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    Amériques

    Il y a 50 ans, les Américains rataient l’invasion de Cuba par la baie des Cochons

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    Le 17 avril 1961, les Américains débarquent à Cuba, communiste depuis deux ans. L’opération est un désastre mais les militaires, lors de leurs opérations suivantes dans cette zone, ne feront pas les mêmes erreurs. Reste qu’en dehors de cette leçon tactique et malgré la fin de la Guerre froide, les relations sont toujours au point mort entre les Etats-Unis et Cuba.

    Une plage de sable fin, une eau turquoise dans la mer des Caraïbes… La notoriété de la baie des Cochons pourrait avoir été héritée du tourisme si, le 17 avril 1961, quelques 1 500 opposants au régime de Fidel Castro n’avaient pas tenté d’en faire le symbole de la reconquête du pouvoir sur le régime communiste. « C’est un symbole pour tous les peuples opprimés. C’est la première défaite de l’impérialisme en Amérique latine et l’une des premières défaites de l’impérialisme à l’échelle mondiale », pouvait dire quelques jours après Che Guevara. La puissance américaine venait en effet d’échouer piteusement sur cette plage idyllique. 

    Opération Zappata

    Le 17 avril 1961, il n’y a que deux ans que la révolution communiste a chassé du pouvoir le dictateur Fulgencio Batista. En pleine Guerre froide, les Etats-Unis dirigés par Dwight Eisenhower, supportent difficilement qu’un régime communiste se soit installé à 350 km des frontières de la Floride. Surtout, le régime communiste vient de nationaliser les plantations de sucre qui appartenaient en grande majorité à de riches Américains.

    Avec l’aide d’exilés cubains, la CIA organise donc cette opération qui consiste à débarquer dans la baie des Cochons, dans un marais connu sous le nom de Zappata, c’est d’ailleurs le nom qui est donné à cette opération. C’est la première erreur, puisqu’elle indique aux Cubains le lieu du débarquement.
     
    Une succession d'erreurs
     
    La deuxième erreur est commise par le tout nouveau président américain John Kennedy qui hérite de cette opération et pense qu’il va pouvoir s’appuyer sur une forte opposition anti-communiste à Cuba. Il décide donc de ne pas engager l’aviation américaine. « Les Etats-Unis n’y sont pas allés avec toute la force, explique Claude Morin, professeur d’histoire latino-américaine, spécialiste de Cuba. Ils ont utilisé des avions maquillés, ils ont fait croire que c’était la force militaire cubaine qui avait fait défection ce qui montrait qu’à Cuba, il y avait un mouvement contre-révolutionnaire qui pouvait renverser le gouvernement de Fidel Castro. Mais ils ont été accueillis par une résistance et en l’espace de soixante heures, l’opération a été un désastre ».
     
    D’autant plus que, de son côté, Fidel Castro a eu vent de l’opération. Préventivement, il fait arrêter dans les jours qui précèdent, 200 000 personnes susceptibles d’apporter un soutien à la rébellion. 1 500 exilés cubains, assez peu formés et mal équipés, débarquent donc le 17 avril sur la plage de la baie des Cochons. Mais ils sont attendus par l’armée cubaine. Les agents de la CIA avaient prévenu que l’opération ne pouvait réussir que si l’armée américaine les soutenait. John Fitzgerald Kennedy qui a pris ses fonctions trois mois plus tôt, n’est pas convaincu et refuse d’engager l’aviation, contre l’avis de la CIA. Résultat : en quelques heures, le sort des exilés cubains est réglé : 118 morts, 1 200 prisonniers qui seront libérés au fil des mois contre des tracteurs et des médicaments.
     
    Cuba et les Etats-Unis deviennent ennemis
     
    Le fiasco de la baie des Cochons « a donné le signal à de nombreux Américains, que Cuba était un pays ennemi », souligne le dissident cubain, Edouardo Manet. « Sous la présidence de plusieurs présidents, cela a été très clair, très net ».
     
    Les restrictions imposées sur le sucre cubain se transforment en un embargo très dur qui perdure aujourd’hui et qui n’est pas près d’être levé selon Edouardo Manet : « Il y a d’autres présidents, Jimmy Carter par exemple ou plus tard Clinton, qui ont eu une autre attitude, moins agressive mais qui n’ont pas pu lever l’embargo. Même Barack Obama n’a pas pu le faire parce que l’influence des Cubains, surtout dans l’Etat de Floride, est très importante. Un président américain ne peut pas dire : "Je lève l’embargo". Pour l’instant, ce n’est pas possible ».
     
    L’épisode a également servi de leçon aux Américains, selon Claude Morin : « Par la suite, quand les Etats-Unis sont intervenus, ils sont intervenus en y mettant toute la force nécessaire pour gagner. C’est ce qu’ils ont fait à Grenade, c’est ce qu’ils ont fait à Panama, quand ils ont allés chercher Noriega, un ancien collaborateur ; ils ont vraiment mis le paquet pour s’assurer que, cette fois, ce serait une victoire ».
     
    Un congrès du PC sous le symbole de la baie des Cochons
     
    En revanche, côté cubain, la victoire de l’armée cubaine se transforme en triomphe. Même si la reddition des 1 500 combattants n’a pas été bien difficile à obtenir, la bataille apparaît comme la victoire de David contre Goliath, la victoire du petit Etat cubain face au géant américain que le régime essaie encore d’instrumentaliser.
     
    Ce n’est pas un hasard si le Congrès du Parti communiste, qui n’a pas été convoqué depuis 1997, s’ouvre précisément le jour du 50ème anniversaire de la victoire de la baie des Cochons. Elle donne surtout à Fidel Castro des arguments pour montrer que l’impérialisme américain est prêt à tout pour écraser la révolution cubaine. « Ce mythe de l’invasion américaine qui a fonctionné depuis la baie des Cochons a été utilisé par Castro, chaque année. Chaque année il y avait des alertes, explique Serge Raffy, auteur d’une biographie "Castro, l’infidèle". Chaque année, il y avait cette idée que les Américains allaient les envahir, allait envahir Cuba, or l’extraordinaire paradoxe, c’est que ce ne sont pas les Américains qui ont envahi Cuba, mais ce sont les Cubains qui ont envahi les Etats-Unis. L’Etat de Floride n’est pas un Etat cubain, mais pratiquement. Donc on est dans une ironie de l’Histoire. Le peuple cubain a, de lui-même, inversé la proposition de Fidel Castro. Il n’y a pas d’invasion américaine, il y a une invasion cubaine aux Etats-Unis ».
     
    L’épisode de la baie des Cochons a été suivi, un an plus tard, de la crise des missiles qui a conduit, les Etats-Unis et l’URSS au bout de la crise nucléaire. Ces deux crises ont figé les relations entre Cuba et les Etats-Unis et il n’y a guère que la disparition des protagonistes de l’époque qui permettra enfin de tourner cette page d’histoire.
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