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    Amériques

    Web-programmes au FIPA : des films à Lego pour la génération 2.0

    media

    La présence croissante des web-programmes au Festival international de programmes audiovisuels (FIPA) à Biarritz montre l’ambition des nouveaux médias et démontre qu’il ne s’agit pas d’un effet de mode passagère. Le Festival distingue les nouvelles écritures, sonde les limites pour provoquer des réflexions et faire exploser les barrières existantes. Plongée dans la web galerie internationale du FIPA 2011.

    Visite guidée au Web Club du FIPA. Chaque jour, il y a des séances collectives pour internautes acharnés avec pour devise : « On n’a pas de modèle, mais on invente ensemble ». Dans la salle Rhune 2 au Bellevue des écoliers, des étudiants, des programmateurs, des responsables de

    chaînes de télévision assistent à une projection d’Addicts, la première web-série produite par Arte. La chaîne franco-allemande est visiblement fière de son innovation : un patchwork de 80 modules (d’une durée de 2 à 3 minutes) à regarder, des vraies pages Facebook à consulter, un profil du protagoniste Anna sur Meetic et des (faux) buzz sur internet lancés. Un film à Lego pour la génération 2.0 ? « Cela a une partie Lego, explique la productrice Bénédicte Lesage, on peut assembler les puzzles comme on veut, mais il y a un certain nombre de pièces qui sont bien déterminées et qui raconte quand même une histoire globalement. L’histoire, c’est celle de trois jeunes en réinsertion et la question se pose : vont-ils suivre le chemin de la réinsertion ou vont-ils suivre leur copain dans la casse. Chaque internaute, chaque spectateur choisit son chemin. »

    « Une réussite énorme »

    "Addicts", web-série de Vincent Ravalec (France), Mascaret Films - co-production: Arte France, Pictor Media, K Production FIPA 2011

    L’histoire parle de la vie des jeunes dans une cité sensible. Le concept ressemble beaucoup à une adaptation web du célèbre feuilleton Plus belle la vie de France 3 qui se déroule à Marseille, sauf qu’Arte a installé Addicts dans les quartiers des Aubiers à Bordeaux et les comédiens (à 80% non-professionnels !) sont issus des ateliers d’écriture qui influencent aussi le scénario de la web-série.

    Arte revendique la participation de la plateforme Dailymotion, qui reste, avec un apport de 20 000 euros, très modeste par rapport au budget global de 1,2 millions d’euros (dont 560 000 euros viennent d’Arte). Avec 400 000 visiteurs (dont 50 % via Dailymotion) dans les deux premiers mois de la diffusion d’Addicts sur le web, Bénédicte Lesage parle d’une « réussite énorme » qui enregistre deux fois plus de visiteurs que Prison Valley, le web-documentaire diffusé l’année dernière sur Arte. Les internautes, combien de temps restent-ils sur le site pour visionner la série ? « Pour le moment, je n’ai pas les chiffres. Ce qu’on mesure sur le web n’est pas du tout aussi précis que l’audimat concernant les chaînes hertziennes en diffusion classique. »

    "Sacrée Montagne", le web-documentaire animé de Hélène de Billy & Gilbert Duclos (Canada) questionne le lien entre les Montréalais au mont Royal. FIPA 2011

    Hugues Sweeney, producteur principal des productions interactives à l’Office national du film (ONF) du Canada, revendique 525 000 visiteurs pour le web-documentaire canadien Sacrée montagne d’Hélène de Billy et Gilbert Duclos. Il ajoute : « Les statistiques, les chiffres, aujourd’hui, on peut en faire ce qu’on veut. Qu’est-ce qu’on calcule et comment on le calcule ? Quels outils utilise-t-on ? On est en ce moment en train de mettre en place un système de calcul fiable. A la télévision on connaît le nombre de chaînes, le marché est circonscrit, dans le multimédia, on est dans une consommation internationale. »

    Ma tribu, c'est ma vie

    Hugues Sweeney Producteur principal des productions interactives à l’Office national du film (ONF) du Canada 10/10/2013 - par Siegfried Forster Écouter

    Hugues Sweeney représente aussi le web-documentaire en réseau Ma tribu, c’est ma vie de Marion Verreault. Avec un budget de 200 000 euros, ce documentaire interactif de l’ONF nous plonge dans les univers de huit fans de musique qui partagent leur passion sur web. Résultat : des personnages profondément transformés par leur vie en ligne. « Le documentaire, c’est l’art d’interpréter le réel, je m’accroche à cette phrase pour me diriger dans mon travail, plutôt qu’au monde documentaire lui-même. En quoi les réseaux sociaux transforment notre monde, notre façon à interagir ? Avec ce web-documentaire, on veut provoquer une réaction chez l’internaute. On veut que cette réflexion laisse une trace, au fur et à mesure les portraits ont lieu. L’internaute peut nourrir le projet. »

    Un film unique qui retrace le parcours du visiteur

    Stéphane Trois Carrés est artiste, vidéaste et peintre et a développé un département qui s’occupe de la question du web-documentaire au sein du Master culture et métier du web. Au FIPA, il a été épaté par la web-expérimentation Walking the edit. Une application mobile documentaire du Suisse Ulrich Fischer qui enregistre et analyse un trajet à pied, avec à la clé un film unique qui retrace le parcours du visiteur. « Il parle de montage, avance Stéphane Trois Carrés. Le montage, tel qu’il est conçu dans les logiciels de montage, est linéaire, il est relié au récit classique. En gros, le montage, c’est Roméo et Juliette. On va poser quelque chose, il va y avoir un événement, une conséquence, une apogée, une conclusion. Quand je vois dans Walking the edit le mouvement de la main qui est finalement dépendant de mon curseur, je trouve que c’est très intéressant du point de vue du récit de la vidéo. La vidéo devient extrêmement non-linéaire. »

    "Walking the edit", application mobile documentaire, de Ulrich Fischer (Suisse) FIPA 2011

    « L’écriture audiovisuelle change »

    Benoît Labourdette est également à la recherche d’un nouveau monde possible. Il est réalisateur, producteur, formateur et organise le festival international Pocketfilm qui présente des films tournés avec téléphone mobile. « L’écriture audiovisuelle change complètement, les modèles d’écriture de scénarios, réparation, tournage, montage, ces modèles changent, parce qu’on voit des films faits autrement qui font gagner beaucoup d’argent. Ce ne sont pas juste des expériences, il y a une dimension économique, qui amène à repenser la création. Je ne pense pas du tout que les nouveaux médias vont remplacer et vont être le fossoyeur des anciens médias. Tout le monde a sa place. C’est comme avec le livre. Depuis des années on nous a dit que le livre et le papier vont disparaître et on n’a jamais autant imprimé de livres. Il y a une complémentarité à trouver. »

    Une première mondiale à Helsinki

    La question délicate qui se pose : comment former la nouvelle génération pour tenir le choc des nouvelles technologies ? Pour Alok Nandi, auteur, réalisateur, designer, président de la Scam Belgique et expert des nouveaux médias et de l’interactivité, c’est la Scandinavie qui est en avance. « La Suède, la Finlande, le Danemark. Ils ont des systèmes d’éducation pour former les créateurs. Il y a des écritures multimédias intéressantes. Là-bas, depuis une quinzaine d’années, il y a des formations qui permettent l’émergence d’auteurs et de créateurs dans les universités, dans les écoles d’art, dans le design. A Helsinki, ils ont mis en place une première mondiale. Ils ont fait fusionner une école d’ingénieurs de techniques avec une école d’art avec une université qui a trait avec tout ce qui est sciences humaines. On s’en rend compte en Finlande qu’il y a une vraie nécessité de décloisonner. Or, les systèmes d’éducation en France, en Belgique ou en Allemagne sont fortement cloisonnés. »

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