ceux-ci ne pouvaient avoir lieu, là où les crimes avaient été commis.
L’action de Garzon avait d’ailleurs contribué à ce que les lois d’amnistie alors en vigueur dans plusieurs pays sud-américains soient abrogées permettant ainsi la réouverture de procédures judiciaires sur place.
Les organisations argentines des droits de l’homme très liées au juge Baltazar Garzon et qui soutiennent les plaignants espèrent qu’un processus similaire se déclenchera désormais en Espagne. Les faits dénoncés couvrent la période allant du début de la guerre civile en juillet 1936, à la mort de Franco en juin 1977.
Quarante-et-un ans pendant lesquels, estiment les plaignants, dans le cadre d’un plan systématique d’élimination des opposants, de très nombreux crimes imprescriptibles, ont été commis.

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