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    Les Etats-Unis présentent leurs excuses au Pakistan

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    Les Etats-Unis ont présenté, mercredi 6 octobre 2010, leurs excuses au Pakistan pour la mort de deux militaires pakistanais tués par des hélicoptères américains dans le cadre d'un raid mené par l'Otan, la semaine dernière, jeudi 30 septembre dans la région de Kurram, à l'ouest du pays. L'accident avait provoqué la colère d'Islamabad qui avait aussitôt fermé une route utilisée par l'Otan pour assurer son approvisionnement.

    L'ambassadrice des Etats-Unis à Islamabad parle d'un « terrible accident ». Le général américain David Petraeus a présenté ses « condoléances aux familles des victimes, à l'armée pakistanaise et au peuple du Pakistan ». Ces excuses officielles constituent un remarquable changement de ton de Washington dans cette affaire.

    Il y a deux jours encore, un document émanant de la Maison Blanche, reprochait à l'armée pakistanaise de ne pas faire suffisamment d'efforts dans la lutte contre les talibans. Aujourd'hui, l'ambassadrice américaine à Islamabad, Anne Patterson, souligne au contraire « le courage des forces de sécurité du Pakistan, alliés importants dans une guerre qui menace à la fois le Pakistan et les Etats-Unis ».

    Ce changement de discours de la part des Américains intervient au moment de la publication d'une enquête conjointe, lancée par les Etats-Unis et le Pakistan après l'incident du 30 septembre dernier. Et en effet, il est désormais avéré que les pilotes des hélicoptères américains avaient pris par erreur les garde-frontières pakistanais pour des insurgés.

    Mais au delà de la faute confirmée de l'armée américaine, c'est la fermeture persistante de la passe de Khyber, l'une des principales routes de ravitaillement des forces de l'Otan en Afghanistan qui pourrait expliquer ce ton plus conciliant employé par les officiels américains.

    Islamabad avait décidé de bloquer les convois en représailles à la mort des deux soldats pakistanais. De son côté, l'Otan tente ce jeudi 7 octobre 2010 de relativiser l'importance de l'incident. La fermeture de la principale route de ravitaillement ne gênerait aucunement le déroulement des opérations en Afghanistan a déclaré l'Isaf.

    Khyber au coeur de la guerre de propagande

    Il reste difficile de savoir ce qui se passe réellement sur le point frontalier extrêmement sensible de la passe de Khyber . Le spécialiste des affaires militaires Jean-Charles Jauffret, maître de conférence à l'Ecole militaire de Saint-Cyr et auteur de L'Afghanistan 2001-2010, chronique d'une non-victoire annoncée, émet des doutes sur la réalité du blocus. L'Isaf affirmant aujourd'hui ne pas être gênée par ces incidents. Il a répondu pour RFI aux questions de Sophie Malibeaux.

    RFI : Quelle est l’importance de la passe de Khyber pour les forces armées stationnées en Afghanistan ?

    Jean-Charles Jauffret : C’est l’artère jugulaire de la coalition, car il n’y a qu’une seule route pour les semi-remorques entre Peshawar et Kaboul. C’est une passe terrible de trente kilomètres, où on peut mener des attentats et des embuscades, ce dont témoignent les épisodes précédents : première grosse mauvaise surprise en mars 2008, soixante camions citernes incendiés et deux hélicoptères détruits, puis en décembre 2008, un nouveau convoi est incendié et en 2009 les incidents se multiplient avant la passe.

    Enfin, plus récemment, des dizaines de camions citernes détruits. Ce qui explique que l’Afghanistan a l’essence la plus chère du monde, car la moitié de l’approvisionnement en carburant se fait dorénavant par avion. L’essence qui arrive à Kandahar et Bagram, provient essentiellement de Russie. Les Russes font en ce moment des affaires en or, car le fret circule sur leurs trains ou bien à bord des Antonov, notamment les géants Antonov 122, loués par les Russes et les Ukrainiens. C’est la guerre la plus chère du monde.

    RFI : Comment expliquer que l’Isaf déclare aujourd’hui ne pas être gênée par ces incidents qui se déroulent du côté pakistanais de la frontière ?

    JCJ : Parce que nous sommes en guerre, et que l’intoxication, la langue de bois, est une arme, d’un côté comme de l’autre.

    RFI : C’est une façon de ne pas concéder aux talibans qu’ils arrivent à gêner les opérations de la coalition en Afghanistan ?

    JCJ : Evidemment. Les talibans ont commencé, dès la fin 2008, à s’attaquer à des camions vides, rentrant d’Afghanistan, c'est-à-dire sans surveillance, et puis ils se sont mis à attaquer des Hummer, de gros tout-terrain transitant par le Pakistan. Tant que l’Iran ne sera pas fréquentable et que l’Otan ne pourra faire passer ses convois par la grande route qui arrive à Hérat, dans l’ouest de l’Afghanistan, l’Isaf va se trouver dépendante de cette route extrêmement dangereuse reliant Peshawar à Jalalabad.

    RFI : A l’heure actuelle, ce ne sont pas seulement les attaques imputées aux insurgés, mais aussi un blocus des convois par les autorités pakistanaises, que penser de cette situation ?

    JCJ : Je me demande s’il ne s’agit pas d’un jeu de poker menteur, car cette passe est en principe gérée par un organisme afghano-pakistanais, une sorte d’autorité frontalière, je me demande s’il n’y a pas simplement un effet d’annonce à ce sujet, parce qu’en ce moment il y a des attaques de drones pratiquement tous les jours au Nord-Waziristan et même en dehors de ces zones tribales. Ce pourrait être simplement une façon pour les autorités de montrer à leur opinion qu’elles protestent contre ces frappes aveugles. Je pose simplement la question.

    RFI : Cela signifie que vous mettez en doute le blocage des convois ?

    JCJ : Oui, je le mets fortement en doute.

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