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    Amériques

    Être musulman aux Etats-Unis, dix ans après le 11-Septembre

    media Des manifestants musulmans protestent contre l'islamophobie et la guerre en Irak et en Afghanistan, à New York, le 9 avril 2011. Mario Tama/Getty Images

    Comme chaque année depuis le 11 septembre 2001, les musulmans de l’Etat de Virginie aux Etats-Unis organisent une prière œcuménique à la mémoire des victimes des attentats. Pour cette cérémonie, les responsables de la communauté musulmane demandent à la police de mettre en place une protection renforcée, inquiets du sentiment anti-musulman qu’ils peuvent inspirer à leurs compatriotes. Etat des lieux, dix ans après les attentats.

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    Depuis qu’un terrorisme se revendiquant de l’islam a frappé les tours jumelles de New York, les communautés musulmanes des Etats-Unis se voient, plus que n’importe quelle autre, obligées de donner des gages de leur loyauté envers la bannière étoilée. Le climat de suspicion qui a suivi le 11 septembre 2001, les a obligés non seulement à dénoncer vivement les attentats mais à collaborer activement avec les autorités dans leur chasse aux suspects après par la proclamation du Patriot Act. Ainsi, selon une étude menée par un sociologue de l’université de Caroline du Nord, sur 120 projets d’attentats aux Etats-Unis, 48 ont été déjoués grâce à des informations données par les musulmans eux-mêmes.  

    Dès 1979, l’islam souffre d’une image bien dégradée
     

    Les musulmans sont présents et organisés aux Etats-Unis depuis les années 1920-1930 avec la création de la Ahmadiyya Muslim Community, créée en 1921 qui précède de peu la Nation of Islam. « Il s’agit essentiellement de Noirs américains précise Taoufik Djebali, maître de conférences en civilisation américaine à l'université de Caen, et dans une proportion moindre, d’arabes venus de Syrie au début du XXe siècle. Mais la visibilité des musulmans sera grandement accrue en 1960 grâce au combat de Malcolm X, révolté par les inégalités sociales, dont la notoriété grandit en même temps que celle de la Nation of Islam. »

    « Les musulmans américains sont bien intégrés si on considère qu’ils font partie de la classe moyenne américaine », explique Taoufik Djebali. Le 11-Septembre a marqué un changement important dans le regard que leur portent les Américains mais il faut dire, remarque l’universitaire, que « leur image avait été bien dégradée avant, avec les attentats en 1998 contre les ambassades américaines de Nairobi et de Dar es Salaam, celui du World Trade Center en 1993 et de l’USS Cole en 2000 », liés à al-Qaïda. « Même l’attaque d’Oklahoma City perpétrée en 1995 par Timothy McVeigh, Blanc et sympathisant d’extrême droite, a d’abord été attribuée à des musulmans »...

    Mais bien avant le 11-Septembre, la révolution islamique en Iran en 1979 et la prise en otages d’employés de l’ambassade américaine de Téhéran durant 444 jours, ont changé la vision américaine sur l’islam qui d’exotique, « devenait une religion dangereuse violente et anti-occidentale », remarque M. Djebali.    

    Crimes de haine

    Pour Taoufik Djebali, « les attentats du 11-Septembre sont donc venus amplifier la perception négative qu’avaient les Américains des musulmans. Mais cette islamophobie reste toute relative » si on se réfère à un récent sondage Gallup dans lequel sept musulmans sur dix disent se sentir bien aux Etats-Unis. Mieux, pour huit sur dix, ils pensent que cela se sera encore amélioré dans cinq ans. « La preuve que cette communauté est bien intégrée » en déduit le spécialiste de civilisation américaine.
     

    « Certes, poursuit-il, il y a eu des agressions anti-musulmans en réaction au 11-Septembre, mais ailleurs cela aurait pu être pire compte tenu de l’ampleur de l’événement. Ainsi, ce que les Américains dénomment « crimes de haine » (hate crimes), se sont multipliés envers les musulmans ou envers ceux qui étaient vus comme tels (arabes, italiens, Sikhs)… En quelques mois, au moins 19 meurtres furent le résultat d’actes racistes alors que 1 600 agressions à caractère haineux étaient commises contre les musulmans ou les arabes dans l’année qui a suivi les attentats. Aujourd’hui, le FBI situe autour de 170 leur nombre. Des chiffres, précise Taoufik Djebali, qui montrent que les musulmans ne souffrent pas plus de la violence raciste que les Africains ou les juifs américains ».

    Des origines très diverses

    Selon le Pew Research Center, les musulmans américains sont ainsi originaires d’au moins 68 pays. Ces origines diverses différencient nettement les Etats-Unis de l’Europe bien qu’on retrouve ici comme là-bas la confusion si fréquente entre musulmans et arabes alors que ces derniers sont à 70% chrétiens aux Etats-Unis. Pour les cinq à sept millions de musulmans qui vivent aux Etats-Unis (Afro-Américains, Arabes, Indiens, Pakistanais, Latino-Américains…) dont le tiers est né sur le sol américain, la période d’apaisement tarde à venir.
     

    Dix ans après - Notre dossier spécial

    Près d'une décennie après les attentats du World Trade Center, le projet de construction d'une mosquée au sein d'un centre culturel islamique, à deux rues de Ground Zero, a enflammé les esprits durant l'été 2010 et selon l'institut de recherche Pew, 60% des Américains y étaient opposés. Aujourd'hui, la mosquée accueille les fidèles, le centre culturel aura des proportions plus modestes que prévu et selon les animateurs, même si l'opposition au projet n'est pas totalement retombée, la greffe avec le quartier est en bonne voie de réussite. 

    Le mythe du « méchant musulman », ennemi national, a fait florès sous George Bush. La droite américaine religieuse a trouvé en George Bush un allié crédible et solide. « Le relais est maintenant assuré dans des médias, par les télévangélistes comme le très puissant Pat Robertson ainsi que par le Tea Party. Il est maintenant incontestablement plus difficile d’être musulman aux Etats-Unis », constate Taoufik Djebali. « Mais en même temps, ajoute-t-il, on peut voir à New York une policière ou une employée de boutique porter le voile sans que cela ne semble choquer quiconque, au contraire de la France. Cela montre en tout cas, conclut Taoufik Djebali, qu’aux Etats-Unis, mieux vaut, plus que jamais, être musulman plutôt qu’athée...»

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