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La tension sur les bourses mondiales se poursuit

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Il ne s’agit pas (encore) d’un krach, mais la journée du lundi 8 août a été de nouveau désastreuse sur les marchés financiers. A New York, le Dow Jones a perdu 5,6% et le Nasdaq s'est effondré de 6,9% ; et les places européennes ont clôturé en forte baisse : moins 5% à Francfort, moins 4,6% à Paris et moins 3,3% à Londres. Les communiqués rassurants du G7 et du G20, pas plus que l’intervention de la BCE sur le marché de la dette espagnole et italienne, n’ont donc suffi à enrayer le vent de panique qui souffle sur les marchés financiers après la dégradation de la note financière américaine par Standard and Poor’s.

Le répit n’aura duré que quelques heures. Ce lundi matin, après l’annonce d’une intervention directe de la BCE pour soutenir Rome et Madrid, les places européennes ont fait mine de retrouver un semblant d’optimisme. Orientées à la hausse à l’ouverture, les bourses de Paris, de Londres et de Francfort ont d’abord salué l’initiative de la Banque centrale européenne, qui avait annoncé dans la nuit de dimanche à lundi son intention de soutenir les pays les plus fragiles de la zone euro, autrement dit l’Espagne et l’Italie, étranglés depuis plusieurs semaines par des taux d’intérêts prohibitifs. Mais très vite, les mauvaises nouvelles venues des Etats-Unis ont repris le dessus. Pour les investisseurs, bien plus que la crise de la dette en Europe, c’est la situation financière aux Etats-Unis qui est devenue la principale source d’inquiétude.

En annonçant, vendredi soir, la dégradation de la note financière américaine, Standard and Poor’s a en effet suscité une véritable onde de choc sur les marchés, une onde de choc que les déclarations rassurantes du G7 et du G20 n’ont pas réussi à endiguer. Paradoxalement, les bons du Trésor américain ont continué à se vendre normalement ce lundi… Malgré le coup de tonnerre de S&P, la dette américaine va donc rester une valeur refuge au même titre que l’or – et a priori, pour le moment, les Etats-Unis vont pouvoir continuer à se financer sur les marchés.

Comment expliquer, dès lors, l’impact de la dégradation de la note américaine sur les marchés boursiers ?

Pour un grand nombre d’observateurs, l’inquiétude des investisseurs réside en fait dans les conséquences que pourrait avoir cette dégradation sur l’économie réelle aux Etats-Unis, et par ricochet sur l’ensemble de l’économie mondiale. Le raisonnement est le suivant : pour éviter une nouvelle dégradation de sa note, ou pour éviter de voir les autres agences financières suivre l’exemple de Standard and Poor’s, Washington va devoir prendre des engagements drastiques en termes de restriction budgétaire – et va, ce faisant, se priver de toute marge de manœuvre financière en cas de retournement de la conjoncture économique. Or, la machine économique américaine montre depuis plusieurs mois de sérieux signes d’essoufflement… C’est donc le spectre d’un retour de la récession aux Etats-Unis qui inquiète aujourd’hui les investisseurs, d’autant plus qu’un retournement de la conjoncture outre-Atlantique aurait aussitôt un impact en Asie et en Europe.

Dans ce contexte, que peuvent tenter les dirigeants politiques, en Europe ou aux Etats-Unis, pour tenter de ramener un peu de sérénité sur les marchés financiers ?

Du côté américain, les négociations politiques entre l’administration démocrate et les congressistes républicains sur les futures mesures d’économies budgétaires qui devront être adoptées, conformément au compromis sur le plafond de la dette, seront observées à la loupe, à la fois par les agences de notation et par les investisseurs. La Banque Fédérale américaine, la Fed, peut aussi jouer un rôle en adoptant de nouveau une politique monétaire plus souple afin d’aider l’économie américaine à se redresser.

Du côté européen, les marchés semblent attendre davantage de coordination de la part des dirigeants de la zone euro. Et, de ce point de vue, les déclarations contradictoires venues ce lundi de Paris et de Berlin sur la dotation du Fonds européens de stabilité financière (FESF) ne sont pas vraiment de bon augure. Alors que François Baroin, le ministre français des Finances, affirmait qu’il était tout à fait envisageable d’aller au-delà de l’enveloppe de 440 milliards d’euros initialement allouée au FESF, le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, affirmait exactement l’inverse. Un contre-pied qui n’aura pas manqué d’ajouter à la confusion des marchés financiers, lesquels voient d’un très mauvais œil les divisions internes à la zone euro, en pleine crise de la dette souveraine.

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