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Revue de presse des Amériques - 
Article publié le : mercredi 02 mars 2011 à 19:08 - Dernière modification le : mercredi 02 mars 2011 à 19:08

A la Une : Le monde arabe

Par Valérie Rohart

L’actualité dans le monde arabe fait la Une de la presse aux Etats-Unis, avec en première page du Washington Post, le débat sur une éventuelle intervention occidentale en Libye. « Pendant que Kadhafi tient bon, quelques Libyens attendent une intervention étrangère », titre le journal.

L’envoyé spécial du journal à Benghazi a rencontré les chefs de la rébellion, dans l’est du pays, et ce sont eux qui réclameraient une intervention militaire, pour renverser le colonel Kadhafi.

Selon le journal, ces responsables de la rébellion auraient réalisé que la volonté du peuple ne sera pas suffisante pour déloger le dictateur de ses dernières places fortes.

Toujours selon le Washington Post, ces rebelles que le journal n’identifie pas, « ne veulent pas des forces terrestres, mais demanderaient avec de plus en plus d’insistance une interdiction de survol du territoire libyen, pour éviter les frappes de l’aviation libyenne, ainsi que des armes pour précipiter la chute du colonel Kadhafi ».

Les responsables américains n’auraient pas reçu à ce jour de demandes, précise le journal. « Nous ne voulons pas un nouvel Afghanistan, ni un nouvel Irak en Libye » précise l’un des rebelles cités par le journal « Mais c’est un fait, dit-il aujourd’hui, toutes les armes et l’argent sont dans les mains de Kadhafi ».

Répercussions inattendues aux Etats-Unis

L’agitation arabe place les lobbyistes américains dans une situation délicate, titre le New York Times. « Pendant des années, ils ont constitué l’une des plus formidables forces de lobbying dans la ville. L’élite des anciens membres du Congrès, anciens diplomates et puissants politiciens ont aidé les pays du Moyen-Orient à naviguer dans les eaux diplomatiques, négociant des enjeux délicats, comme les contrats d’armes, le terrorisme, le pétrole, ou la réglementation commerciale », écrit le journal.

« Encore l’an dernier, trois grands noms de ce lobbying, Tony Podesta, Robert Livingston et Toby Moffett, ont réalisé un beau coup. Après avoir rencontré des dizaines de députés, ils ont contribué à faire passer au Sénat une déclaration demandant à l’Egypte de mettre un terme aux violations des droits de l’Homme. Violations qui ont d’ailleurs abouti à la chute du gouvernement », estime le New York Times. « Mais aujourd’hui, poursuit le journal, leur position est inconfortable, face aux changements très rapides qui se produisent. Les responsables de Libye, d’Arabie Saoudite, de Barhein, du Yémen, d’Egypte et bien d’autres pays de la région, ont payé ces lobbyistes parfois des millions de dollars, et aujourd’hui ils sont bien en peine d'ajuster leur nouveau discours ».

La France ne veut pas d’Aristide en Haïti

La France, elle, n’a pas de problème pour se positionner face à un éventuel retour de Jean-Bertrand Aristide en Haïti : elle s’y oppose clairement. C’est l’un des titres du Nouvelliste. « Après les Etats-Unis, c’est au tour de la France d’exprimer sa crainte de voir Jean-Bertrand Aristide revenir en Haïti », explique le journal. « Si pour le département d’Etat cet événement serait une "diversion regrettable" », pour le processus électoral, l’ambassadeur de France estime, lui, qu’un retour de l’ancien président « ne serait pas une très bonne idée. Ce serait néfaste pour le second tour de la présidentielle et des législatives du 20 mars » juge Didier Lebret, toujours cité par le Nouvelliste.

En Argentine Cristina Kirchner rêve de plusieurs mandats

Dans la presse argentine, un éditorial très critique du discours que la présidente Cristina Kirchner a prononcé devant le Congrès. Le titre de l’éditorial du journal La Nacion donne le ton : « Un pauvre message présidentiel ». « Son discours manquait d’autocritique et comportait des erreurs de diagnostic », écrit le journal. « Cristina Kirchner décrit un pays extraordinaire, mais elle élude tous les points noirs avec des statistiques partielles ou truquées, et ne parle pas des graves problèmes de corruption dans son gouvernement », estime le journal. Mais c’est surtout l’idée évoquée par la présidente de modifier la Constitution pour pouvoir faire plus de deux mandats qui cristallise les critiques de l’éditorialiste. «Certes, la présidente a reconnu à mots couverts qu’elle n’irait pas au bout de son projet, mais il aurait été plus convenable qu’elle fasse un démenti plus clair sur ce projet obsolète », estime le journal.


… Mais elle soutient l’écrivain péruvien, Mario Vargas Llosa

C’est encore dans le journal argentin La Nacion. Le Prix Nobel de littérature 2010 est censé inaugurer la Fête du livre le 20 avril prochain à Buenos Aires. Mais à l’approche de la date, des intellectuels, et notamment le directeur de la bibliothèque Nationale, Horacio Gonzalez, s’y opposent sous prétexte que ce serait un personnage autoritaire et aussi parce que l’écrivain a qualifié l’Argentine de « galimatias que personne ne comprend »… Aujourd’hui, la présidente vient à son secours : « il est du devoir de l’Etat de garantir la liberté d’expression », a affirmé la présidente juste avant son discours au Congrès. Le journal rappelle que Mario Vargas Llosa était hier au Mexique, pour recevoir des mains du président Felipe Calderon la médaille de l’Ordre de l’Aigle Aztèque.

tags: Argentine - Haïti - Libye - Pérou - Revue de presse
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