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    Ce que le 11 septembre 2001 a changé

    media Décombres du World Trade Center après les attaques du 11-Septembre. Alexandre Fuchs

    Il y a dix ans, les Etats-Unis vivaient un traumatisme majeur, à l'origine d'une rupture profonde dans leurs modes de vie, dans leur vision du monde, et jusque dans l'ordre géopolitique où leur suprématie était manifeste. L'impact de la tragédie du 11 septembre 2001 n'a pas fini de se faire sentir, tant sur les Américains eux-mêmes que sur le destin de la planète.

    L'anéantissement, en moins de deux heures et en quasi-direct avec le monde, des gigantesques tours jumelles qui tutoyaient orgueilleusement le ciel de New York, fait immanquablement, aujourd'hui encore, renaître d'atroces images dans toutes les mémoires.

    Il reste la face la plus visible de cette journée dramatique, qui se solda immédiatement par quelque trois mille morts, et par la commotion de tout un peuple. L'onde de choc du 11-Septembre, on peut en évaluer l'ampleur et la permanence à de nombreux signes, à commencer par le temps qu'il aura fallu aux autorités new-yorkaises pour concevoir un projet architectural de rechange, dont le chantier durera peut-être jusqu'en... 2019.

    Guantanamo, zone de non-droit

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    Le gouvernement d'alors, celui de George Bush, réagit vite, cependant, à ce qu'il estime être la mesure de l'affront. Le Congrès vote dès le 25 octobre le Patriot Act, un ensemble de dispositions exceptionnelles pour dispenser les services secrets des limites qui encadraient leur travail de collecte d'informations. La « guerre contre le terrorisme » est lancée, parallèlement aux opérations militaires qui doivent très rapidement chasser les talibans de Kaboul, mais aussi multiplier les captures parmi ces « combattants ennemis » indésirables, même une fois qu’ils sont faits prisonniers, sur le territoire des Etats-Unis.

    Alors, l'administration Bush installe à Cuba, au sein de la base navale américaine de Guantanamo que l'île castriste continue d'héberger bien malgré elle, un camp d'internement, une espèce de zone de non-droit dont les hôtes forcés pourront être détenus, sans inculpation, de façon illimitée. Cette nouvelle brèche dans les principes sera suivie de bien d'autres, révélées peu à peu par la presse. Dans ce catalogue qui fera scandale, les prisons secrètes de la CIA retiennent particulièrement l'attention. L'auteur présumé des sanglants attentats de Bali en 2002 y sera détenu durant trois ans avant d'être transféré à Guantanamo.

    De l’Irak à l’Afghanistan

    Parmi les autres pratiques dénoncées par les organisations des droits de l'homme, figurent aussi les tortures autorisées au plus haut niveau, comme le simulacre de noyade que Khalid Cheikh Mohamed, cerveau présumé des attentats, se serait vu appliquer 183 fois en un mois; les enlèvements (celui, par exemple, de l'imam égyptien Abou Omar, disparu en plein jour dans une rue de Milan, et contre lequel aucune charge ne sera finalement retenue) et les vols clandestins, vers la Roumanie, l'Egypte ou le Pakistan; enfin les assassinats ciblés, et ce bien avant qu'Oussama ben Laden ne périsse lui-même sous les balles d'un commando américain....

    Mais il faudra attendre l'invasion de l'Irak, en 2003, pour que se désolidarisent de Washington certains de ses alliés, comme la France. La présence sur le sol irakien d’armes de destruction massive, invoquée par les Etats-Unis pour justifier l’ouverture de ce nouveau front, se révèle un faux prétexte. La présence militaire américaine attire en revanche dans ce pays une al-Qaïda qui en était jusqu’alors absente. Sur fond d'attentats quotidiens, responsables en quelques années de la mort de 100 000 civils irakiens, éclate le scandale des sévices pratiqués par l'armée américaine dans la prison d'Abou Ghraïb.

    Une guerre d'un nouveau genre

    Dix ans après, l'hydre al-Qaïda n'est toujours pas vaincue. Depuis que Barack Obama, en 2009, a rendu sa priorité au front afghan, l'intensification des attaques de drones dans les zones tribales ont certes causé de lourdes pertes à la centrale du terrorisme islamique, mais sans parvenir à l'écraser, du fait de la complicité des Talibans pakistanais.

    Et puis surtout, les filiales d'al-Qaïda ont gagné en force, notamment au Yémen (Aqpa), ou dans le Sahel (Aqmi), en profitant de la faiblesse des Etats locaux ou du manque de coordination régionale. Ce qui laisse subsister une menace diffuse dont les stratèges américains reconnaissent qu'ils n'arriveront pas à l'éradiquer par des moyens uniquement militaires.

    C'est une guerre d'un nouveau genre que doit mener l'armée américaine, loin des victoires - ou des capitulations - décisives. Une guerre sans fin, qui met à rude épreuve cette armée de volontaires, dont les rotations se suivent à un rythme rapide, la coupant durablement de la société américaine, mais l'impliquant aussi dans les nouvelles tâches du « nation-building ».

    La fin du sanctuaire

    Le métier de soldat a changé, mais il reste très dangereux sur le terrain : les IED (Improvised Explosive Devices), ou bombes artisanales, sont par exemple la cause de la plupart des morts en Irak et en Afghanistan. En tout, 6 200 Américains en uniforme, dont 4 500 en Irak, ont perdu la vie en dix ans. Sans parler des graves séquelles physiques et psychologiques dont souffrent des milliers de soldats de retour au pays, comme cela avait été le cas à propos du Vietnam.

    Pour la population américaine, le 11 septembre 2001 aura marqué la fin du sanctuaire national. Le sol des Etats-Unis, jusque là préservé, est désormais perçu comme vulnérable, même si les mesures décidées après les attentats - une meilleure coordination des différentes agences de renseignement, la création d'un nouveau ministère de la Sécurité intérieure, l'amélioration de la sûreté aéroportuaire, et en général le nouvel environnement de la vie quotidienne, avec la prolifération des portiques de sécurité et des caméras de surveillance - l'ont dans l'ensemble protégé de nouvelles attaques.

    La lassitude de l'Amérique

    Reste le nouveau fantasme de « l'ennemi intérieur », alimenté par la fusillade de Fort Hood en 2009. Un ennemi intérieur qui aurait inévitablement les traits de musulmans américains, d'où un certain nombre de tensions avec cette communauté. Mais les citoyens des Etats-Unis semblent avoir pris leur parti de ce nouveau sentiment d'insécurité, considérant en tout cas que les guerres d'Irak et d'Afghanistan n'ont pas réussi à le conjurer.

    D'où la lassitude de l'Amérique envers des conflits que même les candidats républicains d'aujourd'hui ne soutiennent que du bout des lèvres. L'opinion réclame une perspective de sortie, et Barack Obama la lui a offerte. En Irak, le départ est prévu fin 2011, et en Afghanistan, le calendrier de retrait arrêté en juin dernier culminera en 2014. Le prix très lourd que les Etats-Unis ont déjà payé contribue à ce sentiment de lassitude.

    L'image dégradée des Etats-Unis dans le monde arabo-musulman

    Le coût est à évaluer en nombre de vies humaines, mais aussi en dollars. Le budget du Pentagone est passé durant la décennie passée de 16 à 20% des dépenses fédérales. Un argument non négligeable en pleine crise de la dette publique, que les deux guerres de l'Amérique ont contribué à alourdir considérablement.

    Enfin, le 11 septembre 2001 a modifié l'ordre géopolitique mondial. Barack Obama n'est que très partiellement parvenu à rétablir l'image dégradée des Etats-Unis dans le monde arabo-musulman. Son fameux discours du Caire n'a pas suffi, à lui tout seul, à redorer le blason de l'Amérique, car il a été suivi de peu d'effets concrets - sauf à considérer qu'il a pu encourager les printemps arabes, ce qui reste à démontrer. Le nouveau président n'a même pas pu tenir sa promesse d'en finir avec Guantanamo.

    En revanche, les nombreuses entorses au droit international justifiées par la « guerre contre le terrorisme » n'ont pas échappé à un certain nombre d'Etats autoritaires, qui se sont empressés de mettre cet exemple à profit pour liquider leurs propres minorités remuantes : la Russie contre les Tchétchènes, et la Chine contre les Ouighours...

    Dix ans après - Notre dossier spécial

     

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