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A la Une : Vaclav Havel et Kim Jong-Il en vis-à-vis
Les premières pages des journaux américains mettent en vis-à-vis deux portraits ce lundi 19 décembre, ceux des deux hommes fort dissemblables qu'étaient Kim Jong-il et Vaclav Havel. Par le hasard d'une mort simultanée, ils semblent s'interpeller à la Une du Boston Globe, et plus encore du New York Times. Le grand quotidien de New York relève les inquiétudes que suscite la disparition de King Jong-il, qui « a plongé les diplomates, les stratèges militaires et les dirigeants politiques de la région et bien au-delà dans un état de perplexité et d'incertitude nourri par la ' nature secrète ' de la politique opaque » de Pyongyang.
Jouxtant cet article donc, on trouve un très long éloge de Vaclav Havel, appelé « la conscience dissidente des Tchèques devenue président [cet écrivain] dont les dissections éloquentes de la domination communiste ont aidé à la détruire, lors des révolutions qui ont abattu le mur de Berlin et propulsé M. Havel lui-même au pouvoir ».
A noter que la presse latino-américaine publie aussi des hommages substantiels sur l'ancien président tchèque. Par exemple Tal Cual, au Venezuela, qui s'intéresse à son choix de la démocratie, ou en Argentine Pagina 12 qui rappelle qu'avant d'être une « icône de la lutte pour la liberté », Vaclav Havel s'était rendu célèbre par « son oeuvre dramatique mêlant le théâtre de l'absurde et l'héritage kafkaïen ».
Mais le traitement le plus saisissant de cette double mort incongrue revient au Globe and Mail, au Canada, qui a retrouvé un éditorial de Vaclav Havel sur Kim Jong-il datant de 2004 ; le grand démocrate tchèque appelait le monde à réagir aux crimes avérés du sinistre despote nord-coréen. « Le Nord de la péninsule coréenne est gouverné par le pire dictateur totalitaire au monde, le responsable de la perte de millions de vies humaines », s'indignait alors Vaclav Havel.
Conflits de voisinage
Dans la presse latino-américaine, il est aussi question de conflits de voisinage. Le différend entre la Bolivie et le Chili sur le thème de l'accès à l'océan Pacifique ─ la Bolivie étant enclavée à la suite des conquêtes territoriales chiliennes de la fin du XIXe siècle ─ a resurgi avec la récente décision d'Evo Morales d'aller défendre en personne, devant la Cour internationale de justice de La Haye, sa plainte sur le sujet. A Santiago, La Tercera rend compte de la tension verbale qui monte : le gouvernement chilien a menacé le pays voisin de « conséquences », et son homologue bolivien lui a rétorqué que ces conséquences, la Bolivie en souffrait déjà depuis 132 ans qu'elle n'a plus de littoral.
A La Paz précisément, La Razon prédit dans son éditorial que cette querelle fera de 2012 « une année intense ». La question est « à l'ordre du jour médiatique entre les deux pays [et une réponse] vraiment diplomatique [et non pas] rhétorique » est attendue de la partie chilienne.
Autre conflit, encore latent, entre l'Argentine et l'Uruguay, tous deux riverains du Rio de La Plata ─ latent car les journaux argentins l'abordent à peine, alors qu'il fait les gros titres dans les quotidiens d'en face ─ c'est la traque par la marine argentine de bateaux venus de la rive uruguayenne, parce qu'ils vont vers les Malouines pour y pêcher. « Un ferme avertissement » a été envoyé par Montevideo à Buenos Aires, nous apprend El Observador.
Bogota et Quito tournent la page
Entre la Colombie et l'Equateur, en revanche, le ton est beaucoup plus détendu. Et pourtant... Comme le relève à Bogota Semana, le président colombien Santos se rend aujourd'hui en Equateur « où il y a à peine un an et demi, il était persona non grata », voire poursuivi par la justice équatorienne car, rappelle El Tiempo, il y a presque 4 ans de cela, Juan-Manuel Santos était ministre de la Défense en Colombie ; c'est lui qui, à ce titre, a ordonné le bombardement d'un camp des FARC installé du côté équatorien de la frontière, tuant au passage Raul Reyes, l'un des dirigeants de la guérilla. Une initiative qui avait suscité une rude réaction de Quito, la rupture des relations diplomatiques et l'inculpation de Santos qui, devenu président, est maintenant accueilli en grande pompe par Rafael Correa. Comme le note El Tiempo, il faut savoir « tourner la page ». Toute rancoeur semble d'ailleurs avoir disparu en Equateur même, où El Comercio se fait l'écho d'une volonté de « surmonter les impasses [pour] sceller le processus de normalisation » entre les deux voisins.

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