ARGENTINE  - 
Article publié le : mercredi 02 novembre 2011 - Dernière modification le : mercredi 16 novembre 2011

Argentine : la crise dix ans après

Une affiche de campagne de Cristina Kirchner. La présidente et son mari Nestor auquel elle a succédé ont accompagné le redressement argentin.
Une affiche de campagne de Cristina Kirchner. La présidente et son mari Nestor auquel elle a succédé ont accompagné le redressement argentin.
RFI/ François Cardona

Par François Cardona

Entre sourire retrouvé et fin de mois difficile, l’Argentine vient de passer un cap : 10 ans se sont écoulés depuis la crise économique de 2001. Faillites en cascade des entreprises, des banques et même de l’Etat argentin, alors incapable de payer ses dettes ou les salaires de ses fonctionnaires. Aujourd’hui le cauchemar est loin. Mais la pauvreté est toujours endémique, et l’inflation galopante.

Il y a dix jours, Cristina Kirchner était très largement réélue présidente de l’Argentine, avec près de 54% des voix. Un véritable raz de marée électoral pour la présidente sortante, qui a profité de l’embellie économique de l’Argentine pour assurer sa réélection. A coups d’aides financières de l’Etat, et d’une politique interventionniste, l’Argentine a réussi revenir dans la course. Avec notamment un taux de croissance qui frôle désormais les 8%. Nestor Kirchner a été élu en 2003, puis sa femme Cristina lui a succédé : le couple a donc en quelque sorte accompagné l’Argentine depuis sa sortie de crise.

La carotte et le bâton

Assez habilement, Nestor puis Cristina Kirchner ont su jouer des atouts de leur pays, en profitant notamment du contexte mondial de hausse du prix des matières premières. Cristina Kirchner n’a par exemple pas hésité à se mettre à dos les agriculteurs argentins, en voulant leur imposer une augmentation des taxes sur les exportations de soja et de tournesol. Une mesure qu’elle n’a pas réussi à mettre en place. Et la fermeté qu’elle a montré à l’égard des syndicats agricoles, à l’époque, a fait chuter sa cote de popularité sous les 20%.

Mais en augmentant les salaires réels, ainsi que les retraites et les prestations sociales la présidente a su flatter son électorat populaire. Un jeu de carotte et de bâton, qui a donné la victoire à Cristina Kirchner, en s’imposant lors de l’élection présidentielle avec près de 37 points d’avance sur son plus proche rival. Mais bien des économistes dans le pays se demandent combien de temps encore l’Argentine pourra maintenir son système de subventions.

 

Ventres vides

Presque la moitié de la population bénéficie d’une aide sociale, au détriment des investissements dans l’éducation, la santé et les infrastructures publiques. D’autant que l’inflation, qui s’élève à près de 20% même si le gouvernement ne le reconnaît pas, grignote les subventions versées à la population.

Les petits salaires ne suffisent plus face au coût de la vie qui augmente de jour en jour. La situation de bien des Argentins est encore critique. Dans les quartiers pauvres de la banlieue de Buenos Aires des centaines de cantines populaires proposent des repas gratuits à des familles qui n’ont pas assez d’argent pour nourrir leurs enfants. Chaque jour, des dizaines de milliers de personnes sont contraintes de mettre leur assiette sous le bras pour aller manger ce qu’on leur offre. La reprise argentine est donc lente, et n’atteint pas encore tout le monde, loin de là.  

Certains en profitent plus que d’autres. Les berges du port fluvial de Buenos Aires en témoignent. Les docks délabrés ont été complètement rénovés et investis par des restaurants très chics et très chers.

Quand certains n’ont rien à manger, sur les terrasses de Puerto Madero un steak argentin peut se payer plus de 25 euros, quand le salaire minimum est de 400 euros. L'inflation des prix touche donc les aliments de base comme les autres catégories de prix, creusant le fossé entre riches et pauvres, entre ceux qui ont les moyens de faire face à l'inflation et les autres.

10 ans après, l'Argentine a réussi à surmonter la crise
Mis en faillite en 2001, au moment de la crise économique, les ateliers de confection Bruckman, récupérés par leurs employeurs et transformées en coopératives, marchent aujourd’hui à plein régime.
RFI/François Cardona
Les Ateliers Bruckman ont obtenu un contrat avec la compagnie aérienne argentine. Arturo, pilote, est venu essayer son costume sur mesure.
RFI/François Cardona
Mario, 80 ans, touche une retraite insuffisante pour faire face aux coûts de la vie. L’inflation des prix est d’au moins 20% en Argentine. Alors ce tailleur s’est remis au travail, il est payé moins de 500 euros par mois.
RFI/François Cardona
La coopérative travaille à l’ancienne. Tout est « fait main ». Elle emploie une centaine d’employés. Manutentionnaire et couturières sont associés et touchent le même salaire.
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Margarita dirige les ateliers. Mais tout se décide par assemblée, où les salariés votent à l’unanimité. Et ça marche. Le carnet de commande est plein.
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A l'image de de l'atelier Burckman, l’Argentine a réussi à surmonter la pire crise économique de son histoire, notamment grâce au boom des matières premières dans le monde et à ses exportations agricoles, de soja et de viande.
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Depuis 2002 le pays a obtenu un taux de croissance , en moyenne, de 7 à 8%. Une réussite économique dont la présidente Cristina Kirchner a largement profité pour sa réélection.
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Maria a pu gardé son poste dans cette petite entreprise de céramique grâce aux aides de l’Etat argentin qui soutient les salaires, à hauteur de 100 euros par employés pour les entreprises en difficulté.
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Angel Vasquez (au centre), dirige Ancers Pottery depuis 50 ans. Les limitations d’importations de céramiques asiatiques, décidées par le gouvernement pour protéger le marché national, lui ont permis d'aggrandir son activité.
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Dario touche moins de 600 euros par mois. Face à l’augmentation du prix des aliments de base, il doit désormais travailler de nuit comme livreur à domicile.
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Avec une croissance de près de 8% par an depuis 8 ans, l’Argentine renait de ses cendres. Le port fluvial de Buenos Aires, totalement rénové, est devenu le lieu de promenade des riches argentins.
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Les investisseurs étrangers commencent à s’intéresser au boom de l’immobilier à Buenos Aires. Des immeubles flambants neuf ont poussé comme des champignons. Mais un quart de sa population argentine vit encore sous le seuil de pauvreté.
RFI/François Cardona

    tags: Argentine - Crise économique - Cristina Kirchner
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    Commentaires (1)

    Réaction

    L'article inclus de l'information erronée.
    Notamment, les dépenses en éducation publique en Argentine ont monté de moins de 2% du PBI en 2001 a plus de 6% en 2011.
    Le montant du salaire minimum est de environ 400 euros (2300 pesos argentinos). Il est bien facile de vérifier ces données.

    Dans un cadre peut-être moins objective, je pense que l'affirmation "au détriment des investissements dans (...) les infrastructures publiques" n'est pas tout à fait juste.
    L’Argentine à réussi, en général, a fournir de l’énergie nécessaire pour soutenir la forte hausse de l'activité industriel et de la consommation d’électricité dans les habitations particuliers.
    L'Argentine à aussi le rythme de construction de autoroutes et nouveaux routes est le plus puissant que je souviens dans les derniers 40 années.

    Je vous en prie de m'excuser pour la mauvaise rédaction, mon niveau de connaissance du Français est assez faible.

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