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Article publié le : lundi 12 décembre 2011 - Dernière modification le : lundi 12 décembre 2011

A la Une : la crise de l'euro

Par Michèle Gayral

Les enjeux du sommet européen ne laissent pas indifférents les médias américains, qui suivent même de très près ses résultats comme en témoignent leurs sites internet, tout en essayant de prendre du recul sur la question de l’avenir de l’euro.  

Et d’abord, se demande le Los Angeles Times sur sa Une, la monnaie unique « est-elle le ciment de l’Europe ? […] Il y a presque une décennie, le jour de l’An, les caisses et distributeurs d’argent à travers l’Europe ont commencé à cracher leurs pièces étincelantes et leurs billets tout neufs [Aujourd’hui] comme un refrain, on entend répéter le sévère avertissement de la chancelière Angela Merkel : si l’euro échoue, l’Europe échoue ». Mais le Los Angeles Times enquête auprès d’Européens ordinaires, et il en ressort que « tout le monde n’approuve pas cette idée que la fin de l’euro serait fatale à l’Europe aussi. [Certains sont] persuadés qu’il est impossible de revenir en arrière sur l’intégration ».
 
Le New York Times note de son côté que « la crise de la dette rapproche plus que jamais deux anciens ennemis, [Berlin et Varsovie]. La Pologne occupe une place particulière, celle de leader des pays qui ne sont pas dans la zone euro, sans s’en être officiellement exclus, et elle a volontairement rejoint le Pacte euro plus pour améliorer sa force fiscale et sa compétitivité. Elle pourrait même supplanter l’influence déclinante de la Grande-Bretagne. [Or] dans la bataille pour sauver l’euro, l’Allemagne a une grande marge de manœuvre mais peu d’amis […] Et cet acteur majeur ─ et ennemi historique ─ qu’est la Pologne compte parmi ses soutiens les plus ardents ».
 
En Argentine, Pagina 12 donne la parole au Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz et reprend en première page une de ses phrases-choc : « L’Europe n’a rien appris de la leçon argentine ». Le pays du Cône sud, confronté à une crise majeure au début des années 2000, avait en effet rompu avec le FMI et ses politiques d’austérité. Alors que, regrette Joseph Stiglitz, les Européens ne savent que s’enfoncer dans plus d’austérité, sous l’impulsion de la France et, surtout, de l’Allemagne qui impose un schéma « conduisant à plus de chômage, de pauvreté et d’inégalités ».
 
Quelle attitude avec l’Iran ?
 
L’Iran reste un sujet sensible aux Etats-Unis, où les grands journaux, tels le Washington Post et le New York Times, publient en première page la photo du drone que les Iraniens assurent avoir abattu la semaine dernière. Le Washington Post se fend d’ailleurs d’un éditorial sur « les mauvais signaux envoyés à l’Iran ». Alors que ce pays « a réagi avec une nervosité croissante à l’éventualité d’une attaque contre son programme nucléaire conduite par Israël ou les Etats-Unis », le journal déplore que le gouvernement américain ait pris position contre une action militaire, en citant deux exemples.
 
D’une part, c’est Leon Panetta, le ministre de la Défense, qui a récemment énuméré une série de raisons pour que Washington reste en retrait : par exemple, « une frappe ne ferait au mieux que ralentir le programme iranien pour un an, peut-être deux […] certaines des cibles sont très difficiles à atteindre, [cela] causerait des dégâts à l’économie mondiale. En outre , [Barack Obama] résiste à la pression d’alliés comme la France, et à celle du Congrès, pour frapper de sanctions la Banque centrale iranienne ». Autant de signes où Téhéran peut voir qu’« il n’y a pas de raison de s’inquiéter, après tout »...
 
Intempéries en Amérique du Sud
 
Au sud du continent, les intempéries donnent à réfléchir. Le Venezuela est particulièrement frappé, comme le décrit El Universal. « Les sols sont saturés après dix jours de précipitations ininterrompues, [et] les niveaux de pluie dans la capitale dépassent ceux de 1999 », année où s’étaient produits détériorations et glissements de terrain. Que cette situation se répète est « une possibilité que les autorités doivent prendre très au sérieux », avertit le journal.
 
Précisément, en Colombie, Semana s’interroge sur la multiplication de ces catastrophes dans la région. « L’année dernière, de fortes pluies ont provoqué des ravages et semé la mort en Amérique centrale, en Colombie et au Venezuela. Ces événements ont-ils un rapport avec le changement climatique ? ». Une chose est sûre en tout cas : le phénomène climatique appelé « la Nina » est tenu pour responsable des graves inondations survenues ces dernières années, mais les scientifiques restent réticents à le lier au réchauffement global. Tout de même, prédit l’un d’eux, « il devrait être plus facile à l’avenir d’attribuer à l’élément humain des événements en relation avec la température, comme les vagues de chaleur. [Ce qui sera] très utile pour les compagnies d’assurances et les gouvernements locaux et nationaux confrontés à la perspective de désastres climatiques ».

 

tags: Argentine - Etats-Unis - Iran - Revue de presse - Royaume-Uni - Venezuela
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