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Article publié le : lundi 24 octobre 2011 - Dernière modification le : lundi 24 octobre 2011

En Argentine, Cristina Kirchner a surmonté les épreuves pour conquérir un deuxième mandat

Cristina Kirchner a remporté une victoire confortable à la présidentielle du 23 octobre 2011.
Cristina Kirchner a remporté une victoire confortable à la présidentielle du 23 octobre 2011.
REUTERS/Martin Acosta

Par Christophe Carmarans

Réélue dès le premier tour avec 53 % des suffrages, Cristina Fernandez de Kirchner a d'ores et déjà remporté un succès triomphal à la présidentielle argentine du 23 octobre 2011. Cette victoire était attendue depuis son succès à la primaire du mois d'août mais la présidente revient de loin. Après avoir essuyé plusieurs revers politiques, elle s'est métamorphosée dans les mois qui ont suivi la mort de son mari Néstor Kirchner, son prédecesseur à la tête de l'Etat.

A l’image de son pays, une Argentine qui a surmonté un véritable séisme économique en 2001-2002, Cristina Kirchner peut renverser les situations les plus désespérées. Elue présidente en 2007 après que son mari Néstor Kirchner passe la main à l’issue de son seul et unique mandat (2003-2007), l’ancienne avocate, originaire de La Plata, capitale de la province de Buenos Aires, a traversé une très mauvaise passe qui ne préfigurait en rien son éclatant succès au premier tour de la présidentielle 2011, ce dimanche 23 octobre.

Echecs à mi-mandat

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A mi-mandat, la présidente a en effet dû faire face à un premier échec aux élections générales et partielles de juin 2009 qui lui fit perdre la majorité à l’Assemblée.

En conflit avec les agriculteurs, à qui elle avait voulu imposer une augmentation des taxes sur les exportations de soja et de tournesol (ressources majeures du pays), elle verra sa cote de popularité chuter sous les 20%. Et en mars 2010, après avoir bafoué la loi en puisant dans les réserves de la Banque centrale pour rembourser la dette du pays, elle perdra également la majorité au Sénat et donc au Congrès, du jamais vu dans l’histoire politique argentine.

Contrainte à la cohabitation, Cristina Kirchner encaisse le coup et rien ne semble alors plaider en faveur de sa future réélection. Sa fin politique semble même encore plus proche lorsque, le 27 octobre 2010, Néstor Kirchner - dont l’influence était restée majeure - succombe à une crise cardiaque à l’âge de 60 ans.

Le drame bouleverse la nation et certains annoncent alors le retrait prochain de 'Cristina' de la vie politique. Son mari, qui était resté à la tête du Parti judiciariste depuis l'investiture de son épouse, était en effet son principal conseiller. Il demeurait même, pour beaucoup, le vrai leader du pays. La « reine Cristina » devient alors « la viuda » (la veuve), rôle dont elle va se servir comme d’un atout cœur pour reconquérir le peuple.

Modèle économique à court terme

« Elle a toujours été une femme de caractère mais cela se voyait peut-être moins du vivant de son mari » expliquait dimanche 23 octobre sur RFI Gerardo Sanchis Munoz, un universitaire argentin diplômé de l’ENA, en France. « Et n’oublions pas, poursuivait-il, qu’elle porte le nom du leader, quelque chose de très important pour les Argentins, comme on a pu le voir avec Evita Perón et même Isabel Perón. Le nom, c’est un facteur qui sert à unir un mouvement politique qui n’est pas un parti démocratique conventionnel ».

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Désormais flanquée d'Amado Boudou comme vice-président, un ministre de l’Economie qui dénotait dans le paysage politique mais qui l’a aidée à s’attirer la sympathie des jeunes électeurs, Cristina Kirchner, 58 ans, aura bénéficié pour sa réélection du manque d’unité au sein de l’opposition et d’une situation économique favorable, due pour une bonne part à la flambée du cours du soja ces dernières années.

« L’économie marche mais elle est massivement subventionnée, relève cependant Gerardo Sanchis Munoz.  Presque la moitié de la population bénéficie d’une subvention sociale. Cela se fait au détriment de l’éducation, de la santé et des infrastructures publiques. C’est un modèle économique qui n’est pas soutenable à moyen terme ».

Encore traumatisés par la banqueroute du début de la précédente décennie, les Argentins ont néanmoins privilégié la continuité et le court terme en votant massivement Cristina Kirchner. Dans un climat international de plus en plus incertain et au vu de leur histoire récente, qui pourrait les en blâmer ?

Cristina Kirchner renouvelle son appel à l’unité nationale

Avec notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet

Une soirée de rêve pour une présidente sur un nuage. C’est ce qu’a vécu Cristina Fernández de Kirchner, réélue ce dimanche 23 octobre pour un second mandat avec plus de 53 % des voix. Tout sourire et moins tendue qu’à son habitude, la présidente a renouvelé dans sa première intervention après le scrutin, l’appel à l’unité nationale lancé à la fin de sa campagne. « Je veux que ce soit la victoire de tous les Argentins et les appeler à nouveau à travailler ensemble à l’unité nationale ».

Elle n’a pas manqué non plus d’évoquer la figure de son prédécesseur époux et mentor, Néstor Kirchner, mort d’une attaque cardiaque il y a un an. « Nous devons apprendre de la force qu’il avait. Il est ici, plus que jamais, j’en suis sûre. Force ! Force, Argentine ! »

L’heure est à la joie et à l’émotion. Plébiscitée par les électeurs, Cristina Fernández de Kirchner s’est contentée de généralités sur ce qu’elle fera à l’avenir. Sans mentionner la crise internationale qui affecte déjà le Brésil, premier partenaire de l’Argentine, et qui l’obligera sans doute à certaines réorientations.

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